Avant le 28 février, ce geste simple peut vraiment aider les oiseaux du jardin
Tout l’hiver, on pense bien faire en remplissant la mangeoire. Le réflexe est logique, surtout quand le jardin semble figé et que les petits oiseaux apparaissent plus souvent près de la maison.
Pourtant, à l’approche du printemps, un autre geste pèse lourd sur la réussite des futures nichées. Nettoyer les nichoirs avant la fin février, c’est limiter parasites, maladies et mauvaises surprises… au moment précis où les couples commencent à “réserver” leur logement.
Fin février : le jardin paraît calme, mais la saison commence déjà
Dès que les journées rallongent, le décor change sans bruit. Les passereaux que l’on connaît par cœur — mésanges, moineaux, rouge-gorges, parfois sittelles — passent plus de temps à inspecter les cavités et les abris disponibles.
À ce stade, ils ne construisent pas forcément. En revanche, ils observent, testent, reviennent. Un nichoir qui “fait l’affaire” peut être mémorisé très tôt, et un autre, jugé douteux, peut être écarté sans qu’on s’en rende compte. C’est là que la fenêtre d’action se resserre. Plus on avance vers mars, plus la simple ouverture d’une trappe peut devenir une source de dérangement, au mauvais moment.
Pourquoi nettoyer les nichoirs avant le 28 février est si important
Un nichoir, année après année, garde des traces. Ancien nid tassé, plumes, poussière, fientes, parfois même un reste de ponte ou un oisillon non viable : tout ce mélange transforme l’abri en “cocon” parfait pour des invités dont on se passerait bien.
Ce sont surtout les parasites qui posent problème. La LPO rappelle qu’un nettoyage annuel limite les risques sanitaires et évite que l’empilement des matériaux ne rapproche dangereusement la nichée du trou d’envol. Autre point moins connu : les oiseaux ne réutilisent pas le nid comme nous l’imaginons. Ils reconstruisent souvent, et l’accumulation peut relever le plancher. Résultat, les poussins se retrouvent plus près de l’ouverture, donc plus exposés aux chutes et à certaines prédations. La logique est simple : un nichoir propre, c’est un nichoir plus “sûr” à l’échelle d’un oisillon.
À lire aussi
Le bon timing : idéalement à l’automne… mais fin février reste une dernière chance
Les associations de protection de la nature recommandent souvent de s’y prendre en automne, quand la reproduction est finie. La LPO Auvergne-Rhône-Alpes le dit clairement : octobre est un mois très adapté, parce qu’on limite les risques de déranger un occupant, tout en repartant sur une base saine avant l’hiver.
Mais si cela n’a pas été fait, fin février reste une période de rattrapage. Le Parisien conseille aussi un nettoyage en fin d’hiver, typiquement entre janvier et février, avant que la nidification ne démarre vraiment. Ce que beaucoup ignorent, c’est que certains nichoirs servent aussi de dortoir. La LPO rappelle d’ailleurs que certaines espèces peuvent s’y abriter en hiver, ce qui explique pourquoi il faut vérifier avant toute intervention.
Comment faire, sans produits agressifs, et sans transformer ça en chantier
Avant d’agir, l’observation compte plus que la précipitation. Sur deux ou trois jours, repérez si un oiseau entre et sort régulièrement, ou s’il y a une présence “installée”. En l’absence de mouvement, on peut intervenir, mais calmement. Gants aux mains, le principe est d’enlever tout l’ancien matériau, puis de brosser l’intérieur. La LPO AuRA recommande une brosse à poils raides et un nettoyage à l’eau bouillante, avec un séchage complet ensuite.
Un geste fait souvent la différence : le séchage. Laisser le nichoir ouvert et bien sec avant de le refermer limite le retour rapide des moisissures, et évite de réinstaller un “microclimat” humide, très apprécié par certains parasites. Pendant que le nichoir est décroché, autant contrôler l’essentiel. La toiture fuit-elle, les fixations tiennent-elles, une planche est-elle fendue ? Là encore, les conseils de la LPO insistent sur l’entretien global, pas seulement sur le fait de “vider un nid”.
Et si le nichoir est occupé en ce moment ?
Dans ce cas, on ne force pas. Si un animal y passe l’hiver — oiseau, insecte, petit mammifère — on évite de le déloger. Plusieurs organismes rappellent qu’un nichoir peut servir d’abri nocturne quand il gèle, ce qui explique pourquoi il faut toujours vérifier avant de manipuler les rouge-gorges ou autres occupants potentiels.
À lire aussi
Mieux vaut alors reporter le vrai nettoyage à l’automne suivant, quand tout est terminé. C’est frustrant, mais c’est cohérent : l’objectif est d’aider, pas de perturber. En revanche, rien n’empêche une vérification visuelle à distance. On peut aussi noter la date et se faire un rappel pour ne pas rater la bonne période l’année prochaine.
Le détail que beaucoup oublient : le nichoir propre ne suffit pas si l’environnement ne suit pas
Même parfaitement entretenu, un nichoir perd de l’intérêt si le jardin autour est trop “nu”. Une haie, un massif, un coin un peu sauvage : ces zones offrent des cachettes et des ressources, et elles réduisent l’exposition directe aux prédateurs. C’est l’endroit idéal pour voir un rouge-gorge s’installer durablement.
La question du placement compte aussi. Hauteur, orientation, stabilité… La LPO donne des repères simples (et rappelle au passage que l’installation se pense tôt, parfois dès novembre). Au final, le bon scénario est assez clair. Un nichoir propre, sec, solide, repéré tôt, dans un jardin un minimum accueillant : c’est souvent ce qui augmente vos chances de voir une nichée au printemps, sans avoir à “en faire trop”.
Un geste discret, mais décisif pour les oisillons
On associe spontanément l’aide aux oiseaux à la nourriture. Pourtant, à la charnière entre hiver et printemps, nettoyer les nichoirs est l’un des gestes les plus utiles, parce qu’il touche directement la santé et la sécurité des futures nichées. Fin février, la période est courte, mais elle existe. Si vous avez des nichoirs au jardin, un simple entretien bien fait peut suffire à faire la différence au moment où les couples cherchent un endroit fiable.
Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.