Accidents de voiture : les femmes 47 % plus à risque, cette faille enfin corrigée
Davantage exposées aux blessures graves et aux accidents mortels, les femmes sont désormais prises en compte lors des « crash tests ».
Femme sur la route : ce danger permanent
Une donnée terrifiante. Le temps passe et les inégalités persistent entre hommes et femmes. Et quand certaines sont facilement identifiables et décriées par les concernées et leurs alliés, d’autres passent sous les radars. Comme cette donnée évoquée en 2019 par la journaliste Caroline Criado Perez dans les colonnes du Guardian.
« Lorsqu’une femme est impliquée dans un accident de voiture, elle a 47 % plus de risques d’être grièvement blessée et 71 % plus de risques d’être légèrement blessée« , déclarait-elle, plus de six ans en arrière. De même, ses chances de perdre la vie sont également plus élevées de 17 % que celles de ses comparses masculins.
La raison ? Les véhicules ont à l’origine été conçus pour les hommes.
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THOR-05F, le mannequin providentiel
Ainsi, la position que certaines adoptent au volant les expose à « un risque accru de blessures internes en cas de collision frontale ». Parce qu’elles sont plus petites et qu’elles s’asseyent proches du volant, les femmes sont de fait plus vulnérables sur la route. Elles ont aussi plus de chances d’être victimes du coup du lapin en raison de la configuration des sièges, pensée pour des hommes grands.
Une fois ce constat établi, vient le moment d’agir. Une avancée de taille pourrait permettre aux constructeurs de prendre en compte le gabarit des femmes. Il s’agit d’un mannequin modelé sur l’anatomie féminine et dévoilé par le ministère des Transports des États-Unis. Baptisé THOR-05F, le « crash test dummy » aidera à mieux percevoir les lésions dont sont victimes les conductrices afin d’adapter la configuration des véhicules.
Jusqu’ici, les tests de collision de la National Highway Traffic Safety Administration étaient basés sur un homme mesurant 1,75 m et pesant 78 kilos. Concernant le nouveau modèle, le ministère des Transports déclare ceci : « Sa forme et sa réaction en cas de collision sont basées sur le corps féminin, ce qui permettra à terme une meilleure évaluation des risques de blessures au cerveau, au thorax, à l’abdomen, au bassin et aux jambes pour les petites femmes qui l’occupent. »
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L’Australie et la Suède suivent le mouvement
S’il a pris du retard, le projet est fin prêt à entrer en service. Une bonne nouvelle pour certains politiques soucieux des inégalités. « Tout progrès dans ce domaine est positif, car il n’y a tout simplement aucune bonne raison pour que les femmes soient plus susceptibles d’être blessées ou de mourir dans des accidents de voiture », déclare ainsi la sénatrice de l’État de l’Illinois, Tammy Duckworth.
Comme les États-Unis, la Suède ou encore l’Australie ont pris la mesure du problème et ont adopté des mannequins prenant en compte la morphologie féminine dans leurs « crash tests ».