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Les retraités qui travaillent verront leurs revenus baisser à compter de 2027

Publié par Elodie GD le 18 Jan 2026 à 7:26

Sous le coup d’une nouvelle réforme, les cumuls emploi-retraite (CER) risquent de devenir moins avantageux pour une partie des bénéficiaires.

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Qu’est-ce que le CER qui l’objet d’une nouvelle réforme ?

Les retraités dans le viseur de l’exécutif. Si la mesure votée à la mi-décembre 2025 est passée inaperçue dans le budget de la Sécurité sociale, elle entraîne de gros changements en ce qui concerne les cumuls emploi-retraite (CER). Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit, le dispositif – qui concerne environ 600 000 personnes – permet aux retraités, quel que soit leur ancien statut professionnel, de réintégrer le monde du travail et ainsi de générer des revenus supplémentaires.

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Retraités actifs : quels changements à partir de 2027 ?

Une aubaine pour les moins bien lotis qui peuvent ainsi compléter leur pension de retraite avec quelques centaines voire milliers d’euros supplémentaires et ainsi subvenir à leurs besoins. S’il a été remanié à plusieurs reprises, il restait tout de même avantageux pour les retraités.

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Au fil du temps, la Cour des comptes a toutefois jugé le dispositif trop attractif et les situations de double rémunération excessives. Conséquence : les règles vont se durcir à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Une évolution qui s’appuiera sur l’âge des bénéficiaires et permettra à l’État d’économiser 1,9 milliard d’euros d’ici à 2030, dont 400 millions rien qu’en 2027.

« Plus de possibilité de cumuler intégralement les deux »

À l’heure actuelle, le CER comporte deux volets. Ainsi, il peut être « intégral », ce qui permet au retraité de faire valoir sa pension à taux plein (170 trimestres cotisés) et l’âge légal applicable à sa génération (62 ans et 9 mois, sauf longue carrière et cas particuliers). Dans ce cas uniquement, les nouveaux revenus s’ajoutent intégralement, sans plafond ni contraintes déclaratives, aux pensions de retraite.

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Dans le cas d’un départ à la retraite anticipé, les retraités qui travaillent peuvent s’inscrire dans un CER « limité », détaille encore RMC Conso. Si le cumul reste possible dans ce cas, il s’effectue dans la limite d’un plafond et ne permet pas de se créer des droits à la seconde pension.

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Quels seront alors les changements à compter de 2027 ? « D’abord, pour les personnes qui partent à la retraite avant 64 ans (en carrière longue ou inaptitude par exemple) et qui reprennent une activité, 100 % de leur revenu seront déduits de leur pension de retraite. Autrement dit, il n’y aura plus de possibilité de cumuler intégralement les deux« , explique RMC Conso.

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Et de poursuivre : « Entre 64 et 67 ans, le cumul emploi-retraite sera partiel, mais sous condition. La pension sera réduite de 50 % des revenus d’activité supérieurs à un seuil qui pourrait être fixé autour de 7 000 euros annuels, soit seulement 583 euros par mois. C’est-à-dire qu’en cas d’activité, le retraité perçoit sa pension mais seule la moitié des revenus d’activité supérieurs au seuil est cumulable avec la pension. »

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Les conséquences d’une telle réforme

De fait, cumuler emploi et retraite avant 67 ans deviendra peu avantageux. En revanche, après 67 ans – âge du taux plein automatique –, le CER deviendra intégral et permettra de constituer ses droits à une seconde pension dont le montant ne fera pas l’objet d’un plafonnement.

Notez que toutes les personnes qui prendront leur retraite avant le 31 décembre 2026 vont continuer à bénéficier des règles en vigueur actuellement.

Afin de limiter la casse, UFC-Que Choisir recommande un départ en retraite avant fin 2026. Toutefois il est difficile de recommander aux retraités de travailler jusqu’à leurs 67 ans, même si dans le cas intermédiaire il est préférable de voir ses revenus réduits que ne pas en percevoir du tout. En définitive, tout dépend du plafond annoncé : il suffira ensuite de faire le calcul.

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Une fois la mesure annoncée, les experts craignent l’émergence d’une problématique : des cas plus nombreux de travail au noir. RMC Conso évoque également une diminution des cotisations sociales, ce qui équivaut à une baisse de recettes fiscales pour l’État.