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Dans les comptes d’Inès, architecte à Lyon à 3 400 € nets par mois

Publié par Mathieu le 07 Avr 2026 à 19:03

Inès, 34 ans, architecte salariée dans une agence lyonnaise spécialisée en réhabilitation, touche 3 400 € nets par mois. Elle vit seule dans le 3e arrondissement de Lyon, rembourse un crédit immobilier depuis deux ans et commence tout juste à construire une vraie épargne. Voici comment elle répartit chaque euro.

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Dans les comptes d'Inès, architecte à Lyon à 3 400 € nets par mois

Ses revenus : un salaire de cadre, sans les bonus fantasmés

Contrairement à l’image d’Épinal de l’architecte star qui signe des bâtiments à plusieurs millions, Inès travaille dans une structure à taille humaine. Son salaire net mensuel s’établit à 3 400 €, auquel s’ajoute une prime annuelle de fin d’année d’environ 1 200 €, soit environ 100 € supplémentaires par mois si on la lisse sur l’année.

Elle ne fait pas de missions en freelance : « J’ai essayé quelques concours le week-end, mais ça prenait un temps fou pour des résultats aléatoires. Aujourd’hui je préfère souffler. » Son revenu mensuel total à prendre en compte est donc de 3 500 €, prime lissée incluse. Elle est non imposable sur la base mensuelle grâce au taux de prélèvement à la source, mais réglera un solde d’environ 1 800 € à l’été en raison de la prime. Pour éviter les mauvaises surprises fiscales, elle a demandé un ajustement de son taux.

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Les dépenses fixes : le crédit immobilier pèse lourd

Inès a acheté un 45 m² en 2023 dans le 3e arrondissement de Lyon pour 215 000 €. Son crédit immobilier lui coûte 980 € par mois, sur 25 ans à 3,6 %. C’est le poste dominant de son budget, loin devant tout le reste.

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Voici le détail de ses charges fixes :

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  • Crédit immobilier (capital + intérêts) : 980 €
  • Charges de copropriété : 85 €
  • Taxe foncière (lissée mensuellement) : 65 €
  • Assurance habitation : 22 €
  • Assurance emprunteur : 18 €
  • Mutuelle santé (part salariale) : 42 €
  • Électricité + internet : 68 € (offre groupée)
  • Forfait mobile : 19 €
  • Abonnements streaming (Netflix + Spotify) : 22 €
  • Abonnement TCL (transports en commun Lyon) : 67 €

Total dépenses fixes : 1 388 €

Le crédit représente à lui seul 28 % de son revenu net. C’est dans la norme basse des recommandations bancaires, mais ça laisse peu de marge pour les coups durs. Elle n’a pas de voiture, un choix qu’elle assume pleinement dans une ville où les transports en commun restent abordables. Pour les déplacements professionnels sur chantier, elle utilise les vélos en libre-service ou se fait rembourser les frais kilométriques.

Les dépenses variables : une vraie vie sociale, maîtrisée

Inès ne se prive pas, mais elle a appris à arbitrer. « Quand j’ai pris l’appartement, j’ai réalisé que je ne pouvais plus sortir comme avant sans réfléchir. Maintenant je note tout. »

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Ses dépenses variables au mois :

  • Courses alimentaires (supermarché + marché) : 280 €
  • Restaurants et sorties (bars, concerts, ciné) : 180 €
  • Café / déjeuners au travail : 90 €
  • Shopping vêtements et accessoires : 80 € (budget mensuel lissé)
  • Soins (coiffeur, cosmétiques, sport) : 70 €
  • Cadeaux et dépenses sociales : 40 €
  • Vacances (budget lissé, environ 1 200 € par an) : 100 €
  • Livres, matériel, abonnements pro : 30 €

Total dépenses variables : 870 €

Le poste restauration peut paraître élevé pour une personne seule. Mais Inès travaille dans un secteur créatif où les déjeuners et dîners professionnels font partie du jeu. « Un client, un chantier visité, et je me retrouve à payer un verre. C’est difficile à éviter. » Elle n’est pas remboursée pour ces frais par son agence en dehors des notes de frais officielles. Pour optimiser ses courses alimentaires, elle fait ses achats en début de semaine et prépare plusieurs repas d’avance le dimanche.

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Épargne et bilan : 240 € mis de côté, un projet qui prend forme

Après dépenses fixes (1 388 €) et variables (870 €), il reste à Inès 1 242 € de marge théorique. Dans les faits, elle en épargne une partie et conserve le reste en trésorerie pour faire face aux imprévus.

Sa stratégie d’épargne :

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  • Livret A (virement automatique le 1er du mois) : 200 €
  • PEA (versement mensuel depuis 8 mois) : 150 €
  • Assurance-vie ouverte en 2022, cotisation suspendue depuis l’achat : 0 € actuellement

Soit un effort d’épargne de 350 € par mois, ce qui représente environ 10 % de son revenu net. C’est un taux raisonnable, mais bien en dessous des 15 à 20 % recommandés. Elle le sait. « Je devrais mettre plus, mais avec le crédit et les charges, c’est compliqué de trouver le bon équilibre. Je préfère avoir une poche liquide disponible plutôt que tout bloquer. »

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Son Livret A affiche aujourd’hui 4 800 € — soit environ 5 mois de dépenses fixes en cas de coup dur. Son PEA, ouvert il y a 8 mois, totalise 1 350 €. Pas de crédit à la consommation, pas de découvert chronique. Sur ce plan, Inès est dans une situation saine.

Il lui reste en pratique environ 850 à 900 € par mois en compte courant après épargne, qui servent à absorber les mois plus chargés : la taxe foncière en automne, les vacances d’été, une réparation imprévue. « Décembre est toujours catastrophique avec les cadeaux et les sorties. Je puise dans ma trésorerie et je reconstruis en janvier. »

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Son projet à moyen terme : reprendre les versements sur son assurance-vie d’ici la fin de l’année, et atteindre 500 € d’épargne mensuelle totale d’ici ses 36 ans. Elle réfléchit aussi à investir dans un parking à Lyon pour générer un petit complément de revenus passifs — un projet qu’elle évalue autour de 15 000 à 20 000 €.

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Ce que ça dit de son rapport à l’argent

« Je gagne bien ma vie comparée à beaucoup de gens autour de moi, mais à Lyon, avec un crédit, ça part vite. Je ne me sens pas riche, je me sens juste… stable. »

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Pour contextualiser : le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets par mois selon l’INSEE. Inès gagne 62 % de plus que ce médian. Pourtant, son budget reste contraint par un crédit immobilier ambitieux et un coût de la vie urbain qui ne pardonne pas. Comme Thomas, policier à Bordeaux, ou Lucie, infirmière en CHU, elle illustre ce paradoxe français : gagner au-dessus de la moyenne ne garantit pas de se sentir à l’aise. C’est souvent le logement qui décide de tout.

Si vous voulez comprendre à partir de quel revenu on entre dans d’autres catégories, la définition de la classe moyenne en 2025 est plus nuancée qu’il n’y paraît. Et pour ceux qui s’interrogent sur ce qui reste vraiment après impôts et charges, ces postes invisibles qui grignotent plus de 1 000 € par mois méritent un coup d’œil attentif.

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