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Faut-il supprimer les panneaux de signalisation ? Ce que montrent les villes qui l’ont tenté 

Publié par Elodie GD le 23 Jan 2026 à 19:03

Alors que le modèle séduit déjà aux Pays-Bas, la question des « naked roads » ou « shared spaces » se pose maintenant à l’échelle de la France.

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Qu’est-ce que le concept des « shared spaces » ?

Les panneaux de signalisation obsolètes ? Louis Sarkozy en est persuadé. Il y a peu, le chroniqueur RMC a remis au goût du jour les discussions inhérentes à la suppression de panneaux de signalisation et de feux rouges. Des dispositifs qu’il estime relever de « l’assistanat ». Sa solution ? Rendre chacun « responsable de sa propre conduite ».

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Pour étayer ses propos, il renvoie aux « naked roads », expérimentées aux Pays-Bas dans les années 1990. Aussi appelé « shared space », le concept est théorisé par l’ingénieur Hans Monderman et revendique la confusion. Selon l’expert, la signalisation « endort les gens dans l’idée qu’ils sont protégés tant qu’ils suivent les règles ». C’est pourquoi il cherche à responsabiliser les usagers en partant du principe que la prudence est décuplée quand la situation est incertaine.

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Des chercheurs se sont à leur tour penchés sur la question, dont une équipe italienne qui prend l’exemple d’un village de Vénétie. « La zone étudiée a montré une amélioration significative de la sécurité, avec une réduction estimée de 53 % du risque d’accidents », concluent-ils.

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Quelques exemples efficaces

Enchantées par le concept, plusieurs villes appliquent scrupuleusement les conseils de Hans Monderman. C’est le cas de Makkinga (Pays-Bas) qui a fait une croix sur la signalisation en 1991, de même que sa voisine Drachten. Résultat : automobilistes, deux-roues et piétons doivent apprendre à composer ensemble, même dans les carrefours.

Les panneaux de signalisation voués à disparaître ?
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Curieux de voir le résultat de leurs propres yeux, les journalistes du Parisien se sont rendus sur les lieux en décembre dernier. Dans les colonnes du quotidien, ils s’appliquent à décrire l’atmosphère ainsi que l’efficacité du dispositif : « À la faveur de la pause de midi, le trafic est dense. La chaussée a beau être humide et très glissante en ce mardi de décembre, on assiste à un ballet millimétré, une mécanique de précision impressionnante de fluidité. Voitures, vélos, scooters et piétons s’y croisent sans jamais donner l’impression de venir entraver le mouvement des uns et des autres. Les allures s’adaptent, anticipent, ralentissent ou accélèrent, et peu de véhicules marquent un arrêt complet. »

Inspirées du même expert, quelques collectivités françaises se laissent séduire par le principe du « shared space ». Ainsi, la commune de Thiescourt (700 habitants) a supprimé une quarantaine de panneaux sur les 200 installés aux abords des routes. À terme, une vingtaine de signalisations supplémentaires sont vouées à disparaître.

S’il reconnaît l’absence de pertinence des panneaux de signalisation et des feux à profusion, le maire de Thiescourt nie avoir suivi une idéologie.

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Quels sont les inconvénients ?

Après l’exposition des avantages d’une telle mesure, place aux inconvénients. Car les « shared spaces » engendrent quelques dysfonctionnements. Après que l’Union européenne a mandaté des recherches et expérimentations en 2004 et 2008, un rapport du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) se penche sur la question en 2016. Contre toute attente, le texte commence par un avertissement : « Ceci est un document permettant de comprendre cet aménagement étranger. Il n’est cependant pas recommandé de le mettre en place en France. »

On y lit également les constats suivants : « Une évaluation subjective a été menée auprès des usagers de la place Laweiplein à Drachten. Ceux-ci ont été interrogés sur les temps perdus : 66 % considèrent que le trafic et le flux du trafic sont globalement mauvais aujourd’hui, contre 5 % seulement auparavant. »

Un changement non négligeable lorsqu’il s’agit d’emprunter la route.

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