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Cette arrivage chez Action provoque l’indignation : pourquoi ce « mauvais timing » met les clients hors d’eux

Publié par Killian Ravon le 13 Jan 2026 à 15:33

À peine les fêtes de fin d’année terminées. Des lapins pastel et des œufs décoratifs ont déjà pris place dans certains rayons d’Action. Sur les réseaux sociaux, l’incompréhension a tourné à la colère, accusant l’enseigne d’accélérer encore le calendrier commercial.

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Dans une allée de magasin discount en plein mois de janvier, des clients en manteaux d’hiver regardent une mise en avant de décorations de Pâques, tandis qu’un chariot contient encore des accessoires de Noël.
Décorations de Pâques en rayon dès janvier : l’accélération du calendrier commercial qui agace une partie des clients.

Derrière cette polémique rapporté par le Journal des femmes, une question plus large se dessine. Jusqu’où les saisons de consommation peuvent-elles s’étirer sans épuiser les clients ?

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Façade d’un magasin Action à Carpentras, avec l’enseigne bleue et rouge et l’entrée vitrée.
Un magasin Action en France, au cœur des polémiques récurrentes sur l’arrivée très anticipée des produits saisonniers.
Crédit / licence : Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0
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Des lapins en plein mois de janvier : la scène qui a mis le feu aux réseaux

Depuis les premiers jours de janvier, plusieurs clientes disent avoir découvert, dans « leur » Action, des gondoles déjà prêtes pour Pâques. Les témoignages se ressemblent : décorations de lapins, œufs, poules, couleurs printanières… alors même que beaucoup n’ont pas encore rangé les cartons de Noël. Le sujet a rapidement enflammé TikTok, Instagram et Facebook.

Ce qui choque n’est pas tant l’existence d’une gamme saisonnière — attendue chez un discounter non alimentaire — que son arrivée jugée prématurée. La colère vise un sentiment diffus : celui d’être poussé à « penser » à la prochaine fête alors que la précédente vient à peine de se refermer.

Œufs de Pâques décorés, posés en gros plan sur une surface claire.
Œufs décoratifs de Pâques, symbole des collections “printemps” mises en rayon plusieurs semaines à l’avance.
Crédit / licence : CC0
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La mécanique Action : renouveler vite, créer l’urgence… et remplir les paniers

Pour comprendre pourquoi ces produits apparaissent si tôt, il faut regarder le modèle économique d’Action. L’enseigne assume un renouvellement extrêmement rapide : en France, Action met en avant « près de 150 nouveautés » introduites chaque semaine.

Cette rotation n’est pas qu’un argument marketing : elle crée un réflexe de visite fréquente et alimente la fameuse « chasse au trésor ». Les employés donnent d’ailleurs des conseils pour ne rater aucun bon plan.

Action revendique aussi une promesse-prix très agressive, avec une grande partie des articles sous de petits seuils : l’enseigne explique que les deux tiers de son assortiment sont à moins de 2 euros.

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Quand les saisons commerciales s’étirent : une accélération devenue normale… mais de moins en moins acceptée

L’affaire n’est pas un accident isolé. Beaucoup de clients se souviennent de polémiques semblables autour d’Halloween « trop tôt » ou de Noël qui s’installe parfois dès l’automne dans le commerce. La particularité d’Action, c’est que l’enseigne est bâtie sur ce rythme : faire tourner vite, provoquer l’achat d’impulsion, et « surprendre » en permanence.

Cette logique est aussi portée par la taille prise par Action en Europe et en France. Le Monde décrivait en 2025 « l’hypercroissance » du discounter. On voit d’ailleurs Action aux côtés de Decathlon et Ikea dans les enseignes qui s’implantent partout.

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Lapin de Pâques décoratif, photographié en intérieur, avec des œufs peints à proximité.
Le lapin de Pâques, figure incontournable des rayons saisonniers… parfois dès le mois de janvier.
Crédit / licence : CC0

Ce que perdent les clients : le bon timing, le choix… et parfois l’envie

Au cœur de la critique, il y a une crainte très concrète : attendre « le bon moment » et ne plus rien trouver. Les clientes qui suivent les arrivages l’expliquent souvent avec les mêmes mots : elles n’ont pas envie d’acheter en janvier, mais elles redoutent que tout soit parti en mars.

Cette tension est typique d’une consommation pilotée par la disponibilité plutôt que par le besoin. Le calendrier n’est plus celui du foyer, mais celui de l’enseigne. Dans le cas de décorations, l’enjeu est encore plus symbolique : Noël, Pâques, Halloween structurent l’année familiale, les souvenirs, les rituels.

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Arbre en fleurs au printemps, branches couvertes de petites fleurs blanches sur fond lumineux.
Ambiance printanière : un univers que certaines enseignes installent en magasin bien avant l’équinoxe.
Crédit / licence : CC0

Une controverse révélatrice du « fast-consuming » : fatigue sociale et question écologique

Cette polémique parle aussi d’un malaise plus large autour de la surconsommation d’objets décoratifs, souvent bon marché, parfois peu durables, et fréquemment renouvelés. Novethic rappelait que l’enseigne repose sur des prix très bas et un flux de produits largement importés, dans une logique qui interroge la transition écologique.

Or, la décoration saisonnière est l’un des secteurs où l’achat est le plus impulsif : on craque pour une nouveauté, un thème, une couleur… puis l’objet finit au placard, ou à la benne, l’année suivante. En accélérant le calendrier, le commerce peut aussi accélérer ce cycle.

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À cela s’ajoute une fatigue sociale, très contemporaine : le sentiment d’être constamment sollicité, invité à « se projeter » dans la prochaine fête. Même quand le prix est bas, la charge mentale existe. Attention aussi aux rappels de produits qu’il faut surveiller.

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Pâques 2026 tombe tôt… mais pas en janvier

Pour relativiser, certains rappellent que Pâques 2026 arrive assez tôt : le lundi de Pâques sera férié le 6 avril 2026, ce qui place le dimanche de Pâques la veille, le 5 avril. Le printemps « astronomique », lui, commence avec l’équinoxe, fixée en 2026 au 20 mars.

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De ce point de vue, une gamme « printemps/Pâques » déployée dès mars peut se défendre : elle accompagne une bascule de saison et laisse du temps pour décorer. Mais c’est précisément là que le débat se cristallise : entre « préparer » et « précipiter », la frontière est fine, et janvier apparaît pour beaucoup comme un excès. Pour profiter des offres, il faut parfois anticiper.

Le phénomène des réseaux sociaux : quand un rayon devient viral

Avant l’ère de TikTok et Instagram, ce type de décalage passait souvent inaperçu. Chaque magasin gérait ses arrivages dans une relative discrétion. Aujourd’hui, un simple smartphone suffit à transformer un rayon de supermarché en sujet de débat national. Les vidéos « haul » ou « tour de magasin » se comptent par millions sur les plateformes, et le moindre faux pas devient instantanément visible.

Action, précisément, a construit une partie de sa notoriété sur cette viralité. Les clientes filment leurs trouvailles, partagent leurs « coups de cœur », comparent les prix. Ce bouche-à-oreille numérique gratuit représente un atout marketing considérable pour l’enseigne. Mais le revers existe : quand le contenu devient critique, la viralité joue dans l’autre sens. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec ces lapins de Pâques en plein janvier.

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Le paradoxe du consommateur : entre indignation et panier plein

Il y a une ironie que les observateurs relèvent souvent : les mêmes clients qui s’indignent d’un calendrier commercial « trop anticipé » finissent parfois par acheter malgré tout. Par peur de manquer, par habitude, ou simplement parce que le prix reste attractif. Cette dissonance cognitive est au cœur de la relation entre consommateurs et discounters.

Dans les commentaires sous les vidéos virales, on retrouve d’ailleurs ce double mouvement : des clientes qui pestent contre l’arrivée précoce de Pâques… tout en admettant avoir « craqué pour deux ou trois petites choses ». Cette tension illustre parfaitement le pouvoir du modèle Action : même quand le timing agace, la mécanique du petit prix reste opérante.

Pour l’enseigne, le calcul est simple : mieux vaut quelques critiques virales et des rayons qui se vident que des stocks qui dorment jusqu’en avril. Le client mécontent mais acheteur reste un client rentable. Et tant que les caisses enregistreuses sonnent, pourquoi changer de recette ?

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Allée de supermarché avec des panneaux au sol indiquant un sens de circulation.
Dans les rayons, le “tempo” est souvent dicté par la logistique et les rotations d’arrivages, plus que par le calendrier réel des consommateurs.
Crédit / licence : CC0

Derrière la colère, une bataille pour reprendre le contrôle du tempo

L’irruption de Pâques chez Action en tout début d’année n’est pas seulement une anecdote de rayons. Elle met en lumière un bras de fer silencieux : d’un côté, des enseignes construites sur la vitesse, la rotation et l’urgence d’achat ; de l’autre, des consommateurs qui veulent profiter des saisons au bon rythme, sans courir après un calendrier commercial devenu permanent.

Action ne changera probablement pas une recette qui fait son succès — renouvellement, surprise, prix bas. Mais la réaction actuelle dit quelque chose d’essentiel : même les clients les plus fidèles finissent par réclamer une pause. Dans un monde saturé d’offres, le « bon plan » ne suffit plus toujours. Il faut aussi le bon moment.

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