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« Il luttait pour sa vie » : un homme de 55 ans meurt après sa première injection d’Ozempic

Publié par Cassandre le 27 Avr 2026 à 17:27
« Il luttait pour sa vie » : un homme de 55 ans meurt après sa première injection d'Ozempic

Rob Briggs avait 55 ans, une maladie génétique rare, et une ordonnance en bonne et due forme. Vingt-quatre heures après sa toute première injection d’Ozempic, il se retrouvait aux urgences, entre la vie et la mort. Sa femme Lesley raconte aujourd’hui ce qu’elle a vécu — et supplie les patients de réfléchir à deux fois avant de se tourner vers ces traitements.

Un homme malade, pas un candidat à la perte de poids

Stylo d'injection Ozempic posé sur une table

Contrairement à beaucoup de patients qui se tournent vers l’Ozempic pour maigrir, Rob Briggs n’avait aucune visée esthétique. Cet expert en communication britannique était né avec une maladie génétique rare appelée MEN1 — une pathologie qui provoque des ulcères, une fragilisation osseuse et des tumeurs. Ce syndrome peut aussi déclencher un diabète de type 2 à terme.

Homme en consultation médicale avant une injection

C’est précisément pour prévenir cette complication que Rob a demandé à son médecin de lui prescrire du sémaglutide, la molécule active de l’Ozempic. Des analyses de sang et des examens d’imagerie avaient été réalisés au préalable. Rien d’anormal n’avait été détecté. Son médecin généraliste a validé la prescription.

En apparence, tout était fait dans les règles. Des alternatives naturelles à l’Ozempic existent pourtant, et certains spécialistes les recommandent en première intention. Mais dans le cas de Rob, c’est bien un traitement médical encadré qui lui a été administré. Ce qui s’est passé ensuite, personne ne l’avait anticipé.

24 heures : de l’injection aux urgences

Lesley Briggs se souvient de chaque détail. Son mari a reçu sa première dose d’Ozempic, comme des millions de patients dans le monde. Moins d’un jour plus tard, il était si mal en point qu’il a fallu appeler les secours en urgence. Direction les urgences, où les médecins ont découvert une hémorragie interne cataclysmique.

« Rob a pris son injection et, en moins de 24 heures, il était si gravement malade qu’il a atterri aux urgences », a confié Lesley au Times. « Je n’arrivais pas à y croire. Je me suis dit : mais qu’est-ce qui se passe ? Et avant même que je comprenne, il luttait pour sa vie. »

Couloir d'urgences hospitalières avec un brancard vide

Les équipes médicales ont réussi à le réanimer une première fois. Mais l’hémorragie avait causé des dommages cérébraux sévères. Le cerveau de Rob, privé d’oxygène trop longtemps, ne pouvait pas se rétablir. Lesley a alors dû prendre la décision la plus difficile de sa vie : débrancher le système de maintien en vie de son mari.

Certains traitements courants inquiètent déjà les professionnels de santé à cause d’effets secondaires méconnus. Mais la rapidité de la dégradation de Rob reste sidérante, même pour le personnel hospitalier qui l’a pris en charge.

Ce que les hôpitaux voient chaque semaine

Un détail du témoignage de Lesley glace par sa banalité apparente. Selon elle, le personnel hospitalier lui a confié gérer environ cinq cas par semaine liés aux injections pour la perte de poids. Cinq cas. Par semaine. Dans un seul hôpital.

Ce chiffre n’est pas une statistique officielle, mais il donne une idée de l’ampleur du phénomène. Les médicaments GLP-1 comme l’Ozempic ou le Wegovy, désormais disponible en France, ont connu une explosion d’utilisation ces dernières années. Et pas uniquement chez les patients diabétiques pour qui ils ont été conçus à l’origine.

La popularité de ces molécules a bondi quand leur effet amaigrissant spectaculaire est devenu public. Des célébrités ont contribué à cette vague : Serena Williams a évoqué sa perte de poids, et les transformations physiques impressionnantes se multiplient sur les réseaux sociaux. Même le YouTubeur Nikocado Avocado a affiché une métamorphose saisissante.

Résultat : beaucoup de personnes prennent ces injections sans prescription officielle, en les commandant en ligne ou en les obtenant par des circuits parallèles. Un phénomène qui inquiète les autorités sanitaires depuis des mois. Mais le cas de Rob Briggs est différent — et c’est ce qui le rend encore plus troublant.

Aucune autopsie, mais une enquête du laboratoire

Lesley Briggs n’a pas demandé d’autopsie pour son mari. Il n’existe donc aucune confirmation médicale que l’Ozempic a directement causé la mort de Rob. C’est un point important, que la veuve elle-même reconnaît. Mais la chronologie — première injection, puis effondrement en moins de 24 heures — pose des questions que personne ne peut ignorer.

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Le laboratoire Novo Nordisk, fabricant de l’Ozempic, a lancé sa propre enquête. Dans un communiqué transmis au Times, une porte-parole a déclaré : « Nous sommes sincèrement attristés par le décès de M. Briggs, et nos pensées accompagnent sa famille. »

Elle a ajouté que le sémaglutide avait été « étudié de manière approfondie dans des programmes d’essais cliniques et soutenu par des données réelles impliquant des milliers de patients sur plusieurs années ». Le laboratoire insiste : chaque décision de traitement doit être prise conjointement avec un professionnel de santé, qui évalue le profil médical individuel du patient.

Le problème, c’est que c’est exactement ce qui s’est passé pour Rob. Son médecin a évalué son dossier. Les examens préalables étaient normaux. La prescription était légitime. Et malgré tout, la catastrophe a frappé. Les recherches sur les risques cardiovasculaires liés à certains traitements progressent, mais visiblement pas assez vite pour certains patients.

L’avertissement que Lesley veut faire entendre

Depuis la mort de son mari, Lesley Briggs a un message clair. « Mon avis, c’est qu’on ne sait pas assez de choses sur ces traitements », dit-elle. Elle ne demande pas leur interdiction. Elle demande de la prudence, de la transparence, et des avertissements plus clairs de la part des laboratoires pharmaceutiques.

« Les gens devraient considérer tous les facteurs et les risques. Et s’ils ont le moindre doute, ils devraient essayer de perdre du poids à l’ancienne : par l’exercice et le régime alimentaire. On ne peut jamais être sûr des effets que ça peut avoir. »

Un conseil qui résonne d’autant plus fort que de nouvelles solutions amaigrissantes arrivent régulièrement sur le marché, parfois avec un recul clinique limité. Les patients se retrouvent à naviguer entre des promesses marketing séduisantes et des informations médicales souvent incomplètes.

Lesley insiste aussi sur la responsabilité des laboratoires : « Les entreprises pharmaceutiques doivent agir et fournir des avertissements plus clairs. » Ce n’est pas la première fois que des voix s’élèvent pour réclamer plus de transparence sur les effets secondaires réels de l’Ozempic et de ses dérivés.

Un débat de santé publique qui ne fait que commencer

L’histoire de Rob Briggs illustre un paradoxe cruel. Les médicaments GLP-1 ont sauvé des vies et amélioré le quotidien de millions de diabétiques dans le monde. Les données cliniques sur le sémaglutide sont solides, accumulées sur des années. Mais « solides en moyenne » ne veut pas dire « sans risque pour chacun ».

La maladie MEN1 dont souffrait Rob est extrêmement rare. Il est possible — sans certitude — que cette pathologie ait créé une interaction imprévue avec le médicament. C’est précisément le type de scénario que les essais cliniques, menés sur des profils plus courants, peuvent ne pas détecter. Certains signaux d’alerte médicaux passent sous le radar pendant des années avant d’être pris au sérieux.

En France, le débat sur l’accès à ces médicaments est aussi vif qu’au Royaume-Uni. L’explosion de la demande pose des questions d’approvisionnement, de prescription encadrée et de suivi médical. Comprendre les signaux que notre corps envoie reste la première ligne de défense — bien avant n’importe quelle injection.

Ce que Lesley Briggs demande n’est ni radical ni irréaliste. Plus d’informations. Plus de vigilance. Et la certitude que chaque patient, avant de recevoir sa première dose, dispose de toutes les cartes en main pour décider en connaissance de cause. Pour Rob, il était déjà trop tard.

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