Alimentation contre le cancer : une experte en nutrition déclare : « Voici les 3 choses que je ne consomme plus jamais »
Peut-on vraiment faire baisser une partie de son risque de cancer en changeant ce qu’on met dans son assiette ?
Une spécialiste de la nutrition axée sur la prévention dit avoir tranché net : trois familles d’aliments ont disparu de son quotidien. Derrière cette décision, elle invoque surtout la cohérence scientifique et la régularité sur le long terme, bien plus que la quête d’une “perfection” alimentaire.
Une phrase-choc, mais une logique de prévention sur la durée
Dire « je ne consomme plus jamais » frappe. Pourtant, dans le monde de la prévention, cette formule résume souvent une stratégie simple : réduire au maximum des expositions répétées, quand le niveau de preuve est solide. L’experte, qui accompagne des patients et suit de près la littérature scientifique, ne parle pas de “super-aliments” miracles. Elle dit plutôt avoir supprimé ce qui, selon elle, coche trois cases : une consommation fréquente dans la population, un bénéfice nutritionnel limité dans sa forme industrielle, et un signal de risque qui revient de façon persistante dans les études.
Cette approche s’inscrit aussi dans un contexte plus large. Les agences de santé rappellent que le cancer n’a pas une seule cause. C’est une maladie multifactorielle. En revanche, une part des cancers est liée à des facteurs modifiables, dont l’alimentation, le poids, l’alcool, le tabac et l’activité physique. Autrement dit, on ne “garantit” rien, mais on peut influencer un terrain.
1) Les viandes transformées : le niveau d’alerte le plus élevé
Premier arrêt total : la charcuterie et, plus largement, les viandes transformées. L’experte vise ici un point précis : ce ne sont pas les protéines en elles-mêmes, mais la transformation. Jambons industriels, bacon, saucisses, nuggets, viandes fumées ou salées… Ces produits peuvent contenir des additifs de conservation, notamment des nitrites et nitrates, qui peuvent contribuer à la formation de composés indésirables dans certaines conditions. Si bien qu’on pourrait bientôt ne plus trouver de jambon rose en supermarché.
Sur le plan des preuves, la position la plus citée vient du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’OMS : les viandes transformées sont classées comme cancérogènes pour l’être humain, avec un lien établi en particulier avec le cancer colorectal. Les documents de synthèse rappellent aussi un repère souvent repris : une portion quotidienne de 50 grammes de viande transformée est associée à une augmentation du risque relatif de cancer colorectal, même si le risque absolu individuel reste, lui, plus nuancé et dépend du profil global.
L’experte explique que c’est justement cette notion d’“exposition chronique” qui a motivé son choix. Une tranche “par-ci par-là” peut sembler anodine. Cependant, lorsqu’un aliment devient un réflexe (sandwich, pizza, apéros, plats prêts), l’addition hebdomadaire grimpe vite. En France, plusieurs recommandations publiques encouragent d’ailleurs à limiter la charcuterie, et à diversifier les sources de protéines, sans transformer la table en champ de bataille.
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2) Les sucres raffinés : moins un “carburant du cancer” qu’un terrain inflammatoire
Deuxième suppression : les sucres raffinés et les produits très sucrés du quotidien. L’experte insiste sur une nuance importante, souvent déformée sur les réseaux sociaux : l’idée que “le sucre nourrit le cancer” est trompeuse lorsqu’elle est prise au pied de la lettre. Toutes les cellules utilisent du glucose, et le corps régule en permanence la glycémie. Le problème, selon elle, est ailleurs.
Son argument repose sur des mécanismes indirects, mais bien documentés dans la prévention : l’excès de sucres “rapides”, surtout dans les aliments ultratravaillés, favorise les pics glycémiques, peut contribuer à l’insulinorésistance, et surtout facilite la prise de poids lorsque l’alimentation globale est très dense en calories. Or le surpoids et l’obésité sont associés à un risque accru de plusieurs cancers, via des voies hormonales et inflammatoires. Autrement dit, le sucre n’est pas un poison isolé, mais un levier qui peut dérégler l’équilibre métabolique, surtout quand il s’ajoute à la sédentarité et au manque de fibres.
L’experte dit avoir supprimé les sodas, les pâtisseries industrielles, les céréales très sucrées et la plupart des desserts ultra standardisés. Pas pour vivre sans plaisir, mais pour sortir d’un schéma de “sucre invisible” permanent, celui qui se cache dans les sauces, les biscuits, les boissons aromatisées et les encas. Elle privilégie désormais les sucres naturellement présents dans les fruits entiers, car ils viennent avec de l’eau, des fibres et des micronutriments, ce qui change la façon dont l’organisme les absorbe.
3) Les aliments ultra-transformés : l’effet cocktail de la modernité alimentaire
Troisième catégorie bannie : les aliments ultra-transformés, au sens large. Plats prêts à réchauffer, snacks, produits longue conservation, barres, biscuits, certaines céréales, sauces industrielles… L’experte explique que son choix ne repose pas sur un additif précis, mais sur un ensemble. Ces produits combinent souvent plusieurs caractéristiques : densité calorique élevée, excès de sel ou de sucres, graisses de qualité variable, et une liste d’ingrédients longue, parfois loin de la cuisine “domestique”.
Sur le plan des données, elle cite les grandes études de cohorte qui observent un signal entre la part d’ultra-transformé dans l’alimentation et certains risques de santé, dont le cancer, même si ces travaux restent observationnels et ne prouvent pas un lien de causalité à eux seuls. L’intérêt de ces études, dit-elle, est d’ouvrir des hypothèses plausibles : rôle de la qualité nutritionnelle, des contaminants formés lors des procédés, de certains additifs, ou encore des matériaux au contact des aliments.
Elle parle aussi de stress oxydatif et de capacité de l’organisme à “gérer” en continu des apports qui n’apportent pas grand-chose sur le plan nutritionnel. Son message est pragmatique : un plat industriel ponctuel ne “déclenche” pas un cancer. En revanche, une alimentation structurée autour de ces produits peut appauvrir l’apport en fibres, en vitamines et en composés protecteurs, tout en augmentant l’exposition à des profils alimentaires plus pro-inflammatoires. Certains chercheurs estiment même que manger trop de hot-dog pourrait réduire l’espérance de vie.
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Ce qu’elle met à la place : une stratégie “anti-obsession” mais structurée
Après les suppressions, l’experte insiste sur le plus important : remplacer intelligemment. Sinon, on se contente de “retirer”, et la frustration revient. Elle propose d’ailleurs d’adopter un régime riche en 10 aliments clés.
Elle dit miser d’abord sur les aliments bruts et peu transformés : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes. Ainsi elle met en avant la diversité. Car les composés protecteurs varient selon les familles végétales. Les recommandations publiques rappellent aussi que les fibres alimentaires sont associées à une diminution du risque de cancer colorectal, et que les fruits et légumes jouent un rôle protecteur dans plusieurs localisations, dans le cadre d’un mode de vie globalement sain.
Elle insiste ensuite sur les “bonnes graisses” : huile d’olive, noix, graines, poissons gras. Selon elle, l’erreur classique consiste à diaboliser les lipides. Or certaines graisses participent à la structure des membranes cellulaires et à l’équilibre inflammatoire. La clé est plutôt de réduire les graisses industrielles de mauvaise qualité et de réintroduire des sources simples, identifiables, utilisées en quantités raisonnables. Attention toutefois au choix des huiles de cuisson.
Enfin, elle martèle une règle de prévention souvent oubliée : la durabilité. Elle dit refuser la culpabilité alimentaire, car elle mène aux abandons. Mieux vaut une base solide, répétée la plupart du temps, qu’un mois “parfait” suivi d’un retour brutal aux anciennes habitudes. Son approche ressemble à un investissement : préparer davantage, lire les étiquettes quand on achète, et garder des solutions simples sous la main (fruits, yaourts nature, noix, conserves de légumineuses, surgelés de légumes).
Ce que la science dit… et ce qu’elle ne dit pas
L’experte tient à cadrer les attentes. Aucun aliment ne protège à lui seul. Aucun aliment ne “donne” un cancer à coup sûr. La prévention alimentaire fonctionne par probabilités, et par addition de facteurs. C’est précisément pour cela qu’elle préfère parler de “réduction de risque” plutôt que de promesse. L’OMS a d’ailleurs confirmé que la charcuterie serait cancérogène.
Elle ajoute aussi une précaution utile : en cas d’antécédents médicaux, de traitement, ou de situation particulière, les choix doivent être discutés avec un professionnel de santé. L’objectif n’est pas de manger “moins”, mais de manger “mieux”, avec suffisamment d’énergie et de nutriments.
Moins de peur, plus de cohérence
La formule « je ne consomme plus jamais » peut sembler radicale. Pourtant, l’idée centrale est sobre : quand la preuve de risque est robuste, et que l’aliment n’est pas indispensable, réduire fortement peut être un choix rationnel. Charcuteries, sucres raffinés omniprésents, ultra-transformés du quotidien : pour cette experte, ce trio forme un bruit de fond moderne. Elle dit l’avoir supprimé pour gagner en clarté, en énergie et en stabilité métabolique.
Au fond, sa démarche raconte une prévention sans magie. Elle repose sur la répétition, la simplicité et la cohérence. Et surtout sur une phrase moins spectaculaire, mais plus utile : “ce que je fais le plus souvent compte plus que ce que je fais parfaitement”.