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Arnaque au pistolet mal raccroché : comment des escrocs vous font payer plus de 100 € à la pompe

Publié par Elsa Lepic le 14 Avr 2026 à 18:30

Le plein de carburant coûte déjà assez cher comme ça. Mais certains automobilistes découvrent sur leur relevé bancaire un prélèvement de plus de 100 euros… pour de l’essence qu’ils n’ont jamais mise dans leur réservoir. Une vieille arnaque refait surface dans les stations-service automatiques, et elle est redoutablement efficace. Ouest-France vient de relancer l’alerte après un cas signalé en Vendée. Voici exactement comment le piège fonctionne — et surtout, comment ne pas tomber dedans.

Un inconnu « à sec » qui vous demande un coup de main

Main insérant une carte bancaire dans une borne de station-service

Le scénario est toujours le même, et il mise sur votre générosité. Vous êtes dans une station-service sans caisse, le genre où vous faites votre plein seul et payez à la borne. Un automobiliste s’approche. Il a l’air pressé, un peu stressé. Il vous explique qu’il est en panne sèche, qu’il n’a pas de carte bancaire sur lui, mais qu’il a quelques euros en liquide.

Son deal est simple : vous insérez votre carte dans la borne, il se sert de quelques litres, et il vous rembourse en espèces. Un échange de bons procédés, en apparence. Sauf que tout est calculé. L’escroc choisit toujours un moment calme, avec peu de témoins. Il joue sur l’empathie et sur la pression sociale — difficile de dire non à quelqu’un qui vous regarde dans les yeux en vous disant qu’il est bloqué.

Jusqu’ici, rien d’alarmant. Vous repartez même avec un peu de liquide en poche et le sentiment d’avoir rendu service. Mais c’est là que le piège se referme.

Le pistolet « mal raccroché » : la clé de l’arnaque

Pistolet de carburant mal raccroché dans une station automatique

Une fois que vous avez récupéré vos espèces et que vous remontez en voiture, l’escroc a pris soin de ne pas remettre correctement le pistolet sur son socle. Ce détail change tout. Tant que le pistolet n’est pas raccroché, la transaction liée à votre carte bancaire reste ouverte. L’arnaqueur n’a plus qu’à reprendre le pistolet et à remplir son réservoir à ras bord — sur votre compte.

Le pire dans cette histoire ? Vous ne vous en rendez absolument pas compte sur le moment. Vous êtes déjà sur la route, convaincu d’avoir fait une bonne action. C’est seulement en consultant votre application bancaire ou votre relevé de compte que vous découvrez un montant bien supérieur à ce que vous aviez prévu. Avec des prix qui dépassent les 2 euros le litre tous carburants confondus, un plein complet volé peut facilement dépasser les 100 euros.

Et comme le paiement a été effectué avec votre carte, de votre plein gré — du moins en apparence —, contester la transaction auprès de votre banque relève du parcours du combattant. L’escroc, lui, est déjà loin.

Pourquoi cette arnaque revient maintenant

Ce type de combine n’est pas nouveau. Mais elle connaît un retour en force pour une raison simple : les prix du carburant ne cessent de grimper. La situation géopolitique au Moyen-Orient maintient les cours du pétrole sous tension, et aucune baisse significative n’est attendue à court terme. Quand le plein devient un poste de dépense majeur, certains basculent du mauvais côté.

L’autre facteur, c’est la multiplication des stations automatiques sans personnel. Pas de caissier, pas de caméra surveillée en temps réel dans toutes les enseignes, pas de témoin. Le terrain de jeu idéal pour les arnaqueurs. C’est d’ailleurs dans ce type de stations que tous les cas signalés se produisent.

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Cette arnaque au pistolet n’est d’ailleurs pas la seule à cibler les automobilistes. Le shimming en station-service vise directement votre carte bancaire au moment du paiement, avec un dispositif quasi invisible. Les escrocs ne manquent pas d’imagination quand il s’agit de profiter de la routine des automobilistes.

Comment éviter de se faire piéger

Automobiliste vérifiant son ticket avant de quitter la pompe

Premier réflexe — et c’est le plus radical : ne jamais prêter votre carte bancaire ni insérer vos identifiants pour un inconnu. Aussi désagréable que ça puisse paraître, c’est la seule protection infaillible. Si quelqu’un vous sollicite, proposez-lui plutôt d’appeler une assistance ou orientez-le vers une station avec du personnel.

Si malgré tout vous décidez d’aider, deux précautions peuvent vous sauver. La première : remplissez vous-même le réservoir de la personne. Vous gardez le contrôle du pistolet et vous le raccrochez vous-même. Impossible alors pour l’escroc de prolonger la transaction.

La seconde astuce est moins connue mais tout aussi efficace : demandez le ticket de carte bancaire. Ce ticket ne sort de la borne qu’une fois le pistolet correctement raccroché et la transaction clôturée. Tant que vous n’avez pas ce reçu en main, ne quittez pas la station. Si la borne ne l’imprime pas, c’est que le pistolet est encore actif — et que votre carte est toujours débitée.

D’ailleurs, les arnaques ciblant votre compte bancaire ne se limitent pas aux stations-service. Mieux vaut adopter des réflexes de vigilance au quotidien, que ce soit face au démarchage téléphonique ou aux faux mails administratifs.

Plus de 2 euros le litre : la vigilance n’est plus une option

Avec un litre de carburant qui flirte durablement avec les 2 euros — voire les dépasse —, chaque passage à la pompe représente un budget conséquent. Ce contexte rend les automobilistes plus vulnérables, mais aussi plus attentifs aux bons plans. Et c’est justement cette tension entre le portefeuille et la bonne volonté que les arnaqueurs exploitent.

En attendant une éventuelle baisse des prix à la pompe, la meilleure arme reste l’information. Partagez cette combine autour de vous, surtout aux personnes qui fréquentent des stations automatiques en zone isolée. Car la force de cette arnaque, c’est justement que les victimes ne savent pas qu’elle existe — jusqu’à ce qu’elles la découvrent sur leur relevé bancaire, avec 100 euros envolés pour un plein qu’ils n’ont jamais fait.

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