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Dans les comptes de Delphine, assistante de direction à Clermont-Ferrand à 2 390 € nets par mois

Publié par Mathieu le 06 Mai 2026 à 19:01

Delphine, 41 ans, assistante de direction dans un cabinet d’expertise comptable à Clermont-Ferrand, touche 2 390 € nets par mois. Mère de deux enfants (8 et 11 ans), séparée depuis trois ans, elle gère seule un budget de famille. Voici comment elle répartit chaque euro.

Assistante de direction femme bureau budget mensuel

Ce qu’elle gagne vraiment chaque mois

Le salaire fixe de Delphine s’élève à 2 390 € nets. Ce niveau correspond à une assistante de direction avec dix ans d’ancienneté dans une PME de province — ni le bas de la grille, ni le haut. À titre de comparaison, le salaire médian en France tourne autour de 2 100 € nets, ce qui place Delphine légèrement au-dessus de la moyenne.

À cela s’ajoutent 180 € de pension alimentaire versée par son ex-conjoint, et 90 € d’allocations familiales (elle ne bénéficie pas de l’APL, elle est propriétaire via un crédit). Total des revenus mensuels : 2 660 €. C’est sur cette somme qu’elle organise tout.

Les charges fixes : le bloc le plus lourd

Delphine est propriétaire d’un T4 de 85 m² dans le quartier des Carmes, acheté en 2018 avec son ex-mari. Depuis le divorce, elle a racheté sa part. Son crédit immobilier lui coûte 760 € par mois, remboursable jusqu’en 2038. C’est le poste numéro un, de loin.

Mains qui calculent le budget sur papier

Viennent ensuite les charges de copropriété : 95 €. L’assurance habitation : 28 €. La mutuelle famille (elle et ses deux enfants) : 112 € — un poste qu’elle a renégocié l’an dernier après avoir vu les hausses de cotisations annoncées pour les ménages. L’abonnement internet + téléphone fixe : 35 €. Son forfait mobile : 18 €.

Pour les transports, Delphine utilise sa voiture — indispensable avec les enfants. Son crédit auto (une Clio achetée en 2022) lui prend 180 €. L’assurance auto : 72 €. L’abonnement streaming (Netflix + Spotify) : 22 €. La cantine scolaire des deux enfants : 90 €. Et les activités périscolaires (gym pour l’une, foot pour l’autre) : 65 €.

Total des charges fixes : 1 477 €. Soit 55 % de ses revenus engloutis avant même d’avoir fait un seul course. Il reste 1 183 € pour tout le reste.

Les dépenses variables : là où tout se joue

Les courses alimentaires représentent le poste variable le plus important. Delphine fait ses courses essentiellement à Leclerc et Lidl, avec un passage hebdomadaire au marché pour les fruits. Résultat : 420 € par mois pour trois personnes. « Je ne fais pas de sacrifice sur la qualité des repas, mais je ne prends plus de marques nationales pour les produits du quotidien », dit-elle.

Mère avec enfants courses supermarché budget familial

Le carburant lui coûte 110 € par mois — entre le trajet domicile-travail (12 km aller-retour) et les allers-retours école. Un poste qui a gonflé depuis deux ans, et qu’elle surveille de près. Elle a d’ailleurs regardé de près l’aide carburant de 50 € récemment mise en place, mais ses revenus la situent juste au-dessus du plafond d’éligibilité.

Les sorties et loisirs : 80 € par mois en moyenne lissée — quelques restos pizza avec les enfants, un ciné de temps en temps. Le shopping vêtements (enfants inclus) : 70 € par mois lissé sur l’année. Les frais de santé non remboursés (dentiste, ophtalmo) : 40 € en moyenne mensuelle. Les vacances : elle prévoit deux semaines par an en gîte en Ardèche, soit environ 1 200 € au total — ce qui représente 100 € par mois en provisionnant.

Total des dépenses variables : 820 €. Ce qui laisse, en théorie, 363 € disponibles chaque mois.

L’épargne : une discipline chèrement acquise

Sur ces 363 €, Delphine vire 150 € sur son Livret A dès le 1er du mois — elle a mis en place un virement automatique il y a deux ans. « Si je ne le fais pas au départ, l’argent disparaît sans que je sache où. » Son Livret A affiche aujourd’hui un solde de 4 200 €, essentiellement constitué depuis le divorce.

Elle place également 50 € par mois sur un contrat d’assurance-vie ouvert en 2020, en fonds euros. Pas de prise de risque, pas de bourse. « Je ne comprends pas assez ces produits pour y mettre plus », admet-elle. Elle reconnaît avoir entendu parler des réformes envisagées sur l’épargne des Français et ça l’inquiète un peu.

Femme seule vérifie ses économies la nuit

Le solde restant après épargne — environ 163 € — part chaque mois dans les imprévus : réparation de voiture, achat scolaire exceptionnel, médicaments. « C’est le mois où rien ne casse que je mets de côté en plus. Ça arrive deux fois par an. » Elle n’a aucun découvert bancaire, mais aucune réserve de trésorerie confortable non plus. Un remplacement de chauffe-eau ou une panne moteur effacerait immédiatement plusieurs mois d’épargne.

Elle ne cotise à aucun PEL, ne dispose pas d’épargne salariale (son employeur est une petite structure sans accord d’intéressement), et n’a pas de patrimoine autre que son appartement. Sur ce point, elle est loin du profil de Pauline, infirmière libérale à Montpellier, qui dégage plus de 700 € d’épargne nette chaque mois.

Le bilan : à l’euro près, chaque mois

Voici le récapitulatif complet du budget de Delphine :

REVENUS : Salaire net 2 390 € + pension alimentaire 180 € + allocations 90 € = 2 660 €

CHARGES FIXES : Crédit immo 760 € + charges copro 95 € + assurance habitation 28 € + mutuelle 112 € + internet/fixe 35 € + mobile 18 € + crédit auto 180 € + assurance auto 72 € + streaming 22 € + cantine 90 € + activités enfants 65 € = 1 477 €

DÉPENSES VARIABLES : Courses 420 € + carburant 110 € + sorties/loisirs 80 € + shopping 70 € + santé 40 € + vacances (lissé) 100 € = 820 €

ÉPARGNE : Livret A 150 € + assurance-vie 50 € = 200 €

RESTE : environ 163 € d’imprévus/marge

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec deux enfants à charge et le crédit, je fais ce que je peux. Ce qui compte pour moi, c’est de ne jamais être dans le rouge. » Delphine gagne 290 € de plus que le salaire médian français, mais ses charges de propriétaire et de parent solo l’exposent à une marge de manœuvre bien plus réduite que ce que ce chiffre laisse imaginer. Un budget tendu, sans filet — mais tenu, mois après mois, avec une rigueur qui force le respect.

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