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Un étudiant de 19 ans battu à mort par des militants néo-nazis

Publié par Anissa Duport-Levanti le 06 Juin 2013 à 11:21

Il est environ 18h lorsque Clément Méric sort d’une vente privée rue de Caumartin avec deux de ses amis et est pris à partie par un groupe de skinhead. Originaire de Brest, il était monté à Paris pour faire ses études à Sciences Po Paris. Le jeune homme tout juste majeur faisait parti d’un syndicat étudiant de gauche, engagé dans la lutte anti-fasciste. Après des échanges verbaux houleux, les 3 skinhead (dont une femme) présents sur place sont rejoint par d’autres membres du groupuscule. La situation dérape et le groupe de néo-nazi frappe Clément au poing américain jusqu’à ce que sa tête heurte violemment un poteau. Il tombe, inanimé. Les jeunes d’extrême-droite le laissent pour mort et s’enfuient. Emmené d’urgence à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il est actuellement en état de mort cérébrale.

Les militants fascistes responsables de sa mort appartiennent manifestement au groupuscule néo-nazi JNR (Jeunes Nationalistes Révolutionnaires). Son leader, Serge Ayoub, qui se surnomme lui-même « Batskin », a démenti toute implication de son groupe, avant de rejeter sur la responsabilité sur le groupe d’étudiants, comme il le dit à l’Express. Selon lui, les 3 skinhead ont été pris à parti « par cinq militants d’extrême gauche qui leur ont promis de les massacrer à la sortie. Le service d’ordre de la vente privée en a été témoin. Il a proposé à ces trois jeunes plus la gamine d’attendre« . « Les jeunes d’extrême gauche ont porté les premiers coups, en tout cas il y a eu une bousculade » affirme-t-il, avant d’ajouter que « les trois (militants d’extrême droite) n’avaient qu’une seule envie c’est de s’en aller, de partir« . Également interrogé sur France Info, voilà sa version des faits :

Une version bien différente de celle des témoins de la scène…



Un autre passant témoigne au micro d’RTL « J’ai aperçu un homme avec un tatouage dans le cou. C’était une croix gammée. L’homme faisait 1,90 mètre, il avait le crâne rasé. Ensuite, j’ai aperçu un de ses collègues avec un tee-shirt du Front national, skinhead aussi. J’avais jamais vu un homme avec des tatouages nazis et des bottes avant, à part dans les films… » Interrogée sur la même radio, la présidente du FN, Marine Le Pen nie toute implication de son parti dans cet acte « inadmissible » et « épouvantable ». « J’ai déjà vu ce type d’amalgame, j’attends de voir ce que la justice va dire », assène-t-elle avant de poursuivre sur d’éventuelles tentatives de récupérations politiques : « si certains se servent de cela pour tenter de salir le mouvement que je préside, alors eux aussi devront en répondre ». Elle affirme néanmoins que « s‘il est démontré que ces groupements [comme les JNR] donnent des instructions de violence à leurs membres, alors oui [une dissolution] peut être envisagée ». 

Par ailleurs, les réactions des politiques de gauche ainsi que du gouvernement se sont enchainées dès le début de matinée.

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë a été le premier à faire une déclaration par le biai d’un communiqué de presse : « J’apprends avec horreur l’agression mortelle perpétrée par des militants d’extrême droite dont a été victime un jeune militant aux abords de la gare Saint Lazare ce soir. Je souhaite que la police et la justice parviennent à identifier rapidement les coupables et à prendre toutes les mesures qui s’imposent. » Les fascistes responsables de la mort de Clément n’ont pas encore été appréhendés.

Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a réaffirmé sa « totale détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l’extrême droite », après une bagarre mortelle entamée « très probablement pour des raisons d’ordre politique ».

« L’horreur fasciste vient de tuer en plein Paris » dénonçait le Parti de gauche. Il appelle à la « dissolution des groupes d’extrême droite qui multiplient les actes de violence à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines ». Il est vrai que le climat délétère qui se dégrade depuis les débats virulents sur le mariage pour tous pousse une violence latente à ressurgir, comme le fait remarquer Pierre Bergé par ce tweet

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Les réseaux sociaux ont d’ailleurs connu un afflux de messages de colère, de tristesse et de soutien, dont voici quelques exemples :

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Réaction d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche :



Ce dernier à également posté un tweet appelant à un regroupement anti-fasciste :

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Les amis et camarades de Clément ont quant à eux décidé d’organiser un rassemblement en son hommage, à 12h, devant les locaux de Sciences Po (rue Saint-Guillaume, 7e), où toute récupération politique serait fort malvenue. Puis un second hommage sera rendu à 17h au métro Havre-Caumartin, par les étudiants du syndicat Solidaires Sciences-Po (dont Clément faisait parti) et le groupe Action Antifasciste Paris-Banlieue.

Cet évènement démontre une fois de plus la montée inquiétante de l’extrême droite, en France comme en Europe.

Sources : LeMonde, Huffington Post, France Inter, L’Express, l’Humanité.

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