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Dans les comptes de Sébastien, agent immobilier à Bordeaux à 3 050 € nets par mois

Publié par Mathieu le 15 Avr 2026 à 19:02

Sébastien, 38 ans, est agent immobilier dans une agence indépendante à Bordeaux. Avec ses commissions et son fixe, il touche en moyenne 3 050 € nets par mois. Marié, un enfant de 4 ans, propriétaire depuis trois ans. Voici comment il répartit chaque euro — et pourquoi, malgré un salaire au-dessus de la médiane, il se sent parfois à l’étroit.

Agent immobilier bordelais devant un immeuble moderne

Des revenus en dents de scie, mais une moyenne qui tient

Le salaire d’un agent immobilier, c’est rarement une ligne fixe sur un bulletin de paie. Sébastien touche un fixe de 1 500 € nets auquel s’ajoutent des commissions variables. Bonne année : il peut grimper à 4 500 € sur un mois record. Mois creux en hiver : il redescend à 2 200 €. La moyenne lissée sur 12 mois s’établit à 3 050 €.

Son épouse travaille à mi-temps comme assistante RH et perçoit 1 100 € nets. Le foyer tourne donc sur environ 4 150 € combinés, mais les deux budgets sont gérés séparément : chacun contribue aux charges communes, et Sébastien assume la majorité du crédit immobilier. C’est cet équilibre fragile qui donne sa texture particulière à son budget.

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Pas d’allocations familiales : avec leurs revenus cumulés, le foyer dépasse le plafond. « On est dans le ventre mou, trop pour les aides, pas assez pour être à l’aise », résume-t-il. Un classique de la classe moyenne française en 2025.

Les charges fixes : là où tout se joue vraiment

Sébastien et sa femme ont acheté un appartement de 87 m² en périphérie de Bordeaux en 2022, avant que les taux remontent. Leur crédit immobilier coûte 1 080 € par mois, charges de copropriété incluses (110 €). C’est le poste qui mange le plus, sans surprise.

Couple examinant des documents de crédit immobilier

Viennent ensuite les assurances : assurance habitation 32 €, mutuelle familiale 145 € (prise en charge partielle par l’employeur de son épouse, mais pas par la sienne — il est salarié d’une agence sans avantages sociaux étendus). La voiture est un poste lourd : il en a besoin pour ses visites, et rembourse un crédit auto à 280 €/mois pour une Peugeot 308 de deux ans.

Côté abonnements fixes : forfait mobile 22 €, box internet 35 €, Netflix + Spotify 23 €. Il avait Disney+ mais l’a coupé il y a six mois. La crèche de son fils représente 480 €/mois après déduction du crédit d’impôt lissé. Total des charges fixes : 2 097 €.

Il ne lui reste donc que 953 € pour tout le reste — les courses, l’essence, les sorties, et l’épargne. C’est là que ça se complique.

Les dépenses variables : le vrai révélateur d’un budget

Les courses alimentaires pour trois personnes tournent à 450 € par mois. Sébastien fait ses achats principalement en grande surface, essaie de limiter le gaspillage mais concède que les habitudes ont changé : « Avant je regardais pas trop. Depuis deux ans, je compare les prix, je regarde les promos. » Il a même intégré quelques créneaux horaires pour optimiser ses achats.

Homme chargeant des courses dans sa voiture

L’essence représente un poste significatif : entre ses déplacements professionnels et les trajets du quotidien, il dépense 180 € par mois en carburant. Son agence rembourse partiellement les km pros, mais pas systématiquement. Le resto et les sorties : environ 120 €, en baisse nette depuis la naissance de leur fils. Ils sortent peu, privilégient les apéros chez des amis.

Le shopping vêtements et divers : il se fixe un budget mental de 60 €, rarement respecté. En réalité, la moyenne sur l’année dépasse les 90 €. Les loisirs et vacances sont lissés à 80 €/mois, soit environ 960 € sur l’année — une semaine en location en Bretagne, quelques week-ends. Total des variables : 920 €.

Le compte est presque bouclé — mais l’épargne, elle, n’a pas encore trouvé sa place.

L’épargne : l’angle mort du budget

Après charges fixes et dépenses variables, il reste théoriquement 33 € à Sébastien en fin de mois sur son seul salaire. En pratique, les mois sans imprévu, il met de côté entre 100 et 150 € — sur les mois où ses commissions dépassent la moyenne. Sur les mois creux, il pioche dans une petite réserve constituée en 2023.

Son Livret A est à 3 200 € — loin du plafond. Il n’a pas de PEA, pas d’assurance-vie. « Je sais que je devrais investir, mais entre le crédit et la crèche, le mois est plié avant d’avoir commencé. » La bonne nouvelle : dans 18 mois, la crèche laisse place à l’école maternelle gratuite — ce qui libérera 480 € par mois d’un coup.

Homme seul révisant son budget sur ordinateur la nuit

Son seul placement actif : 50 €/mois versés sur un livret épargne logement ouvert pour son fils. Pas grand-chose, mais une habitude qu’il tient depuis la naissance. Sur le plan fiscal, le foyer paie environ 2 400 € d’impôt sur le revenu par an, soit 200 €/mois lissés — déjà intégrés dans les charges fixes présentées plus haut via la mensualisation.

Pour mieux visualiser les postes budgétaires qui grèvent un budget sans qu’on s’en rende compte, le constat de Sébastien est édifiant : ses dépenses contraintes absorbent 68 % de son revenu net avant même qu’il ouvre son frigo.

Le bilan : un confort réel, mais une marge étroite

Sur le papier, 3 050 € nets, c’est au-dessus du salaire médian français qui tourne autour de 2 000 € nets en 2025. Sébastien gagne mieux que la moitié des Français. Mais à Bordeaux, avec un crédit immobilier, une voiture indispensable et un enfant en bas âge, la sensation d’aisance s’évapore vite.

Comparaison utile : Thomas, policier à Bordeaux à 2 480 €, s’en sort avec moins mais bénéficie d’avantages sociaux (logement de fonction possible, mutuelle prise en charge) qui changent vraiment l’équation. À l’autre bout du spectre, Sofia, pharmacienne à Lille à 3 100 €, affiche un revenu similaire mais des charges fixes nettement plus légères sans crédit auto.

Le tournant arrive dans 18 mois pour Sébastien : fin de la crèche, fin du crédit auto à horizon 4 ans. « Là, je pourrai enfin épargner sérieusement », dit-il, avec le ton de quelqu’un qui a appris à attendre le bon moment. En attendant, chaque commission devient une bouffée d’air dans un budget millimétré.

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