Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Selon un oncologue, cet aliment du quotidien réduirait de 20 % le risque de cancer colorectal

Publié par Cassandre le 18 Avr 2026 à 14:30

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier en France, avec près de 17 100 décès par an. Pire encore, les diagnostics explosent chez les moins de 55 ans, au point d’inquiéter la communauté médicale. Dans ce contexte alarmant, un oncologue reconnu affirme qu’un aliment banal, présent dans presque tous les réfrigérateurs, pourrait faire baisser significativement le risque. Un geste si simple qu’il en devient presque suspect.

Un cancer en pleine progression silencieuse

Chaque année en France, environ 47 600 personnes apprennent qu’elles sont touchées par un cancer colorectal. C’est un chiffre massif, et il ne fait qu’augmenter. Ce qui alarme les spécialistes, c’est surtout le profil des nouveaux patients : de plus en plus jeunes, de plus en plus souvent diagnostiqués avant 50 ans.

Personne tenant un yaourt nature dans une cuisine lumineuse

Les causes identifiées sont multiples. La sédentarité, la consommation d’alcool, le tabac et surtout l’explosion des aliments ultra-transformés dans notre alimentation quotidienne forment un cocktail toxique pour le côlon. Un signal d’alarme que de nombreux cancérologues tirent depuis plusieurs années, sans toujours être entendus.

Mais à côté de ces facteurs de risque bien documentés, un levier de protection étonnamment accessible vient d’être mis en lumière. Et il ne coûte que quelques centimes par jour.

Ce que recommande Justin Stebbing, professeur d’oncologie

Justin Stebbing est professeur de biomédecine et oncologue. Sa spécialité : comprendre les mécanismes biologiques qui favorisent ou freinent le développement des tumeurs. Interrogé par le site Get Surrey, il a livré une recommandation qui a surpris par sa simplicité.

« En tant que cancérologue, de nombreuses personnes m’ont demandé comment réduire leur risque. Les nouvelles données suggèrent qu’une consommation régulière de yaourt pourrait avoir un effet protecteur contre certaines formes agressives de cancer colorectal », a-t-il expliqué, cité également par The Conversation.

Du yaourt. Pas un complément alimentaire hors de prix, pas un médicament de dernière génération. Un yaourt classique, consommé régulièrement, suffirait à modifier en profondeur l’environnement du côlon. L’explication tient en un mot : le microbiote.

Le microbiote intestinal, gardien sous-estimé du côlon

Le professeur Stebbing insiste sur un point central. Le yaourt agit en modifiant la composition du microbiote intestinal, ces milliards de bactéries naturelles qui vivent dans notre intestin. « Le microbiote intestinal joue un rôle crucial dans la santé globale, influençant la digestion, le système immunitaire et même le risque de cancer », précise-t-il.

Illustration de bactéries bénéfiques dans l'intestin

Ce qui rend ce mécanisme fascinant, c’est que ces bactéries intestinales peuvent vivre à l’intérieur même d’une tumeur. Un bon équilibre bactérien maintient un système immunitaire fort et limite l’inflammation chronique. Or, l’inflammation du côlon est précisément l’un des terrains les plus propices au développement de cellules cancéreuses.

Le yaourt contient des bactéries vivantes comme Lactobacillus bulgaricus, Streptococcus thermophilus et des Bifidobacterium. Ces micro-organismes nourrissent directement le microbiote et renforcent sa diversité. Plus le microbiote est varié, mieux il protège la muqueuse intestinale.

Mais cette recommandation ne repose pas sur une simple intuition. Une étude de très grande ampleur vient la confirmer, et ses résultats sont remarquablement précis.

150 000 personnes suivies pendant des décennies

L’argument le plus solide avancé par Stebbing repose sur une vaste étude de cohorte ayant suivi plus de 150 000 personnes pendant plusieurs décennies. Les résultats montrent que consommer deux portions ou plus de yaourt par semaine est associé à un risque plus faible d’un type spécifique de cancer colorectal : les tumeurs dites proximales, celles qui se développent sur le côté droit du côlon.

À lire aussi

Ce détail a toute son importance. Les cancers du côlon droit sont parmi les plus agressifs et s’accompagnent de moins bonnes chances de survie que ceux du côté gauche. Ce sont précisément ces tumeurs-là que le yaourt semble cibler. Une analyse parallèle évoque une baisse d’environ 20 % du risque pour ces formes spécifiques.

Des travaux publiés en 2019 avaient déjà mis en évidence un lien chez les hommes : manger au moins deux yaourts par semaine était associé à environ 20 % de risque en moins d’adénome colorectal et 26 % de risque en moins pour les lésions précancéreuses à haut risque. Plusieurs pistes convergent donc vers un rôle protecteur réel des probiotiques contenus dans le yaourt.

Les auteurs restent toutefois prudents : il s’agit d’études observationnelles, pas d’essais cliniques randomisés. La corrélation est forte, mais la preuve de causalité directe n’est pas encore établie. Reste que la convergence des données est suffisamment nette pour que des oncologues en fassent une recommandation personnelle.

Quel yaourt choisir ? Le conseil d’un nutritionniste

Si l’idée de manger du yaourt chaque jour semble simple, encore faut-il savoir lequel. Tim Spector, spécialiste de la nutrition et auteur reconnu, confie en manger « la plupart des jours de la semaine ». Mais son choix est très précis.

Bol de yaourt nature entier avec fruits sur table en bois

« Pour les yaourts, je ne choisis jamais les produits sans matière grasse. Je n’aime pas leur goût et ils ne sont pas bons pour mes pics de sucre », explique-t-il. Un conseil qui va à contre-courant de décennies de marketing prônant le « 0 % ». Les yaourts allégés compensent souvent la perte de goût par du sucre ajouté, ce qui provoque des pics de glycémie néfastes pour la santé globale.

Spector précise : « En choisissant des yaourts contenant des graisses, je me sens rassasié plus longtemps et je préfère aussi leur goût. » Un médecin spécialiste du vieillissement a d’ailleurs confirmé privilégier lui aussi les produits laitiers entiers dans son alimentation quotidienne.

L’idéal, selon ces spécialistes, est un yaourt nature entier, sans sucre ajouté, contenant des ferments lactiques vivants. Pas besoin de se ruiner en probiotiques en gélules quand un pot de yaourt à un euro fait le travail.

Un geste simple dans un contexte inquiétant

Le cancer colorectal reste un sujet que beaucoup préfèrent ignorer. Pourtant, les chiffres sont sans appel : c’est le troisième cancer le plus fréquent en France et le deuxième en termes de mortalité. Certaines habitudes en cuisine contribuent à aggraver le risque sans qu’on en ait conscience, tout comme la consommation excessive de viande rouge.

Face à ces constats, la recommandation de Stebbing a le mérite d’être accessible à tous. Deux yaourts par semaine minimum, de préférence entiers et nature. Un geste qui ne remplace évidemment ni le dépistage régulier ni une hygiène de vie globale, mais qui pourrait constituer un filet de protection supplémentaire pour votre côlon.

Des vaccins anticancer sont en cours de développement et pourraient transformer la prise en charge dans les années à venir. En attendant, la prévention reste l’arme la plus efficace. Et parfois, elle tient dans un pot de yaourt.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *