À 16 ans et presque sans expérience, il parvient à gravir le plus haut sommet d’Europe
Un rêve né devant un écran

Tout a commencé par une vidéo. Ilyan Neau, lycéen de La Rochelle, regarde en boucle le documentaire d’un célèbre youtubeur partant à la conquête de l’Everest.
Ce créateur de contenu, c’est Inoxtag et ses plus de 9 millions d’abonnés. Son film, Kaizen, raconte sa préparation et son ascension du toit du monde.
Pour Ilyan, la gifle est immédiate. Si quelqu’un peut transformer un rêve impossible en projet concret, pourquoi pas lui ?
Sa cible : le Mont Blanc. 4 806 mètres. Le plus haut sommet d’Europe.
Un objectif que personne ne prenait vraiment au sérieux

Autour de lui, les réactions sont mitigées. On lui rappelle son âge. On souligne son manque d’expérience en montagne.
Ilyan n’en a cure. Il décide de transformer le doute des autres en carburant.
Il s’impose une préparation physique millimétrée : course à pied, natation, escalade. Des randonnées régulières viennent compléter ce programme pour se familiariser avec l’effort en altitude.
Deux semaines avant l’ascension, il rejoint un guide et un groupe d’alpinistes pour peaufiner les techniques spécifiques à la haute montagne.
La rencontre qui a tout changé
Reste un problème : il lui faut un compagnon de cordée. Pas n’importe qui.
Ilyan se tourne vers les réseaux sociaux et contacte Noé Lagrange, créateur de contenus habitué des sommets et des défis en altitude.
La détermination du lycéen convainc Noé en quelques échanges. Il accepte de l’accompagner dans cette aventure hors du commun.
Une alliance inattendue, née sur internet, qui va se révéler décisive sur les pentes glacées du Mont Blanc.
8 heures d’efforts dans un environnement impitoyable

Le jour J, les deux alpinistes s’élancent à l’assaut du géant des Alpes. Ce que le jeune Rochelais découvre alors dépasse tout ce qu’il avait imaginé.
Le manque d’oxygène se fait sentir dès les premières heures. Les muscles brûlent. La météo reste capricieuse, comme toujours sur ces pentes.
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Chaque année, des milliers d’alpinistes tentent l’ascension du Mont Blanc. Les professionnels de la montagne le rappellent : même les voies dites « classiques » réservent des pièges à ceux qui sous-estiment le terrain.
Les risques de chutes de pierres, les crevasses et les changements de conditions météorologiques peuvent transformer une belle journée en situation critique en quelques minutes.
« Sans lui, je n’aurais pas réussi »
Ilyan traverse des moments de doute intenses pendant l’ascension. C’est là que Noé Lagrange entre en scène.
Le créateur de contenus ne se contente pas d’être un guide technique. Il encourage, soutient, porte moralement le lycéen quand les jambes ne répondent plus comme elles devraient.
Ilyan le confie lui-même à France 3 Nouvelle-Aquitaine : « Il m’a aidé pour tout. Il m’a accompagné lorsque je n’étais pas bien et sans lui je n’aurais pas réussi à atteindre le sommet. C’est mon père d’expédition. »
Puis il ajoute une phrase qui résume tout : « En une semaine d’alpinisme, il m’a appris le dépassement de soi. »
Le sommet, enfin

Après 8 heures d’efforts, le lycéen de La Rochelle pose le pied au sommet du Mont Blanc. 4 806 mètres au-dessus du niveau de la mer.
C’est son premier sommet. Il n’avait presque aucune expérience avant de se lancer. Et pourtant.
La vue depuis le toit de l’Europe a dû lui offrir une perspective nouvelle sur ses propres limites. Celles qu’on lui avait fixées de l’extérieur, et celles qu’il vient de repousser de l’intérieur.
Ce genre de défi a parfois des résonnances inattendues. On pense à ces exploits sportifs qui redéfinissent ce que l’on croyait impossible. Ou encore à ces athlètes qui brisent les interdits pour prouver leur valeur.
Et après le Mont Blanc ?
Pour Ilyan, ce sommet n’est qu’un point de départ. Il envisage d’autres ascensions dans les années à venir.
Mais son ambition va bien au-delà de la collection de sommets. Une fois son baccalauréat en poche, il souhaite rejoindre le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Chamonix.
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Une unité d’élite dont les missions font parfois sourire, comme lorsque des gendarmes de haute montagne sont appelés pour… une randonneuse qui avait froid aux pieds. Mais qui intervient surtout dans des situations d’une extrême gravité.
Pour y accéder, il faudra des années d’entraînement, de pratique et de rigueur. Ilyan a l’air d’avoir compris que ce chemin commence maintenant.
« On m’a dit qu’à mon âge, c’était impossible »

Cette phrase, Ilyan l’a entendue plusieurs fois avant de partir. Elle pourrait figurer en exergue de son aventure.
À 16 ans, sans expérience significative, avec une préparation de quelques semaines et un compagnon de route trouvé sur les réseaux sociaux, il a gravi le plus haut sommet d’Europe.
Le Mont Blanc n’est pas une promenade. Les conditions météorologiques peuvent y être brutales, comme ces épisodes neigeux records qui frappent régulièrement les Alpes. Les risques sont réels et documentés.
Mais parfois, la préparation sérieuse, le bon encadrement et une volonté hors du commun font la différence.
Ilyan Neau vient d’en apporter la preuve.
Un modèle pour une génération
L’histoire du lycéen rochelais rappelle quelque chose d’essentiel : l’inspiration peut surgir d’un écran, d’une vidéo, d’un inconnu qui ose.
Inoxtag a osé l’Everest. Ilyan a osé le Mont Blanc. D’autres, demain, oseront autre chose.
La montagne attire aussi parce qu’elle est honnête. Elle ne triche pas. Elle ne fait pas de cadeau. Et les Alpes restent l’un des terrains de jeu les plus fascinants d’Europe pour qui accepte de s’y confronter vraiment.
Ilyan Neau, lui, y a laissé un peu de ses doutes. Et il en est redescendu avec quelque chose d’irremplaçable.