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Il roule 29 km/h au-dessus de la limite : l’amende dépasse les 120 000 euros

Publié par Elsa Lepic le 05 Avr 2026 à 8:53

Un septuagénaire au volant de sa Bentley, une zone limitée à 30 km/h et un compteur à 59. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Sauf que la note s’élève à 120 000 euros. Bienvenue en Finlande, où le montant d’une amende routière peut atteindre des sommets vertigineux — et où votre compte en banque détermine combien vous allez payer.

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Un excès de vitesse banal, une amende hors norme

Homme âgé à côté d'une Bentley de luxe

Anders Wiklöf, homme d’affaires finlandais de 79 ans, roulait tranquillement à 59 km/h. Problème : la limitation était fixée à 30 km/h. Un dépassement de 29 km/h, le genre d’infraction qui, en France, vous coûterait une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de deux points. Rien de bien méchant.

Mais en Finlande, les règles du jeu sont très différentes. Le millionnaire a écopé d’une contravention de 120 000 euros. Oui, vous avez bien lu : six chiffres pour un excès de vitesse à deux chiffres. De quoi faire réfléchir avant d’appuyer sur l’accélérateur.

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Le système finlandais : plus vous êtes riche, plus vous payez

Ce qui explique ce montant astronomique, c’est le système de « jours-amendes » en vigueur en Finlande. Le principe est simple et redoutablement efficace : le montant de l’amende est calculé en fonction des revenus du contrevenant. Pour les excès de vitesse dépassant 20 km/h au-dessus de la limite autorisée, il n’existe tout simplement aucun plafond.

Concrètement, un tribunal fixe un nombre de jours-amendes selon la gravité de l’infraction. Chaque jour-amende correspond à une fraction du revenu journalier net du conducteur. Pour un salarié au SMIC, ça reste raisonnable. Pour un homme d’affaires multimillionnaire au volant de sa Bentley, la facture explose littéralement.

L’idée derrière ce système ? Que l’amende fasse mal de la même manière à tout le monde. Un billet de 100 euros représente une semaine de courses pour certains, et une broutille pour d’autres. La Finlande a décidé que la dissuasion devait être proportionnelle. Ce débat existe aussi en France, où certains se demandent si les amendes calculées selon les revenus pourraient un jour voir le jour.

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Un récidiviste philosophe

Radar de vitesse sur une route finlandaise

Le plus surprenant dans cette histoire, c’est peut-être la réaction d’Anders Wiklöf lui-même. Pas de contestation, pas de bataille juridique. Le septuagénaire a accueilli la nouvelle avec un flegme désarmant :

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« Si j’ai commis une erreur, je l’accepte et il n’y a rien d’autre à dire. »

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Mieux encore : il s’est estimé chanceux. Chanceux de ne pas avoir perdu son permis de conduire. En Finlande, un dépassement de 60 km/h au-dessus de la limite autorisée peut entraîner le retrait du permis. À 29 km/h au-dessus, il a gardé le droit de reprendre le volant. Pour un homme qui se déplace en Bentley, c’est un soulagement qu’on peut comprendre. D’autant que la question du permis pour les conducteurs seniors fait débat dans plusieurs pays européens.

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400 000 euros d’amendes en treize ans

Parce que oui, Anders Wiklöf n’en est pas à son coup d’essai. Le milliardaire avait déjà été condamné à une amende similaire en 2023. Au total, en treize ans, il aurait versé près de 400 000 euros au Trésor finlandais pour avoir eu le pied un peu trop lourd. Quatre cent mille euros en contraventions routières. C’est plus que le prix de certaines maisons en France.

On pourrait se demander pourquoi un homme qui a déjà payé des centaines de milliers d’euros d’amendes continue de rouler trop vite. La réponse est peut-être dans la nature même du système : quand vous êtes millionnaire, même 120 000 euros ne représentent pas forcément un montant dissuasif. Ce qui pose une question intéressante sur les limites de l’amende proportionnelle. Un conducteur flashé à grande vitesse en ville risque gros partout en Europe, mais la définition de « gros » varie selon les pays.

Et en France, ça donnerait quoi ?

Billets d'euros et clés de voiture sur un bureau
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Comparons les deux systèmes. En France, pour un excès de vitesse compris entre 20 et 30 km/h au-dessus de la limite, c’est amende forfaitaire de 135 euros, retrait de deux points, et basta. Que vous soyez livreur ou PDG du CAC 40, le montant est le même. Les radars automatiques ne font pas la différence.

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135 euros contre 120 000 euros pour la même infraction. Le rapport est de 1 à 889. Évidemment, la comparaison a ses limites : Anders Wiklöf est un homme d’affaires dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions d’euros. Mais le principe interroge. Est-ce qu’une amende de 135 euros dissuade vraiment un conducteur fortuné de lever le pied ?

La Finlande n’est pas le seul pays à pratiquer l’amende proportionnelle. La Suisse applique un système similaire. En 2010, un conducteur suisse avait écopé d’une amende de 290 000 euros pour un excès de vitesse. Certains pays européens renforcent aussi leurs dispositifs pour traquer les infractions routières de manière toujours plus précise.

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Un débat qui revient régulièrement en France

L’idée d’indexer les amendes sur les revenus n’est pas nouvelle dans l’Hexagone. Elle revient régulièrement dans le débat public, portée par ceux qui estiment que le système actuel est injuste. Une amende de 135 euros peut mettre un foyer modeste dans le rouge, tandis qu’elle passe totalement inaperçue pour d’autres.

Pour l’instant, le législateur français n’a pas franchi le pas. Les radars continuent de se multiplier sur les routes, mais les montants restent fixes. Ce qui n’empêche pas certains automobilistes d’accumuler les infractions — avec des conséquences parfois spectaculaires, comme cette Porsche GT3 envoyée à la fourrière après un excès de vitesse.

En attendant, l’affaire Anders Wiklöf rappelle une chose simple : en Finlande, personne n’est au-dessus des lois de la route. Et le prix de la vitesse se mesure à l’épaisseur du portefeuille. Reste à savoir si cette approche finira par traverser la Baltique pour s’imposer chez nous. En tout cas, avec la multiplication des nouveaux dispositifs de contrôle, les automobilistes ont de moins en moins d’excuses pour jouer avec les limites.

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