Fin de l’argent liquide : le gouverneur de la Banque de France s’exprime
Face au nombre de distributeurs qui ne cesse de décroître, certains politiques exigent une suppression de l’espèce.
Voué à disparaître ? L’avenir de l’argent liquide semble compromis. D’une part parce que les distributeurs automatiques de billets se raréfient, de l’autre parce que les Français privilégient les paiements par carte ; le premier phénomène étant la conséquence du second. Mais alors que des outsiders appellent à la suppression pure et simple de l’argent liquide, les experts freinent des quatre fers.
Argent liquide : pourquoi est-il important de le conserver ?
À l’occasion d’une de ses nombreuses prises de parole, Gérald Darmanin a soumis l’idée suivante : supprimer l’espèce pour « mettre fin aux points de deal ». Une proposition largement saluée par ses soutiens inconditionnels, mais réduite à néant par François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.
S’il reconnaît une érosion de leur usage, ce dernier assure que « jamais » les billets et les pièces ne disparaîtront. « L’accès aux espèces est un droit central de nos concitoyens », martèle-t-il lors d’une audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
Bien que le gouverneur se montre catégorique, les débats sont légitimes. Rien que sur l’année 2024, 1 500 distributeurs ont disparu en France. Pire : en l’espace de six ans, près de 5 000 DAB ont disparu du paysage. Des chiffres vertigineux qui questionnent.
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Une lueur d’espoir
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et le recul des banques sur le terrain est « un point effectivement à surveiller », reconnaît François Villeroy de Galhau. Toutefois, il explique la fermeture des DAB de la manière suivante : les Français ne paient plus autant qu’avant en espèces. Dans le détail, la part de ces paiements en point de vente est passée, pour la première fois, derrière celle des paiements par carte bancaire – sur l’année 2024.
Si l’on reste dans les chiffres, la population a réalisé un peu plus de 1,1 milliard de retraits en 2024, soit 4,3 % de moins qu’en 2023 et 7,1 % de moins qu’en 2022.
Contre toute attente, le montant moyen de retrait au DAB est en hausse depuis quelques années. Ainsi, selon un bulletin de la Banque de France paru l’été dernier, il atteint 126 euros en 2024 contre 82 euros en 2014. Des données qui redonnent espoir et démontrent que l’espèce est loin d’être morte.