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Un médecin du sport brise le mythe : oubliez l’IMC, le vrai « poids de forme » n’est pas ce que vous croyez

Publié par Cassandre le 17 Mar 2026 à 9:38

On vous a répété toute votre vie qu’un bon poids se calcule. Que l’IMC dit tout. Que la formule de Broca ne ment pas. Un médecin spécialisé en médecin du sport vient de tout remettre à plat — et ce qu’il explique mérite vraiment d’être entendu.

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Ces formules que tout le monde utilise… et qui ne servent pas à grand-chose

Un médecin du sport brise le mythe : oubliez l'IMC, le vrai « poids de forme » n'est pas ce que vous croyez

L’IMC, la formule de Broca, la formule de Creff : voilà les trois outils que médecins et magazines utilisent depuis des décennies pour évaluer si votre poids est « correct ». Le problème ? Selon le docteur Christian Daulouède, spécialisé en médecine physique et du sport, ces indicateurs ont une limite majeure : ils ne reflètent pas la réalité de votre corps.

« Il faut arrêter avec ces impératifs ! Ces calculs ne représentent pas la réalité de notre corps », tranche-t-il. Ils oublient notamment un facteur clé qui change absolument tout : la masse musculaire.

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Le muscle pèse plus lourd que la graisse — et ça change tout

C’est un fait que beaucoup ignorent : le muscle est 15 % plus lourd que la graisse, tout en étant moins volumineux. Concrètement, deux personnes de même taille peuvent afficher des poids très différents sur la balance — et pourtant, l’une peut être en bien meilleure forme que l’autre.

C’est exactement pour cette raison qu’une personne musclée peut avoir un IMC classé en « surpoids » alors qu’elle est en parfaite santé. Et inversement, quelqu’un avec un IMC « normal » peut accumuler de la graisse viscérale sans que la formule ne le détecte.

Vous cherchez à améliorer votre condition physique ? Savoir si la marche ou le vélo est plus efficace pour perdre du poids dépend justement de votre profil musculaire — pas uniquement de votre chiffre sur la balance.

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Rappel des formules : ce qu’elles calculent vraiment

Pour comprendre pourquoi ces outils sont insuffisants, voici ce qu’ils font concrètement :

La formule de Broca est la plus simple : taille en centimètres moins 100. Pour une personne d’1,70 m, le poids « idéal » serait donc 70 kg. Aucune prise en compte de l’âge, du sexe ou de la musculature.

La formule de Creff est un peu plus élaborée : elle multiplie par 0,9 le résultat de (taille en cm – 100 + âge divisé par 10). Elle intègre l’âge, mais toujours pas la composition corporelle réelle.

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L’IMC (indice de masse corporelle) se calcule en divisant le poids par la taille au carré. Une valeur entre 18,5 et 25 est considérée comme « normale ». Mais là encore, un sportif de haut niveau peut dépasser 25 sans aucun problème de santé.

Résultat ? Entre ces trois indicateurs, l’écart peut être considérable pour une même personne. Ce qui prouve bien que le « poids idéal » reste une notion floue selon la méthode choisie.

Maigrir trop vite : une erreur que beaucoup commettent

Illustration - poids de forme
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Voilà quelque chose que le docteur Daulouède souligne avec insistance : quand on entreprend une démarche pour perdre du poids, la balance peut d’abord augmenter. Contre-intuitif ? Pas du tout, quand on comprend le mécanisme.

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Dans un premier temps, l’activité physique développe la masse musculaire. Et comme le muscle pèse plus lourd que la graisse, le chiffre sur la balance monte avant de descendre. Ce n’est qu’ensuite que la perte de poids réelle se manifeste.

Mais attention : le médecin est formel sur un point. Il ne faut pas perdre plus de 5 % de son poids en six mois, sous peine de créer un « trou calorique » — c’est-à-dire un déficit énergétique trop important qui peut fragiliser l’organisme, ralentir le métabolisme et provoquer l’effet yo-yo redouté.

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Sur ce point, les experts sont unanimes : éliminer les kilos rapidement est rarement une bonne stratégie sur le long terme.

L’effet yo-yo : l’ennemi numéro un du poids de forme

Pour le docteur Daulouède, il y a une règle qui prime sur toutes les formules : le bon poids doit être stable dans le temps. « Ce qui est mauvais, c’est le yo-yo », insiste-t-il.

Les variations répétées de poids — maigrir, reprendre, maigrir encore — sont plus néfastes pour la santé que le fait de rester à un poids légèrement supérieur aux standards officiels. Chaque cycle de restriction puis de reprise stresse les organes, déstabilise le métabolisme et peut favoriser l’accumulation de graisses dans les zones les plus à risque.

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L’idée n’est donc pas d’atteindre un chiffre précis sur la balance, mais de trouver un équilibre que le corps peut maintenir naturellement — sans régime draconien ni obsession des calories.

Ce que l’âge et l’activité physique changent à l’équation

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Le docteur Daulouède le rappelle : plusieurs facteurs personnels influencent directement ce qu’on appelle le poids de forme. L’âge en fait partie. Après 50 ans, la composition corporelle évolue naturellement — la masse musculaire diminue, la répartition des graisses change. Ce que beaucoup ignorent sur le sport après 50 ans peut pourtant faire une vraie différence dans cette équation.

Le niveau d’activité physique joue aussi un rôle central. Un sportif régulier n’a tout simplement pas le même corps — ni les mêmes besoins — qu’une personne sédentaire, même à taille et âge identiques. C’est pourquoi le débat muscu contre cardio dépasse largement la simple question esthétique.

L’alimentation, enfin, entre dans la balance. Pas seulement les quantités, mais la qualité des apports : protéines, glucides, graisses… Chaque profil a ses propres besoins. Les recommandations en protéines après 50 ans sont ainsi bien différentes de celles d’un jeune adulte.

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Un exemple parlant : le cycliste face au pilier de rugby

Pour illustrer à quel point le « bon poids » est subjectif, le médecin prend un exemple limpide. Un cycliste de haut niveau doit être le plus léger possible pour franchir les cols. Un pilier de rugby, lui, a besoin de peser lourd pour s’imposer dans les mêlées.

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Ces deux athlètes peuvent avoir des IMC très différents — et tous les deux être en parfaite condition physique. Ce qui compte, c’est l’adéquation entre leur corps et leur pratique, pas leur position sur une courbe standardisée.

Ce raisonnement s’applique évidemment au commun des mortels. Une personne active qui marche beaucoup, fait du jardinage ou pratique une activité douce comme le tai-chi après 60 ans n’a pas les mêmes besoins qu’un bureau-sédentaire de 35 ans.

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La vraie définition du poids de forme selon ce médecin

Illustration - poids de forme

Alors, comment savoir si on est au bon poids ? Le docteur Daulouède propose une réponse qui tranche avec les conventions médicales habituelles : « Le bon poids, c’est le poids accepté. »

Cette formulation peut surprendre. Mais elle repose sur une observation clinique solide. Des personnes qualifiées de « rondouillettes » selon les standards, avec un IMC entre 25 et 27, peuvent vivre longtemps et en bonne santé si elles acceptent leur corps et en prennent soin. À l’inverse, une obsession pour atteindre un chiffre irréaliste peut générer un stress chronique — lui-même néfaste pour la santé cardiovasculaire, le sommeil et le bien-être mental.

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Selon une étude sur les traits de personnalité liés à la longévité, l’acceptation de soi figure d’ailleurs parmi les facteurs associés à une vie plus longue. Ce n’est pas un hasard.

Le ressenti : un indicateur que les formules ne mesurent pas

Le ressenti corporel — la façon dont on se sent dans son corps au quotidien — est un signal que les formules mathématiques sont incapables de capturer. Se lever le matin sans douleur, monter un escalier sans essoufflement, avoir de l’énergie en fin de journée : voilà des indicateurs concrets que nul IMC ne peut remplacer.

Certaines habitudes du quotidien influencent directement ce ressenti, bien au-delà du poids. Les routines matinales des seniors qui restent autonomes après 80 ans en sont la parfaite illustration : leur secret n’est pas un chiffre sur la balance, mais un ensemble de comportements cohérents et durables.

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De même, une grande étude américaine a identifié huit habitudes liées à une longévité remarquable — et aucune ne mentionne l’atteinte d’un IMC précis.

Ce que ce médecin déconseille formellement

Le docteur Daulouède ne mâche pas ses mots concernant certaines pratiques médicales qu’il juge contre-productives. Il se dit « remonté » contre les diktats de la mode et contre certains de ses confrères qui enjoignent leurs patients à « absolument maigrir » sans tenir compte de leur réalité physique et psychologique.

Prescrire une perte de poids à tout prix, sans évaluer la composition corporelle, le niveau d’activité et l’état psychologique du patient, peut conduire à des comportements délétères : restriction excessive, relation anxieuse à la nourriture, voire troubles du comportement alimentaire.

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À l’inverse, miser sur une activité physique régulière et progressive, même modeste, produit des effets durables sur la composition corporelle — sans traumatiser la balance ni l’estime de soi.

Alors, que faut-il retenir vraiment ?

Le message du docteur Daulouède se résume en quelques principes clairs. D’abord, ne pas se fixer à un chiffre précis dicté par une formule standardisée. Ensuite, viser la stabilité plutôt que la perte rapide — le yo-yo est plus dangereux que le surpoids modéré. Enfin, écouter son corps : énergie, mobilité, sommeil et humeur sont des indicateurs bien plus fiables que la balance.

Un poids soutenu par une alimentation équilibrée, une activité physique adaptée et une bonne qualité de vie vaut largement mieux qu’un chiffre « idéal » atteint par des méthodes épuisantes. Et si le sommeil fait partie de l’équation, savoir à quelle heure se coucher pour préserver sa santé joue aussi un rôle non négligeable dans la régulation hormonale et donc du poids.

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Le bon poids, en définitive, n’est pas celui que prescrit une formule. C’est celui dans lequel on se sent bien — et qu’on peut tenir dans la durée, sans se battre contre son propre corps.

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