“Je suis nutritionniste” : le signe surprenant qui révèle un excès de sucre
La plupart du temps, quand on pense “trop de sucre”. On imagine d’abord la prise de poids, l’acné ou les coups de fatigue. Pourtant, un autre signal peut apparaître bien avant : la polyurie, c’est-à-dire une production d’urines anormalement élevée. Sur Instagram. Le nutritionniste Jérémy Menet a remis ce symptôme sur le devant de la scène en invitant ses abonnés à observer un détail simple. La fréquence des passages aux toilettes.
Derrière cette “astuce” se cache un mécanisme connu des médecins. Quand la glycémie grimpe trop, le glucose peut se retrouver dans les urines et “entraîner” de l’eau avec lui. Résultat, on urine davantage, parfois la nuit, et la soif suit souvent. Ce n’est pas un diagnostic à soi seul, mais c’est un signe qui mérite d’être compris, surtout s’il se répète.
Pourquoi la polyurie peut apparaître quand on consomme trop de sucre
Sur le papier, l’idée paraît surprenante : quel rapport entre dessert et toilettes ? En réalité, c’est le rein qui fait le lien. Lorsque le taux de sucre dans le sang devient trop élevé, l’organisme cherche à rétablir l’équilibre, et une partie du glucose peut “déborder” dans les urines : on parle alors de glycosurie.
À partir de là, un effet mécanique se met en route. Le glucose présent dans l’urine attire l’eau, ce qui augmente le volume urinaire : c’est la diurèse osmotique. Santé Magazine explique ce principe en rappelant que certaines substances, dont le glucose, peuvent empêcher les reins de réabsorber correctement l’eau, ce qui rend les urines plus abondantes.
Ce point est important, car il nuance le message “vous mangez trop sucré = vous urinez plus”. Une polyurie n’apparaît pas parce qu’on a pris un carré de chocolat en trop. Elle est plutôt associée à des situations où la glycémie est franchement élevée, comme lors d’un diabète non diagnostiqué ou déséquilibré, ce que rappelle aussi le Manuel MSD (version professionnelle) en évoquant la diurèse osmotique induite par le glucose.
Fréquence d’envies d’uriner : polyurie, pollakiurie… et simple hydratation
Tout le monde ne met pas les mêmes mots sur le même symptôme, et c’est là que la confusion commence. Aller souvent aux toilettes ne signifie pas forcément produire “trop” d’urine. La polyurie correspond à un volume élevé d’urines sur 24 heures, alors que la pollakiurie décrit surtout des mictions fréquentes, parfois avec de petites quantités. Le Manuel MSD insiste d’ailleurs sur la nécessité de distinguer les deux.
L’hydratation joue aussi un rôle évident. Boire davantage, surtout en fin de journée, augmente logiquement la quantité d’urines, sans que cela révèle un problème métabolique. De même, le café, l’alcool, certains médicaments (dont les diurétiques) ou une infection urinaire peuvent modifier le rythme des passages aux toilettes.
Ce qui doit attirer l’attention, ce n’est donc pas un “jour sans”. C’est plutôt un changement net, inhabituel, qui s’installe : urines beaucoup plus abondantes, réveils nocturnes répétés, et parfois une sensation de soif qui ne passe pas. Quand ces signes s’additionnent, on sort du simple confort quotidien pour entrer dans un sujet de santé.
Quand faut-il s’inquiéter et consulter ?
La polyurie n’est pas un gadget de réseaux sociaux. Dans les recommandations de la Haute Autorité de Santé, la présence de symptômes comme polyurie et polydipsie fait partie des éléments qui peuvent orienter vers un diagnostic de diabète, surtout si une glycémie est élevée.
Du côté d’ameli.fr, l’Assurance Maladie rappelle que des envies fréquentes d’uriner et une soif intense font partie des symptômes possibles du diabète, avec la fatigue, une perte de poids inexpliquée ou une vision floue selon les situations. Ce cadre est utile, parce qu’il replace le signal “toilettes” dans un tableau global plutôt que dans un test maison.
Concrètement, certains signaux doivent pousser à prendre rendez-vous rapidement. Une polyurie qui apparaît soudainement, surtout si elle réveille la nuit, mérite un avis médical, en particulier si elle s’accompagne d’une soif inhabituelle, d’un amaigrissement, d’une fatigue marquée ou de malaises. Sans dramatiser, mieux vaut vérifier plutôt que supposer, car une prise de sang suffit souvent à orienter la suite.
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Il faut aussi garder une idée en tête : si vous “testez” votre corps en réduisant le sucre quelques jours, vous risquez de passer à côté du vrai sujet. Une polyurie importante peut avoir d’autres causes (problèmes hormonaux, rénaux, médicaments), et c’est précisément pour cela qu’un professionnel doit trancher.
Ce que l’on peut ajuster côté alimentation, sans tomber dans le tout-ou-rien
Réduire le sucre, oui, mais pas en mode punition. Le premier réflexe utile consiste à repérer les sources de sucres libres : sodas, jus, pâtisseries, biscuits, céréales très sucrées, yaourts aromatisés, sauces industrielles, et une partie des produits ultra-transformés. C’est souvent là que l’on “dépasse” sans s’en rendre compte, parce que le sucre est disséminé partout.
Sur les repères généraux, l’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % des apports énergétiques (et idéalement à 5 % pour des bénéfices supplémentaires), notamment pour réduire le risque de surpoids et de caries. Dit autrement : ce n’est pas la fraise qui pose problème, c’est surtout le sucre ajouté et liquide, celui qui se boit ou se cache.
Ensuite, il y a une stratégie très simple : stabiliser la glycémie au fil de la journée. On y arrive en évitant les petits-déjeuners “tout sucré”, en ajoutant des protéines et des fibres aux repas, et en limitant les grignotages sucrés isolés. Plusieurs contenus de TDN reviennent d’ailleurs sur ces habitudes, en montrant comment ce yaourt à boire peut contenir autant de sucre qu’on ne l’imagine.
Enfin, si vous avez remarqué une polyurie, l’objectif n’est pas d’auto-diagnostiquer un diabète sur Instagram. Le bon compromis, c’est d’améliorer l’hygiène alimentaire (moins de boissons sucrées, plus de repas structurés) tout en prenant rendez-vous si le symptôme persiste, surtout s’il s’accompagne de soif intense et de fatigue. Vous gagnez sur les deux tableaux : vous réduisez les pics inutiles, et vous ne laissez pas un problème médical potentiel s’installer. Il est d’ailleurs prouvé que 30 jours sans sucre provoquent des effets étonnants sur votre corps.
Le détail qui change tout : observer sans interpréter trop vite
Ce que la sortie de Jérémy Menet a au moins le mérite de faire, c’est de remettre la vigilance au bon endroit : dans les signaux du corps. On se focalise parfois sur la balance ou la peau, alors que des indices plus discrets — sommeil haché, soif, urines très abondantes — peuvent raconter une autre histoire. Santé Magazine rappelle justement que, dans le cadre d’une hyperglycémie, la polyurie peut être un des premiers signes d’un diabète non diagnostiqué. Certains se demandent aussi si boire de l’eau avant ou après le café a un impact sur le taux de sucre.
À l’inverse, il serait risqué de transformer ce repère en règle absolue. Uriner souvent peut être banal, et uriner beaucoup peut avoir plusieurs causes. Ce qui compte, c’est la durée, l’intensité, et l’association à d’autres symptômes. N’oublions pas que cette boisson est à éviter absolument selon les nutritionnistes.
Conclusion
La polyurie n’est pas un “hack” bien-être : c’est un symptôme médical, parfois lié à une glycémie trop élevée via la diurèse osmotique. Si vous avez l’impression d’aller aux toilettes beaucoup plus qu’avant, notamment la nuit, et que la soif s’invite, prenez le signal au sérieux. Il est utile de savoir que vous mangez trop de sucre grâce à certains signes qui le prouvent. Ajuster sa consommation de sucres ajoutés est une bonne idée, mais cela ne remplace pas un avis médical quand le symptôme persiste, d’autant que le sucre peut aussi impacter votre moral.
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