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Ces nouveaux panneaux verts intriguent les conducteurs : que signifient-ils ?

Publié par Killian Ravon le 23 Fév 2026 à 18:30

Ils surgissent au détour d’une rue, souvent près d’une école ou d’un quartier résidentiel. Rond, avec un chiffre bien visible. Le panneau ressemble à une limitation de vitesse classique… sauf que sa bordure est verte. Et c’est précisément ce détail qui perturbe : avec ces panneaux de vitesse verts. Faut-il comprendre une nouvelle règle, un risque d’amende, ou simplement un conseil ?

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Panneaux de vitesse verts : un panneau « 30 » à bordure verte à côté d’un « 30 » à bordure rouge, près d’une école.
Dans certaines zones sensibles, des panneaux à bordure verte indiquent une vitesse conseillée, contrairement aux limitations obligatoires à bord rouge.

Depuis quelques mois, le sujet circule beaucoup sur les réseaux et dans la presse auto. Notamment parce que ces panneaux sont déjà visibles au Royaume-Uni. Des automobilistes français se demandent logiquement si la France pourrait suivre. Et surtout comment réagir s’ils en croisent un à l’étranger, alors qu’une nouvelle baisse des limitations est régulièrement évoquée. Derrière l’effet de surprise, la réponse est plus simple qu’elle n’en a l’air, à condition de bien distinguer “vitesse imposée” et “vitesse suggérée”.

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En France, la “vitesse conseillée” existe déjà via le panneau C4a, distinct d’une limitation obligatoire. Crédit : Marc Mongenet.
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Un panneau qui ressemble à une interdiction… mais qui n’en est pas une

À première vue, difficile de ne pas faire l’association : un panneau rond avec un nombre au centre, en Europe, c’est presque toujours une consigne à respecter. Dans la logique du Code de la route, le cercle sert souvent à “donner un ordre”, et la bordure rouge est le marqueur le plus connu de la limitation de vitesse obligatoire. Le vert, lui, casse ce réflexe visuel et ouvre la porte à une interprétation erronée.

Au Royaume-Uni, ces panneaux à bordure verte sont présentés comme des vitesses conseillées. Autrement dit, ils invitent à lever le pied dans une zone jugée sensible, sans créer une nouvelle limitation légale. Plusieurs articles de presse britannique et de médias auto rappellent ce point : l’absence de cercle rouge signifie qu’on n’est pas sur la même catégorie qu’un panneau de limitation obligatoire.

Ce n’est pas un détail théorique : sur autoroute, le gouvernement britannique explique déjà que lorsqu’une vitesse variable est affichée dans un cercle rouge, elle est obligatoire, alors que la même vitesse sans cercle rouge est une vitesse “conseillée” pour les conditions du moment. Cette règle de lecture, très ancrée chez eux, aide à comprendre l’esprit des panneaux verts.

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Le cercle rouge reste le repère le plus clair d’une vitesse maximale légalement imposée. Crédit : Tabl-trai.

Pourquoi les conducteurs se font piéger (même quand ils sont prudents)

Le premier piège, c’est la forme. Beaucoup de conducteurs n’ont pas le temps d’analyser une bordure de couleur quand ils arrivent à 40 ou 50 km/h, surtout si la zone est déjà chargée en informations. Ces nouvelles signalisations demandent un temps d’adaptation. Le chiffre prend le dessus, et certains freinent brusquement, persuadés d’éviter une sanction.

Deuxième source de confusion : le panneau vert est parfois posé à proximité d’un panneau classique, ou dans un environnement où l’on s’attend justement à une baisse de vitesse. Dans ces conditions, l’automobiliste peut croire que la limitation a changé, alors que la règle légale est restée la même. Résultat : on voit apparaître des comportements très différents sur une même portion, entre ceux qui suivent la recommandation et ceux qui restent sur la vitesse maximale autorisée.

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Enfin, la peur de “faire une erreur” joue à plein. Quand un panneau est nouveau, beaucoup préfèrent ralentir “au cas où”. C’est humain, et souvent plutôt sain… mais cela peut aussi créer des situations à risque si l’écart de vitesse devient important ou si un freinage est trop tardif. Cette dimension “comportementale” explique pourquoi ces panneaux déclenchent autant de débats, même s’ils n’inventent pas une nouvelle infraction.

Les vitesses affichées près des écoles visent d’abord à réduire le risque piéton aux heures sensibles. Crédit : Eric Fischer.

Au Royaume-Uni, un cadre particulier existe déjà… notamment près des écoles

Dans certaines régions du Royaume-Uni, la logique d’une vitesse conseillée près des écoles ne sort pas de nulle part. En Irlande du Nord, par exemple, les autorités ont déjà publié des documents d’autorisation liés à une “advisory 20mph speed limit zone sign”, c’est-à-dire une entrée de zone à 20 mph conseillés (et non imposés). On est bien dans une approche de “traffic calming” : faire ralentir sans basculer forcément vers un régime répressif.

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À côté de ces panneaux verts, il existe aussi des dispositifs beaucoup plus explicites, comme des vitesses “quand les feux clignotent” ou des vitesses variables sur panneaux électroniques. Là encore, l’idée est la même : le visuel (cercle rouge ou non) dit si l’on est dans l’obligation ou dans la recommandation, même si le conducteur doit rester attentif au contexte.

Ce qui change avec la bordure verte, c’est surtout la lisibilité “instantanée” pour un automobiliste continental. Là où un Britannique a le réflexe du cercle rouge, un Français habitué à l’uniformité européenne peut interpréter le rond + le chiffre comme un ordre, point final.

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Et en France, est-ce que ça pourrait arriver ?

Sur le papier, la France n’a pas besoin d’importer un panneau vert pour afficher une vitesse conseillée. La réglementation française prévoit déjà un nouveau panneau dédié : le C4a, “vitesse conseillée”. L’arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation routière précise clairement que ce panneau indique la vitesse à laquelle il est conseillé de circuler “si les circonstances le permettent”, tout en rappelant que le conducteur doit rester maître de sa vitesse.

L’Instruction interministérielle sur la signalisation routière (document de référence côté gestionnaires) insiste aussi sur un point : cette signalisation est facultative, et la fin de la vitesse conseillée est annoncée par un autre panneau (C4b). Autrement dit, le concept existe déjà, même si beaucoup d’automobilistes ne l’ont jamais croisé.

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La vraie question, du coup, n’est pas “est-ce légal ?”, mais “est-ce que c’est plus efficace ?”. Les partisans des panneaux verts estiment qu’un rond ressemble davantage, dans l’esprit des conducteurs, à une information de vitesse, donc qu’il serait plus intuitif. Les sceptiques répondent qu’ajouter un nouveau code couleur risque surtout d’augmenter la confusion, dans un environnement déjà chargé en signaux.

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Exemple de “vitesse conseillée” utilisée comme outil de prévention, sans forcément changer la règle générale. Crédit : Michael Rivera.

Faut-il s’inquiéter : amende, points, radar… ou rien du tout ?

Si l’on parle strictement de la logique présentée au Royaume-Uni, un panneau vert ne crée pas, à lui seul, une nouvelle limitation sanctionnable. La vitesse “légale” reste donnée par les panneaux réglementaires (et par les règles générales applicables à la route). C’est pour cela que les autorités britanniques rappellent la différence entre vitesse obligatoire (souvent avec cercle rouge) et vitesse conseillée (sans cercle rouge).

En revanche, “pas d’amende automatique” ne veut pas dire “aucune conséquence”. En cas d’accident, un assureur, un juge ou un expert peuvent toujours se demander si la vitesse était adaptée aux circonstances, surtout près d’une école ou dans une rue étroite. D’ailleurs, les radars automatiques ne sont pas programmés pour ces zones de recommandation, mais la responsabilité du conducteur reste engagée.

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Concrètement, le bon réflexe est simple. Il faut lire le panneau vert comme un signal de contexte : “ici, on vous demande d’être particulièrement prudent”. Cela ne remplace pas un panneau à bord rouge, et cela ne vous autorise pas non plus à ignorer l’environnement (piétons, sorties de bus, traversées imprévues).

Pourquoi ces panneaux plaisent aux autorités (et agacent certains automobilistes)

Derrière la couleur verte, il y a une philosophie. Beaucoup de politiques publiques de sécurité routière oscillent entre deux leviers : contraindre (sanction, contrôle, abaissement légal des vitesses) ou convaincre (aménagement, pédagogie, recommandations). Les panneaux verts se rangent clairement dans la deuxième catégorie.

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L’objectif est souvent d’obtenir un ralentissement “volontaire”, plus acceptable socialement, notamment dans des lieux où les riverains se plaignent de vitesses trop élevées mais où transformer toute la zone en limitation stricte peut être long, coûteux ou politiquement sensible. Sur le terrain, les gestionnaires cherchent parfois un compromis rapide : signaler, alerter, inciter.

Reste la limite évidente : si trop de conducteurs ne comprennent pas, l’outil perd de sa valeur. Et si une partie ralentit fort alors que l’autre continue à la vitesse autorisée, on peut créer un nouveau risque. C’est là que la pédagogie devient centrale, surtout si ces panneaux devaient se multiplier dans plusieurs pays avec des codes visuels différents.

Sur certains réseaux, l’affichage dynamique alterne vitesses obligatoires et vitesses conseillées selon la signalisation. Crédit : An Errant Knight.
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Ce que vous devez retenir si vous en croisez un

Un panneau vert n’est pas un “nouveau radar déguisé”. Il s’agit, dans la logique observée au Royaume-Uni, d’une vitesse recommandée, pensée pour les zones sensibles, tandis que la vitesse réellement sanctionnable reste indiquée par la signalisation réglementaire. Sur la route des vacances, il ne faudra pas s’étonner de croiser ces trois panneaux ou d’autres signaux expérimentaux.

En clair, inutile de paniquer… mais ce n’est pas un panneau à ignorer. S’il est installé, c’est que le lieu mérite une attention particulière, et votre responsabilité de conducteur ne se résume jamais à “être sous la limite”.

La pédagogie de la vigilance

Les panneaux de vitesse verts représentent une approche pédagogique de la sécurité routière, invitant les usagers à une vigilance accrue sans pour autant instaurer de nouvelles amendes automatiques. S’ils simplifient la lecture pour certains, ils demandent aux autres une attention particulière aux nuances du code de la route. En France comme ailleurs, l’essentiel demeure l’adaptation de la conduite à l’environnement immédiat.

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