L’intelligence artificielle : quand la médecine tente de défier la mort !

De nos jours on entend de plus en plus parler d’intelligence artificielle (IA). Si dans certains cas elle effraie, elle pourrait aussi bien nous sauver la vie. Depuis quelques années les chercheurs et les scientifiques travaillent d’arrache pied pour trouver des moyens de soigner les maladies et peut être même de braver la mort.

intelligence artificielle

Une étude parvient à prédire les crises cardiaques avec une précision de 90%

L’intelligence artificielle est utilisée depuis plusieurs années maintenant dans la médecine dans le but de mieux soigner et de prévoir les maladies. Aujourd’hui, ce sont des chercheurs finlandais qui ont fait parler d’eux. Grâce à un algorithme, ils ont réussi à prédire les crises cardiaques avec une précision de 90% chez les patients souffrant de douleurs dans la poitrine.

C’est le docteur Luis Eduardo Juarez Orozco du centre Turku PET en Finlande qui est à la tête de cette étude. Il a basé son étude sur 950 patients souffrant de douleurs à la poitrine qui suivaient le protocole habituel du centre PET pour rechercher une maladie coronarienne. Pour réussir à prédire les risques, l’étude se base sur un algorithme: Logibost. Ce dernier intègre près de 85 variables telles que le sexe, l’âge, le tabagisme, le diabète mais aussi des résultats médicaux comme la présence de plaques coronaires , le rétrécissement des vaisseaux sanguins ou le débit sanguin. En analysant toutes ces données l’algorithme Logisbost a réussi à établir qui était mort ou qui avait eu une crise cardiaque parmi les patients. Résultat: 90% des résultats prédits par l’algorithme étaient bons.

L’algorithme permet donc d’arriver à une précision bien au dessus de ce que les médecins humains peuvent atteindre. A travers la répétition et l’ajustement, la machine apprend à exploiter des données innombrables et identifie des schémas beaucoup trop complexes pour les humains.  « Les humains ont beaucoup de mal à penser en plus de trois ou quatre dimensions. Le moment où nous plongeons dans la cinquième dimension, nous sommes perdus. Notre étude montre que[…]  pour prédire ce qui va arriver aux gens nous avons besoin de l’intelligence artificielle » explique le docteur Juarez Orozco.

>>> A lire aussi: Une femme se fait diagnostiquer un cancer suite au comportement de son chat

L’intelligence artificielle: déjà utilisée pour dépister certains cancers

Depuis peu, l’intelligence artificielle est utilisée dans l’oncologie pour dépister des cancers. Le 7 mai dernier, des chercheurs du Massachussets Institute of Technolgy (MIT) ont intégré l’intelligence artificielle à leurs recherches afin de dépister les cancers du sein plus tôt.

Cette intelligence permet ainsi de prédire un cancer du sein jusqu’à cinq ans avant son apparition, à travers l’analyse d’une simple mammographie. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont analysé les données de plus de 60 000 patientes issues de l’Hôpital général du Massachusetts. Comme les images utilisées avaient été prises plusieurs années auparavant, les chercheurs ont été en mesure d’apprendre à la machine quelles mammographies correspondaient à des femmes ayant développé le cancer du sein et lesquelles ne présentaient aucun signe de cancer.

Dans une autre étude publiée  dans la revue « Nature Medicine »Google est venu renforcer cette promesse de dépistage, cette fois-ci au niveau du cancer du poumon. Un projet de recherche de la filiale d’Alphabet s’est penché sur l’utilisation de l’IA dans le dépistage du cancer du poumon. Il a conclu que certains algorithmes peuvent être plus efficaces que des radiologues dans la détection de ce cancer.

poumon

Pour ce faire des chercheurs et ingénieurs de Google ont entraîné un algorithme de machine learning sur une base de 45 856 scanners thoraciques. L’algorithme génère alors un modèle 3D du scanner puis y recherche des tissus malins dans les nodules pulmonaires qui normalement sont difficilement vus à l’œil nu, d’autant que les radiologues se penchent généralement sur des images en 2D. L’algorithme génère enfin une estimation de la malignité du cancer du poumon. Il peut également s’appuyer sur des données issues de scanners précédents.

Par la suite, les chercheurs ont comparé les résultats à ceux de six radiologues certifiés. Résultat: l’algorithme a détecté 5% de plus de cas de cancer du poumon et a réduit les faux positifs de plus de 11%.

L’IA permet d’identifier les risques de décès prématurés

Toujours dans le but de sauver des vies des scientifiques britanniques ont utilisé un algorithme de « deep learnig » pour identifier des risques de décès prématurés.

Pour évaluer cette probabilité de mortalité prématurée, les scientifiques de l’Université de Nottingham se sont servis des données génétiques, physiques et sanitaires de 500 000 Anglais âgés de 40 à 69 ans soumises entre 2006 et 2016 à la Biobanque britannique. Pendant ce laps de temps, 14 500 des participants étaient décédés, principalement du cancer et de maladies cardiaques et respiratoires.

En utilisant un algorithme de « deep learning » ,c’est à dire qui consiste à regarder principalement l’exposition aux risques liés au travail, à la pollution atmosphérique et à la consommation d’alcool et de certains médicaments, les scientifiques ont réussi à identifier correctement 76% de sujets décédés au cours de l’étude.

« Nous avons montré qu’avec beaucoup de précautions, des algorithmes peuvent améliorer les prédictions de manière efficace.  Nous sommes persuadés qu’en expliquant ces méthodes de manière transparente, cela pourrait aider les vérifications scientifiques et le développement futur de ce domaine dans le monde de la santé« , concluent les auteurs de l’étude.

>>> A lire aussi: Une intelligence artificielle imbattable ( vidéo)

Volonté de vaincre la mort, transhumansime ou fin de l’humanité?

L’intelligence artificielle donne accès à une médecine de plus en plus complète et précise. Elle donne la possibilité de prévoir presque toute les maladies, ce qui permet donc de mieux les soigner. Mais cette volonté de survie absolue ne mènerait elle pas vers une fin de l’humanité?

IA

De plus en plus de personnes tablent déjà sur le progrès des neurosciences et de la biotechnologie pour pouvoir transférer leur cerveau dans une machine dès 2050. Ces transhumanistes (personne prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer la condition humaine) souvent très riches, investissent sans compter pour que ce rêve se réalise. Parmi eux, Larry Page, le fondateur de Google, a créé une entreprise dédiée à ce projet, Calico, qu’il a dotée de 750 millions de dollars. Peter Thiel, qui a lancé Paypal, place également ses espérances (et une partie de ses 2 milliards de dollars de fortune personnelle)  dans les recherches contre le vieillissement et la mortJeff Bezos (Amazon), et Mark Zuckerberg (Facebook), font également partie des patrons qui visent la vie éternelle.

Si l’idée d’une existence immortelle a de quoi séduire les égocentriques et les mégalomanes elle effraie aussi bon nombre de penseurs à commencer par les philosophes. François Dermange, professeur d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université de Genève, voit dans la quête d’immortalité des transhumanistes le reflet d’un hyper-individualisme. S’ils atteignaient leur objectif de vie éternelle, l’idée de « morale » disparaîtrait, tout comme le respect d’autrui. Son homologue Alain Damasio constate lui aussi cette approche égocentrée, associée à un besoin de maîtrise de l’environnement et de sécurité. Selon lui, en cherchant à devenir des dieux, les transhumanistes entrent en réalité dans un processus suicidaire. Leur volonté d’« évoluer » selon leur envie, en repoussant toutes les limites de la nature humaine, les conduirait à dissoudre l’humanité dans de nouvelles espèces hybrides, et à perdre les codes de pensée et d’actions qui régissent notre monde depuis l’Antiquité.

>>> A lire aussi: Découvrez ce qu’il se passe dans votre corps si vous arrêtez la  cigarette!

En savoir plus sur : - - -

Publié par Delphine le 30 Mai 2019
 
0