Mort de Diogo Jota dans sa Lamborghini : la justice espagnole a rendu son verdict

Le 3 juillet 2025, Diogo Jota et son frère André Silva perdaient la vie sur une route du nord-ouest de l’Espagne, dans un accident de Lamborghini Huracan qui avait choqué le monde du football. Près de neuf mois plus tard, la justice espagnole vient de se prononcer. Et sa décision risque de relancer le débat.
Un accident sur une route de Castille-et-León qui hante encore Anfield

Tout s’est joué en quelques secondes. Ce jour-là, l’attaquant portugais de Liverpool était au volant de sa Lamborghini Huracan, en direction de Santander, sur une route de la région de Castille-et-León. Son frère André Silva l’accompagnait. Selon les premières constatations, une crevaison survenue lors d’un dépassement à vitesse excessive aurait provoqué la perte de contrôle du véhicule. Les deux hommes n’ont pas survécu.

Un routier avait d’ailleurs filmé la Lamborghini en feu dans les minutes qui ont suivi le drame. Les images, devenues virales, avaient accentué le choc dans le milieu sportif et au-delà.
Depuis, à chaque match à Anfield, les supporters de Liverpool rendent hommage à leur joueur à la 20e minute — son numéro de maillot. Un geste poignant, répété semaine après semaine, qui montre à quel point la disparition de Jota a marqué le club. Mais pendant que les tribunes se souvenaient, les tribunaux espagnols, eux, cherchaient des réponses.
Ce que la Garde civile a découvert sur les causes du crash
La question centrale pour la justice était simple en apparence, mais lourde de conséquences : y avait-il un responsable identifiable dans cet accident ? Un tiers, un défaut mécanique, un facteur extérieur ? Ou bien la seule responsabilité incombait-elle au conducteur lui-même ?
L’unité de circulation de la Garde civile espagnole — l’équivalent de notre gendarmerie — a mené une enquête approfondie. Rapports d’experts, analyses techniques du véhicule, reconstitution des faits : tout a été passé au crible. La conclusion des enquêteurs a pointé vers une crevaison provoquée par un excès de vitesse au moment d’un dépassement. Pas de défaillance d’un tiers. Pas de problème de voirie signalé.

C’est sur la base de ces éléments que le tribunal a dû trancher. Et la décision, révélée par The Athletic, ne laisse pas de place à l’ambiguïté.
Le tribunal de Puebla de Sanabria classe l’affaire
Le tribunal de première instance de Puebla de Sanabria a rejeté l’affaire en novembre dernier. Après avoir évalué l’ensemble des preuves documentaires et, en particulier, les rapports d’experts de la Garde civile, les magistrats ont estimé qu’aucune responsabilité pénale ne pouvait être engagée.
En clair : personne ne sera poursuivi au pénal pour la mort de Diogo Jota et d’André Silva. L’accident est considéré comme résultant des circonstances — vitesse excessive et crevaison — sans qu’un tiers puisse être mis en cause.
Pour la famille du footballeur, qui laisse derrière lui un héritage conséquent à sa femme et ses enfants, cette décision referme un chapitre judiciaire douloureux. Mais elle n’est pas forcément le mot de la fin.
Pourquoi l’affaire n’est peut-être pas totalement terminée
Des sources proches du dossier, citées par le média américain, précisent un point essentiel : « Le rejet des poursuites pénales n’exclut pas la possibilité pour les parties concernées d’intenter une action civile pour réclamer ce qu’elles jugent approprié. »
Concrètement, cela signifie que la famille ou les proches pourraient encore saisir la justice sur le plan civil. Contre qui ? Potentiellement contre le constructeur du véhicule, un équipementier pneumatique ou toute entité dont la responsabilité pourrait être mise en question dans la défaillance du pneu. Une crevaison à très haute vitesse soulève toujours des interrogations : le pneu était-il adapté ? L’entretien du véhicule était-il conforme ? Autant de questions qui pourraient ressurgir devant un tribunal civil.
Dans le monde du football, les accidents mortels impliquant de jeunes joueurs continuent hélas de marquer les esprits. On se souvient d’un joueur décédé à seulement 21 ans, ou encore de ce footballeur de 20 ans tué lors d’une attaque armée au Ghana. Des drames qui rappellent la fragilité de ces vies exposées.
Un hommage qui ne s’éteint pas à Anfield
Pendant que la justice espagnole tournait ses pages, les supporters de Liverpool n’ont jamais cessé de faire vivre la mémoire de Diogo Jota. La 20e minute de chaque rencontre à Anfield reste un moment suspendu, où le stade entier applaudit en l’honneur de son ancien numéro 20.
Arrivé à Liverpool en 2020 en provenance de Wolverhampton, le Portugais s’était imposé comme un élément clé de l’attaque des Reds. Rapide, technique, capable de jouer sur les deux ailes comme en pointe, il avait inscrit 34 buts en 85 apparitions en Premier League. À 28 ans, il était en pleine maturité footballistique.
La vitesse sur la route, elle, ne pardonne pas. Les enquêteurs ont établi que le dépassement fatal s’est produit à une allure bien supérieure aux limites autorisées. Un scénario qui n’est malheureusement pas rare : en Espagne comme en France, les excès de vitesse restent la première cause d’accidents mortels sur les routes. On a récemment vu un père flashé à 206 km/h en Ferrari avec son fils de 9 ans, ou un jeune de 18 ans perdre son permis au volant d’une Audi R8.
Ce que cette décision change pour les proches
Sur le plan pénal, le dossier est clos. Aucune charge, aucun procès, aucune condamnation. La justice espagnole considère que l’accident relève d’une perte de contrôle imputable aux conditions de conduite, et non à une faute extérieure.
Pour la veuve de Diogo Jota et leurs enfants, cette décision apporte une forme de clarification. Même si elle ne ramènera évidemment personne. La possibilité d’une action civile reste ouverte, mais rien n’indique à ce stade qu’une telle procédure ait été engagée.
Ce qui est certain, c’est que cette affaire illustre une réalité brutale : quand un accident implique un véhicule de très haute performance et une vitesse excessive, la marge entre la vie et la mort se réduit à presque rien. La Lamborghini Huracan, capable de dépasser les 320 km/h, est une machine extraordinaire. Mais sur une route ordinaire de Castille-et-León, elle s’est transformée en piège mortel.
Le monde du football retiendra Diogo Jota pour ses dribbles, ses buts et son sourire. La justice espagnole, elle, a refermé le dossier. Reste la mémoire — et ces applaudissements, chaque week-end, à la 20e minute.