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Nourrir les oiseaux en hiver : graines, boules, fruits… les erreurs à éviter absolument

Publié par Killian Ravon le 01 Fév 2026 à 15:00

L’hiver serre la vis. Le jardin se tait. Et, soudain, un rouge-gorge apparaît près de la fenêtre. Alors on sort la mangeoire. On accroche une boule. On se dit qu’on fait “le bon geste”. Sauf que l’hiver ne pardonne pas les bonnes intentions mal calibrées pour les oiseaux.

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Nourrir les oiseaux en hiver : mangeoire en bois sous la neige avec rouge-gorge et mésanges
Sous la neige, un rouge-gorge, une mésange bleue, une mésange charbonnière et un moineau se nourrissent à une mangeoire garnie de graines.

Le nourrissage peut sauver. Mais il peut aussi piéger. Silencieusement. Et parfois, très vite. Ce qui compte, ce n’est pas “donner à manger”. C’est donner au bon moment, au bon endroit, et avec les bons aliments.

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Une mangeoire couverte de neige attire plusieurs espèces en plein froid. Crédit : U.S. Fish and Wildlife Service – Midwest Region.
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L’hiver, ce n’est pas le froid qui tue le plus. C’est la faim

On l’imagine mal, mais beaucoup d’oiseaux supportent mieux le froid que le manque de ressources. Quand les sols durcissent, quand les insectes disparaissent, l’accès à la nourriture se complique. Résultat : ils dépensent beaucoup d’énergie pour chercher… et ils récupèrent peu.

Chaque aller-retour coûte cher. Chaque journée devient une course. C’est là que le jardin peut devenir un refuge. Selon la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle, aider ponctuellement en période de froid est utile. Mais à condition de respecter des règles strictes, surtout sur l’hygiène et la qualité des apports. Et c’est ici que beaucoup se trompent, sans le savoir.

Des graines riches en lipides, souvent recommandées en nourrissage hivernal. Crédit : (Auteur indiqué sur la page Wikimedia “Sunflower seeds – white. img 13”).
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Le besoin n°1 en hiver : du gras, mais pas n’importe comment

En hiver, les oiseaux cherchent surtout une énergie dense. Donc des aliments riches en lipides. Pas des “calories vides”. Les graines de tournesol (souvent conseillées en version noire, plus grasse) restent une base simple.

On peut aussi miser sur des cacahuètes non salées et non grillées, du maïs concassé, du millet pour les becs plus fins, et quelques fruits de saison. Et il y a un détail que beaucoup oublient : l’eau. Quand tout gèle, boire et entretenir le plumage devient un vrai défi. Un récipient peu profond, propre, renouvelé souvent, change tout.

Une mésange se nourrit sur une mangeoire, typique des jardins en période froide. Crédit : Mirus255.
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Mangeoire : l’emplacement décide de tout

Une mangeoire, ce n’est pas qu’un “bar à graines”. C’est un point de rassemblement. Donc un point de risques. Placez-la en hauteur, hors de portée des chats. La présence de mésanges est un excellent indicateur de la sécurité de votre installation.

Gardez aussi un espace dégagé autour, pour éviter les attaques surprises. Et pensez aux vitres : un point de nourrissage trop proche d’une baie peut multiplier les collisions. L’autre piège, c’est de transformer la mangeoire en zone humide. La nourriture qui moisit devient un problème, pas une aide. Et plus vous concentrez d’oiseaux au même endroit, plus vous facilitez la circulation des maladies.

La LPO rappelle justement que le nourrissage peut favoriser certaines transmissions si l’entretien suit mal. Nettoyage régulier, petites quantités, rotation, tout compte.

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Pain, restes, riz : l’erreur “gentille” qui fait du mal

C’est le réflexe le plus fréquent. Et c’est l’un des pires. On laisse du pain. Un bout de gâteau. Du riz. Des restes de repas. Le souci, ce n’est pas “le geste”. C’est ce que ça apporte. Souvent trop salé, trop sucré, trop cuit. Et surtout, pas adapté à leurs besoins d’hiver.

Même quand l’oiseau mange, il ne “fait pas le plein”. Il remplit l’estomac sans résoudre l’urgence énergétique. Pire : certains aliments perturbent la digestion. Les fruits, eux, peuvent aider. Une pomme, une poire, quelques noix, en appoint, peuvent convenir à certaines espèces. Mais là encore, proprement. Et sans transformer le sol en buffet permanent.

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Une mangeoire enneigée illustre la difficulté d’accès à la nourriture en hiver. Crédit : Edward Stojakovic.

Boules de graisse : le vrai problème n’est pas celui que vous croyez

On entend souvent : “les boules de graisse, c’est parfait”. Et on entend aussi l’inverse : “c’est à bannir”. La réalité est plus gênante. Le sujet, ce n’est pas “la graisse”. C’est le produit industriel. Parfois, une méthode alternative de préparation maison est préférable.

Selon des antennes locales de la LPO, certaines boules du commerce posent deux soucis. D’abord, la composition reste parfois floue. On peut y trouver des ingrédients peu souhaitables, comme de l’huile de palme. Ensuite, l’emballage en filet plastique devient un danger direct.

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Les filets peuvent piéger des pattes. Ou finir ingérés, morceau par morceau. C’est pour ça que la LPO conseille de préférer des supports adaptés, sans filet, plutôt que l’accrochage “vite fait” dans un plastique. Vous voulez du gras ? D’accord. Mais proprement. Un pain de graisse placé dans un support rigide, sans plastique, limite déjà beaucoup le risque. Et si vous faites maison, vous contrôlez ce que vous mettez. Et là, on arrive à la question que personne ne veut entendre.

Un pinson du Nord observé dans des conditions hivernales. Crédit : Jef132.

La pire erreur : continuer quand l’hiver est fini

C’est souvent là que tout bascule. Parce qu’au moment où vous voyez “plus d’oiseaux”, vous pensez “ça marche”. Sauf qu’au printemps, les besoins changent. Brutalement. Un mauvais geste peut alors impacter la survie des oisillons.

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Les adultes nourrissent des oisillons. Et les petits n’ont pas besoin du même menu. Ils ont besoin de protéines. Donc d’insectes, de larves, de petites proies. Pas d’un régime centré sur des graines grasses. La LPO conseille de nourrir uniquement pendant les périodes de froid prolongé, en général de la mi-novembre à fin mars. Et elle déconseille le nourrissage en période de reproduction.

Pas pour vous culpabiliser. Pour éviter les effets pervers : dépendance, promiscuité, maladies, et perturbations dans la réussite des nichées. Le bon geste, ce n’est pas d’arrêter “d’un coup” au mauvais moment. C’est de réduire progressivement dès que les températures remontent, puis de stopper. Et surtout, de remplacer l’aide “alimentaire” par une aide “habitat”. Haies, baies, coins plus sauvages, zones refuges. Un jardin vivant nourrit mieux qu’une mangeoire éternelle.

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Et si vous voulez faire encore plus utile : comptez-les

Chaque hiver, un rendez-vous transforme ce petit geste en outil scientifique. Les 24 et 25 janvier 2026, la LPO et le Muséum invitent le public à participer au comptage national des oiseaux des jardins. Apprendre à utiliser une mangeoire pour observer sans perturber est alors essentiel.

Le principe reste simple : vous observez pendant une heure, chez vous ou dans un parc. Vous notez, espèce par espèce, le nombre maximal d’individus vus en même temps. Puis vous transmettez sur la plateforme dédiée. Ce n’est pas un jeu. C’est une photo nationale. Et cette photo aide à suivre les tendances, année après année.

En clair : nourrir, oui. Mais nourrir juste. Et surtout, ne pas confondre “aider” et “installer une dépendance”.

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