« C’est genre, c’est gagné d’avance » : Kelly Massol raconte sa brouille de 48h avec Anthony Bourbon

Le 22 janvier dernier, les téléspectateurs de Qui veut être mon associé ? sur M6 ont assisté à un moment de tension rare entre deux investisseurs stars de l’émission. Kelly Massol, fondatrice des Secrets de Loly, et Anthony Bourbon, créateur de Feed, se sont ouvertement écharpés en direct. Invitée récemment sur la chaîne YouTube de Gossip Room, Kelly Massol a levé le voile sur les coulisses de cet affrontement — et sur les 48 heures glaciales qui ont suivi.
Un couple de candidats, deux propositions et un ego de trop
Tout commence avec Vanessa et Jonathan, un couple d’entrepreneurs venus présenter Nuage, leur concept de barbes à papa sans sucre. Face à eux, deux camps se forment instantanément parmi les investisseurs. D’un côté, Anthony Bourbon et Jonathan Anguelov proposent de s’associer ensemble pour financer le projet. De l’autre, Kelly Massol souhaite investir seule aux côtés du couple.
Le couple part en coulisses pour réfléchir aux deux offres. C’est précisément à ce moment-là, hors de leur vue, que la situation dérape entre les deux investisseurs restés sur le plateau. Un échange que 1,8 million de téléspectateurs ont vu en direct, mais dont les véritables ressorts n’ont été révélés que des semaines plus tard.
« Toi et moi on a gagné » : la phrase qui a mis le feu
Dans les Petits Papiers de Gossip Room, Kelly Massol est revenue en détail sur le déclencheur de sa colère. Selon elle, le problème ne venait pas d’un simple désaccord commercial. C’était une question d’attitude. « Pendant l’émission, pour une fois, je fermais ma bouche. Et là, ils ont fait les mecs un peu machos. C’est ça qui m’a saoulé ! » a-t-elle confié.
L’investisseuse de 42 ans décrit une scène précise. Jonathan Anguelov d’un côté, Anthony Bourbon de l’autre, et cette phrase qui l’a fait sortir de ses gonds : « C’est bon, on a déjà closé. » Traduction selon Kelly : « Toi et moi on a gagné », comme si sa propre proposition n’existait tout simplement pas. Comme si le deal était plié d’avance, sans que les candidats aient eu leur mot à dire.
Pour quelqu’un qui revendique sa place dans un univers encore largement dominé par les hommes, ce genre de moment n’a rien d’anodin. Mais la réplique de Kelly Massol, elle, n’avait rien de silencieux — et c’est justement ce qui a provoqué l’escalade.
« Je ne peux pas me laisser piétiner devant 1,8 million de personnes »
Kelly Massol n’a pas mâché ses mots devant les caméras de Gossip Room. « Moi je vais abandonner ? Non ! Le candidat il va choisir, ne sois pas imbu de ta personne. Et je lui ai envoyé une pique », a-t-elle concédé. Le terme est faible au vu de la séquence diffusée sur M6, où l’on voit clairement la température monter de plusieurs degrés entre les deux investisseurs.

Mais au-delà de la pique en question, c’est la raison profonde de sa réaction qui éclaire toute la scène. « Moi, j’ai un enjeu en tant que femme. Je ne peux pas me laisser piétiner devant 1,8 million de téléspectateurs », a-t-elle expliqué. Pour la fondatrice des Secrets de Loly, céder à ce moment-là aurait envoyé un signal désastreux. Pas seulement pour elle, mais pour toutes les entrepreneuses qui regardent l’émission en se disant qu’elles pourraient, elles aussi, lever des fonds face à des investisseurs chevronnés.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des tensions éclatent dans des émissions de ce type. Certains candidats de télé-réalité ont même évoqué la frontière floue entre désaccords sincères et clashs scénarisés. Ici, pourtant, rien n’avait été prévu. Et les conséquences ont été bien réelles.
48 heures de silence radio sur le plateau
Ce que les téléspectateurs n’ont pas vu, c’est ce qui s’est passé après le tournage de cette séquence. Selon les confidences de Kelly Massol, l’ambiance entre elle et Anthony Bourbon est devenue « glaciale ». Pas un mot échangé, pas un regard. Pendant deux jours entiers, les deux investisseurs ne se sont tout simplement « pas calculés ».
Deux jours de silence sur un plateau où les journées de tournage s’enchaînent, où les investisseurs partagent les mêmes coulisses, les mêmes pauses, les mêmes repas. Quiconque a déjà travaillé dans un espace confiné avec quelqu’un qu’il ne supporte plus peut imaginer la tension ambiante. Les autres investisseurs — Éric Larchevêque, Marc Simoncini, Alice Lhabouz — ont forcément senti le froid.
Ce type de brouille entre personnalités médiatiques n’est pas rare dans l’univers télévisuel français. Des clashs mémorables ont déjà secoué d’autres plateaux. Mais dans une émission centrée sur le business et la négociation, l’enjeu est différent : chaque interaction entre investisseurs influence directement les candidats et les deals conclus. Reste à savoir si cette brouille a fini par se résoudre — ou si elle a laissé des traces durables.
Un enjeu qui dépasse le simple ego
Depuis son lancement en 2020, Qui veut être mon associé ? s’est imposé comme une vitrine pour les entrepreneurs français. Des centaines de projets ont été présentés, des millions d’euros investis. Le casting d’investisseurs, lui, s’est progressivement étoffé. Aux côtés des piliers historiques comme Éric Larchevêque et Marc Simoncini, des profils plus récents — Kelly Massol, Anthony Bourbon, Jean-Michel Karam — ont apporté de nouvelles dynamiques.

Mais ces dynamiques impliquent aussi des frictions. Quand plusieurs investisseurs veulent le même deal, les ego du monde des affaires entrent en collision. Et quand l’un d’eux considère qu’une proposition concurrente n’a même pas besoin d’être discutée, on passe du désaccord stratégique à l’affront personnel.
Kelly Massol n’a d’ailleurs pas caché que sa réaction était aussi politique, au sens large du terme. En refusant de se taire, elle a voulu montrer qu’une femme investisseuse n’a pas à accepter d’être mise sur la touche par des confrères qui se partagent un deal comme s’ils étaient seuls dans la pièce. Un positionnement qui lui a valu autant de soutiens que de critiques sur les réseaux sociaux.
La réconciliation a-t-elle eu lieu ?
Kelly Massol a parlé de 48 heures de brouille. Pas de deux semaines, pas d’un mois. Ce qui laisse entendre que les deux investisseurs ont fini par crever l’abcès — ou du moins par retrouver une relation de travail fonctionnelle sur le plateau. Les tournages de l’émission se poursuivent, et les deux sont toujours au casting.
Mais entre « se reparler » et « oublier », la nuance est large. D’autres personnalités télévisées ont montré qu’un clash en direct peut laisser des cicatrices bien au-delà des caméras. Anthony Bourbon, de son côté, ne s’est pas exprimé publiquement sur l’épisode. Son silence, face à la parole libérée de Kelly Massol, raconte peut-être autant que n’importe quelle déclaration.
Une chose est sûre : cette séquence du 22 janvier a rappelé que derrière les sourires et les chèques brandis face caméra, Qui veut être mon associé ? reste un ring. Et que certains rounds se jouent bien après l’extinction des projecteurs.