À 19 ans, ce lutteur iranien a été exécuté après des aveux obtenus sous la torture
Ce jeudi, trois hommes ont été exécutés en Iran. Parmi eux, un visage que certains amateurs de sports de combat avaient peut-être aperçu en compétition internationale.
Saleh Mohammadi, 19 ans, lutteur iranien, a été pendu à Qom, ville située au sud de Téhéran. Une exécution qui soulève une vague d’indignation à travers le monde.
Et pour cause : au moment de son arrestation, le jeune homme n’avait que 18 ans.

Accusé de meurtre pour le compte d’Israël et des États-Unis
Selon la justice iranienne, Saleh Mohammadi et les deux autres condamnés étaient accusés de meurtre sur deux agents des forces de l’ordre. Le régime affirme qu’ils auraient agi pour le compte d’Israël et des États-Unis, lors de manifestations survenues en janvier dernier.
Les trois hommes ont été officiellement reconnus coupables de moharebeh, terme du droit islamique iranien signifiant littéralement « hostilité contre Dieu ». C’est le site Mizan Online, proche du pouvoir judiciaire iranien, qui a annoncé la nouvelle.
Une qualification juridique qui, en Iran, ouvre la voie à la peine capitale.
Des aveux arrachés sous la torture, selon Amnesty International
Mais la version du régime est vivement contestée. Amnesty International est catégorique : le procès des trois hommes n’a pas été équitable.
Pire encore, selon l’ONG, Saleh Mohammadi aurait été contraint à des « aveux obtenus sous la torture ». Des déclarations forcées qui auraient ensuite servi de base à sa condamnation à mort.
Cette pratique, malheureusement documentée en Iran, rappelle de nombreux autres cas dénoncés par les défenseurs des droits humains. En 2022, une jeune femme avait été abattue d’une balle dans la nuque lors de manifestations, tandis que sa famille avait dû fouiller parmi des centaines de corps pour la retrouver.
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Un contexte de répression qui s’intensifie avec la guerre
L’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle exprime ses inquiétudes face à ce qu’elle qualifie de risque d’exécutions de masse.
« Nous sommes profondément inquiets du risque d’exécutions de masse de manifestants et de prisonniers politiques à l’ombre de la guerre », a déclaré l’ONG.
Pour ces défenseurs des droits, le message du régime est clair : il s’agit d’inspirer la terreur. « Ces exécutions sont menées pour semer la peur au sein de la société, car la République islamique sait que la principale menace pour sa survie vient du peuple iranien », ont-ils ajouté.
Un contexte géopolitique tendu qui n’est pas sans lien avec ce que le renseignement américain révèle sur le programme nucléaire iranien, ou encore les affrontements directs entre forces américaines et iraniennes en mer.
1 500 exécutions en Iran en 2025 : un chiffre glaçant
Le cas de Saleh Mohammadi n’est malheureusement pas isolé. Selon Iran Human Rights, au moins 1 500 exécutions ont déjà eu lieu en Iran depuis le début de l’année 2025.
Un bilan qui place la République islamique parmi les pays les plus répressifs au monde en matière de peine de mort.
Cette escalade mortelle intervient dans un pays où la contestation populaire ne faiblit pas. En 2024, une jeune Iranienne s’était déshabillée en pleine rue pour protester contre le port du voile obligatoire, dans un geste devenu symbole de résistance.
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Une tendance répressive qui cible aussi les femmes
La répression iranienne ne s’arrête pas aux hommes. Le sort des femmes est tout aussi préoccupant. Récemment, une jeune femme mariée de force à 12 ans devait être exécutée pour avoir tué son mari violent.

Ces cas illustrent un système judiciaire que les organisations internationales de défense des droits humains décrivent comme une machine à condamner les plus vulnérables.
Pendant ce temps, certains observateurs s’interrogent sur l’escalade des tensions mondiales, tandis que des voix s’élèvent pour exiger des comptes à la communauté internationale.
La communauté sportive sous le choc
L’exécution d’un jeune athlète en pleine ascension laisse sans voix le monde du sport. Saleh Mohammadi avait participé à des compétitions internationales de lutte. Il avait toute une carrière devant lui.
Sa mort à 19 ans, sur fond de guerre, de répression et de justice expéditive, résonne bien au-delà des frontières iraniennes. Elle rappelle que, pour certains régimes, même le sport n’offre aucune protection.
Des organisations comme celles qui documentent les longues détentions arbitraires à travers le monde continuent de réclamer une justice équitable pour tous les détenus politiques.
Le cas de Saleh Mohammadi, lui, ne sera sans doute pas oublié de sitôt.