« Je suis un homme, un vrai » : le court-métrage qui dénonce la masculinité toxique !

Publié par Mélaine le 08 Fév 2019

Je suis un homme, un vrai. Voici le nom d’un court-métrage qui parlera à plus d’un homme. Et qui fera parler de lui. Présenté au Nikon Festival, ce court-métrage d’Aurélien Mathie est une véritable révélation. Il dénonce les injonctions faites aux petits garçons pour qu’ils finissent par devenir des hommes, des « vrais ». Quitte à ce que la leçon soit violente et leur retire toute sensibilité.

Un court-métrage captivant

2 minutes 20. C’est en 2 minutes 20 que le réalisateur a totalement retranscrit les injonctions faites aux petits garçons. On connait (et on en parle plus facilement) celles faites aux petites filles, censées rester sages et faire des activités de filles.

 

Ici, un père et deux enfants se retrouvent sur un terrain de rugby. La petite fille, pourtant intéressée par l’activité, est sommée d’aller dans les gradins. Elle n’a pas sa place sur un terrain de rugby. Le père tente donc de motiver son fils à l’entrainement. Mais le petit n’y va pas assez fort. Le père s’agace « Thomas, il faut que tu te défonces, d’accord ? Il faut que tu te battes. La vie, c’est comme ça, il n’y a a pas de cadeau. On ne m’en a pas fait à moi ». 

 

Petit à petit, le regard du petit garçon s’assombrit. Il n’est pas assez fort. Ne répond pas aux exigences de son père qui, lui, est un homme. Il est trop sensible. Sensible au point de pleurer. Mais un garçon, ça ne pleure pas.

 

Un court-métrage qui oppose filles et garçons

Parce que oui, c’est ça : lorsqu’on compare deux attitudes, cela veut dire que les deux en prennent pour leur grade.

 

Le petit garçon, qui n’arrive pas a être plus puissant dans son jeu, se met à pleurer. Son père de rajouter, en le secouant et en le relevant : « Tu as peur d’avoir mal ou quoi ? Allez, impose toi, bordel. » « Relève-toi je te dis. Tu ne pleures pas, c’est ridicule. C’est les filles qui pleurent. T’es pas une fille ». 

 

Réaction de l’enfant : faire plaisir à son père et se relever. Réaction du père : « Tu montres rien : la seule chose que tu peux montrer, c’est de la colère … T’es un homme ou pas ? ».

 

La leçon est passée. Le visage du petit garçon se crispe, se durcit, son regard se noircit.

 

A la fin de cette leçon revient sa petite sœur. Sa petite sœur avec laquelle il était si complice au début et qui vient lui tendre la main. Lui, le poing crispé, la rejette. Violemment. Il n’acceptera plus jamais d’être complice. C’est fini. La leçon est apprise.

 

Plus de sentiment. Plus rien. Par extension, on l’imagine déjà, plus tard, avoir cette réaction de rejet avec les autres femmes. Ne plus avoir le droit d’être heureux, se battre, toujours se battre.

 

Un court-métrage sur la masculinité toxique

Un chef d’oeuvre du réalisateur. Un court-métrage prenant et captivant. Un coup de maître qui remet en question les valeurs associées à la masculinité et à l’éducation des petits garçons. Et, lorsqu’on voit le père, qui impose surtout de la crainte, de la froideur et de la violence, on comprend que lui même a été éduqué de cette manière.

 

Il répète ces gestes qu’il a connu, cette froideur. Pas de sentiment, jamais.

 

Et le résultat ? Un père qui dénigre sa fille et lui somme de s’éloigner du terrain. Un père qui, par ses mots, violente son enfant, le conditionne, à tout jamais.

 

Un cercle vicieux. Les mots raisonneront à tout jamais. Être un homme, c’est se battre, ne rien montrer. Sauf de la rage. Vous pouvez découvrir  le court-métrage dans son intégralité en haut d’article.

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