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Dans les comptes de Mélissa, préparatrice en pharmacie à Poitiers à 1 780 € nets par mois

Publié par Mathieu le 20 Mai 2026 à 19:02

Mélissa a 31 ans, elle est préparatrice en pharmacie dans une officine de centre-ville à Poitiers, et elle gagne 1 780 € nets par mois. Célibataire, locataire d’un T2, elle vit seule avec son chat. Voici comment elle répartit chaque euro — et pourquoi certains postes de son budget pourraient bien te surprendre.

Ce qui tombe sur son compte chaque mois

Le salaire de base de Mélissa s’élève à 1 680 € nets. Elle est échelon 5 de la convention collective de la pharmacie d’officine, après huit ans d’ancienneté. À ce fixe s’ajoutent environ 60 € nets mensuels de prime d’ancienneté, versés automatiquement sur sa fiche de paie. « C’est pas énorme, mais c’est régulier, au moins je sais exactement ce que je touche », précise-t-elle.

Préparatrice en pharmacie derrière son comptoir à Poitiers

Mélissa complète ses revenus avec un petit bonus inattendu : elle revend des vêtements sur Vinted et réalise en moyenne 40 € par mois. Rien de fou, mais ça couvre ses dépenses plaisir. Total mensuel qui arrive sur son compte : 1 780 €. Pas d’APL — son salaire dépasse le plafond pour une personne seule à Poitiers — et pas de prime de Noël non plus. Ce montant, c’est tout ce qu’elle a pour boucler ses quatre semaines. Reste à voir où filent ces 1 780 €, poste par poste.

Le mur des dépenses fixes : 1 095 € déjà fléchés

Le loyer absorbe la plus grosse part. Pour son T2 de 42 m² dans le quartier de la Gibauderie, Mélissa débourse 530 € charges comprises. Poitiers reste une ville abordable comparée à d’autres — une aide-soignante à Rouen paie davantage pour moins de surface. Mais 530 €, ça représente tout de même 30 % de ses revenus nets.

L’assurance habitation lui coûte 18 € par mois. Sa mutuelle santé, obligatoire mais partiellement prise en charge par l’officine, revient à 32 € de reste à charge mensuel. Côté transports, Mélissa se déplace en voiture — une Renault Clio de 2017 achetée d’occasion. L’assurance auto pèse 52 € par mois, et elle provisionne 80 € d’essence. La pharmacie se situe à quinze minutes de chez elle, mais les trajets s’accumulent avec les courses et les visites chez sa mère à Châtellerault, à 35 km.

Budget mensuel détaillé sur une table avec euros et calculatrice

Les abonnements numériques forment un poste que Mélissa surveille de près. Forfait mobile : 12 € (B&You). Box internet : 25 €. Netflix : 13,49 €. Spotify : 10,99 €. Total abonnements : 61,48 €, arrondis à 62 €. « J’ai viré Disney+ l’an dernier, je regardais plus rien dessus. Chaque euro compte. »

Reste l’impôt sur le revenu. Avec 21 360 € de revenus annuels déclarés, Mélissa est prélevée à la source pour 48 € par mois. Elle a aussi un crédit conso en cours — 3 000 € empruntés pour changer ses pneus, payer le contrôle technique et remplacer son lave-linge la même année. Mensualité : 85 €, encore quatorze mois à tirer. Et pour son chat, l’assurance animale représente 27 € mensuels. Elle y tient : « Un seul passage chez le véto sans assurance, et c’est 300 € d’un coup. »

Au total, les dépenses contraintes de Mélissa atteignent 1 035 €. Il lui reste donc 745 € pour manger, vivre et — si possible — mettre quelque chose de côté. Mais entre les courses et les petits plaisirs, la marge fond vite.

Courses, sorties et les dépenses qu’on ne voit pas venir

Le budget alimentaire de Mélissa tourne autour de 280 € par mois. Elle fait ses courses principalement chez Leclerc, avec un passage hebdomadaire d’environ 55 €. Le reste part en achats d’appoint au Carrefour City près de la pharmacie — « le piège du dépannage », comme elle dit. Un sandwich par-ci, un paquet de gâteaux par-là.

Côté sorties, Mélissa s’accorde un restaurant ou un bar avec des amis deux à trois fois par mois. Budget : 70 €. Elle privilégie les happy hours et les formules du midi le week-end. Le cinéma, une fois par mois environ, ajoute 12 € — un poste modeste comparé au vrai coût d’un ticket de cinéma dans les grandes villes.

Le shopping représente environ 50 € mensuels, lissés sur l’année. Mélissa achète peu de vêtements neufs — Vinted fonctionne dans les deux sens. En revanche, elle dépense en soins : 35 € par mois en produits de beauté et cosmétiques. « Je travaille dans la santé, je vois défiler des crèmes à longueur de journée. Forcément, ça donne des idées. »

Le budget vétérinaire courant pour son chat (croquettes premium, litière, jouets) lui coûte 45 € mensuels — un poste que beaucoup sous-estiment, comme le montrent les chiffres du budget animal en France. Enfin, elle provisionne 30 € par mois pour les vacances, soit 360 € annuels. De quoi se payer une semaine chez une amie en Bretagne l’été, pas beaucoup plus.

Total des dépenses variables : 522 €. Additionnées aux charges fixes, on arrive à 1 557 € de sorties mensuelles. Sur 1 780 € de revenus, il reste donc 223 €. Un matelas fin, mais pas inexistant — à condition qu’aucun imprévu ne vienne le trouer.

223 € de marge : épargne ou survie ?

Mélissa verse 100 € par mois sur son Livret A, par virement automatique le 2 de chaque mois. « Si je ne l’automatise pas, je ne le fais jamais. » Son Livret A affiche aujourd’hui 4 200 € — un filet de sécurité modeste, mais elle y tient comme à une bouée. Elle sait que le Livret A évolue régulièrement, et surveille les annonces.

Les 123 € restants constituent sa zone tampon. Certains mois, tout part : une facture de garagiste, un cadeau d’anniversaire, le renouvellement de la carte grise. D’autres mois, plus calmes, elle arrive à glisser 50 ou 60 € supplémentaires sur le Livret A. « En moyenne, je dirais que j’épargne vraiment 120 à 130 € par mois. C’est pas l’Eldorado. »

Son projet à moyen terme : solder le crédit conso dans quatorze mois, ce qui libérera 85 € mensuels. Elle envisage ensuite d’ouvrir une assurance-vie pour commencer à préparer un éventuel apport immobilier. Mais à Poitiers, même avec des prix raisonnables, un T2 en centre-ville tourne autour de 100 000 à 120 000 €. Il lui faudrait au minimum 12 000 € d’apport. Au rythme actuel, c’est plusieurs années de patience.

Pas de PEL, pas de placements boursiers, pas de crypto. « Je sais que je devrais diversifier, mais avec 1 780 € par mois, la priorité c’est de ne pas finir à découvert. » Son dernier découvert remonte à novembre 2024 — une panne de voiture à 380 € qui a fait basculer le mois.

Le bilan : chaque euro a une adresse

Récapitulatif du budget mensuel de Mélissa :

Revenus : 1 780 €
Dépenses fixes : 1 035 € (loyer 530 €, auto 132 €, crédit 85 €, abonnements 62 €, mutuelle 32 €, impôt 48 €, assurances 45 €, chat assurance 27 €, habitation 18 €, téléphone/internet inclus dans abonnements)
Dépenses variables : 522 € (courses 280 €, sorties 82 €, shopping 50 €, beauté 35 €, chat courant 45 €, vacances 30 €)
Épargne : 100 € (Livret A)
Reste réel : 123 €

Pour contexte, le salaire médian en France se situe autour de 2 100 € nets mensuels. Avec ses 1 780 €, Mélissa se place en dessous. Parmi les postes qui grignotent le budget des Français, le logement et l’automobile restent les deux ogres — et dans son cas, ils avalent 38 % de ses revenus à eux seuls.

« Je ne me plains pas, il y a pire. Mais quand je vois des gens parler d’épargner 500 € par mois, j’ai envie de rire. Moi, si j’arrive à 150 €, c’est un bon mois. » Une phrase qui résonne sans doute chez beaucoup de Français qui, comme cette secrétaire médicale à Reims ou ce technicien à Saint-Étienne, font tourner leur quotidien sans filet — mais sans dettes non plus.

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