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Une banque prélève dix fois le même montant à ses clients : “on pense avoir tout perdu”

Publié par Killian Ravon le 09 Fév 2026 à 12:30

Un incident informatique chez BNP Paribas Fortis a provoqué des prélèvements multiples BNP Paribas Fortis sur des paiements récents rapporte La Dépêche.

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Client choqué à la caisse après des prélèvements multiples, solde bancaire négatif affiché sur son smartphone.
À la caisse, un paiement est refusé alors que le client découvre sur son téléphone un débit répété qui a fait basculer son compte dans le rouge.

Résultat : des comptes qui basculent dans le rouge en quelques secondes, des paiements refusés en magasin et une même question qui revient chez les clients concernés : comment récupérer son argent, et dans quels délais ?

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Le siège bruxellois de BNP Paribas Fortis, symbole d’une banque très numérisée. Crédit : Boubloub.
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Un paiement banal… puis la sensation de tout perdre

Mercredi, Jeroen, 54 ans, fait ses courses et se retrouve face à une scène que beaucoup redoutent : paiement refusé pour “solde insuffisant”. Quelques heures plus tôt, son compte affichait pourtant un peu plus de 2 000 euros. Sur le moment, l’incompréhension est totale.

En rouvrant l’application, le choc tombe : le solde est négatif, à plusieurs milliers d’euros. Le client comprend vite le point de départ du problème : une réservation de chalet à 833 euros, censée n’être débitée qu’une fois, apparaît… dix fois. Dans Het Laatste Nieuws, il décrit la panique et l’impression d’une “crise cardiaque”, avec cette phrase qui résume le vertige : “En un instant, on se dit qu’on a peut-être tout perdu.”

L’histoire se répète chez d’autres clients. Certains ne parlent pas seulement d’un doublon, mais de montants dupliqués à de nombreuses reprises, au point de bloquer la vie quotidienne : courses, carburant, factures, tout peut se retrouver stoppé net le temps que le compte redevienne créditeur.

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Une façade historique associée à l’enseigne BNP Paribas Fortis à Bruxelles. Crédit : Fred Romero.

Ce que l’on sait sur l’origine du bug

BNP Paribas Fortis a confirmé un incident technique interne, avec un volume conséquent de transactions concernées. Selon l’organisation de consommateurs Testachats/Test-Achats, la banque évoque environ 40 000 transactions impactées, avec des débits répétés pouvant aller jusqu’à dix fois pour certaines opérations.

L’explication la plus fréquemment rapportée pointe un souci au niveau de systèmes informatiques : après un redémarrage, un fichier technique aurait “renvoyé” des paiements des jours précédents, parfois de manière répétitive. Sur le terrain, la conséquence est la même : une opération déjà autorisée réapparaît plusieurs fois sur l’historique, et le solde plonge.

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Du côté de RTL Info, la banque assure que les corrections sont en cours et que les clients concernés n’ont, en principe, “aucune démarche à effectuer”, avec une régularisation annoncée comme automatique.

Reste un point qui crispe : le calendrier précis. Quand on a un loyer qui tombe, ou un plein à faire, “automatique” ne suffit pas toujours à rassurer.

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Pourquoi un incident “technique” peut bloquer un client immédiatement

Une fois le compte artificiellement débité, plusieurs effets domino se déclenchent. D’abord, les paiements par carte peuvent être refusés si l’autorisation se fait au-delà d’un certain seuil ou si le solde disponible devient insuffisant. Ensuite, des frais peuvent apparaître si un découvert est franchi ou si une échéance est rejetée, même si le client n’a rien fait de “mal”.

Enfin, l’angoisse prend le dessus parce que la situation ressemble à une fraude. Beaucoup pensent au piratage, au phishing, ou à une carte copiée. C’est d’ailleurs l’un des pièges de ce type d’incident : l’erreur est réelle, mais elle imite parfaitement le scénario d’une attaque.

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“Et si ça m’arrive, je fais quoi ?” Les bons réflexes, sans s’éparpiller

La première chose, c’est de documenter. Il vaut mieux faire des captures d’écran de l’historique, des montants dupliqués, et des dates, surtout si certaines opérations se répètent plus que d’autres. Ensuite, contactez la banque via le canal le plus traçable possible : messagerie sécurisée, email, ou numéro officiel de l’assistance, afin d’obtenir une confirmation écrite.

Même si BNP Paribas Fortis parle d’une correction automatique, signaler l’anomalie peut éviter de rester bloqué si votre cas “sort du lot”. L’enjeu n’est pas seulement le remboursement : il peut aussi s’agir de demander la neutralisation d’éventuels frais liés à un découvert causé par l’erreur.

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Les incidents de débit se révèlent souvent au moment de payer à la caisse. Crédit : Syced.
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Contestation : quels délais en France et quels textes encadrent le remboursement ?

En France, les repères varient selon la nature de l’opération. Pour un prélèvement non autorisé, le site Service-public rappelle un délai de 13 mois après la date de débit pour contester (dans l’UE/EEE), avec des particularités si l’établissement du bénéficiaire est hors UE/EEE.

Du côté de la DGCCRF (Economie.gouv), on retrouve aussi les délais utiles : si le prélèvement est autorisé mais contesté (par exemple un montant inattendu), une demande de remboursement peut s’exercer dans certains cas sous 8 semaines ; si l’opération est non autorisée, le signalement doit intervenir dans les 13 mois.

L’Institut national de la consommation rappelle également ce cadre et cite l’article L.133-24 du code monétaire et financier pour les délais de contestation des opérations non autorisées ou mal exécutées.

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Ici, nuance importante : on ne parle pas forcément d’un “prélèvement SEPA” classique, mais souvent de paiements par carte débités à répétition. Dans la pratique, l’objectif reste le même : faire constater l’anomalie, puis obtenir la correction (remboursement, date de valeur, et suppression de frais induits).

Une question de confiance, à l’heure où tout passe par l’appli

Ce type d’incident touche un point sensible : la confiance dans l’outil qui sert de boussole au quotidien. Les banques ont accéléré la bascule vers le numérique, et les clients consultent leur solde en temps réel. Quand ce solde devient faux, même temporairement, c’est tout un équilibre qui vacille.

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Le cas de Jeroen illustre aussi un problème concret : même si l’argent revient, l’impact immédiat peut être lourd. Un paiement refusé à la caisse, ça ne se vit pas comme une simple “ligne comptable”. Cela peut créer de l’embarras, de la peur, et parfois des complications très pratiques si l’on n’a pas une seconde carte ou un autre compte de secours.

Quand un système informatique se dérègle, l’impact peut se répercuter sur des milliers de transactions. Crédit : Carl Lender.

Les banques peuvent-elles éviter ce genre de duplication ?

Les systèmes de paiement sont conçus pour être robustes, mais ils restent dépendants de chaînes techniques complexes : autorisations, remontées de fichiers, rapprochements, corrections. Lorsqu’un redémarrage ou un incident de traitement relance des lots déjà intégrés, le risque de duplication existe, surtout si des garde-fous échouent.

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Pour les clients, l’enjeu n’est pas d’entrer dans la tuyauterie informatique, mais d’obtenir une réponse simple : “Combien de temps ?” Sur ce point, les communications relayées insistent sur la correction en cours, sans toujours donner un horaire ferme.

L’argent doit revenir, mais l’urgence est ailleurs

L’incident des prélèvements multiples BNP Paribas Fortis rappelle une réalité : même sans fraude, une anomalie technique peut produire le même effet qu’un piratage… et mettre quelqu’un en difficulté en quelques minutes. La banque promet une régularisation automatique, et plusieurs sources évoquent une identification du problème et des corrections en cours.

En attendant, la meilleure protection reste la réactivité. Surveillez vos opérations, signalez toute duplication, et demandez explicitement la suppression des frais éventuels liés à l’erreur. Parce que, dans ce genre d’histoire, le stress ne vient pas seulement du montant : il vient du moment où l’on comprend que le quotidien peut se retrouver bloqué, sans prévenir.

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