Cette boulangerie du Var a installé un piège redoutable sur son parking
À Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, une boulangerie en a eu assez des automobilistes qui prenaient son parking à contresens. La solution retenue est radicale : une herse anti-recul à dents métalliques, installée à la sortie. Depuis, plusieurs conducteurs imprudents sont repartis… en dépanneuse. Et sur le plan légal, ils n’ont quasiment aucun recours.
Un parking devenu zone de danger quotidien
La boulangerie « Les Blés d’Argens » est située dans une zone commerciale très fréquentée de Roquebrune-sur-Argens. Chaque jour, des dizaines de véhicules s’y croisent, se garent et manœuvrent dans un espace limité. Le problème : malgré la signalisation en place, de nombreux conducteurs empruntent l’accès à contresens, créant des situations à risque pour les piétons et les autres automobilistes.
Les commerçants du secteur ont longtemps subi cette anarchie routière. Le stationnement sauvage et les manœuvres dangereuses faisaient partie du quotidien. Mais la crainte d’un accident grave a fini par pousser le propriétaire du terrain à agir de façon définitive.
Des dents métalliques qui ne pardonnent aucune erreur
Le dispositif choisi est une herse anti-recul, installée à la sortie du rond-point des Quatre Chemins. Son fonctionnement est aussi simple qu’implacable. Des dents métalliques sont orientées dans un seul sens de circulation. Quand un véhicule roule dans le bon sens, les pointes s’inclinent vers le sol et le laissent passer sans problème.
En revanche, si une voiture passe à contresens ou fait marche arrière, les dents restent dressées et viennent perforer les pneumatiques. Le système est comparable à ceux utilisés pour sécuriser certains parkings privés ou zones d’accès restreint. Ce type de herse coûte d’ailleurs presque trois fois moins cher qu’une barrière classique, ce qui explique en partie son adoption.

Contrairement aux ralentisseurs illégaux qui font régulièrement débat, la herse anti-recul est un dispositif parfaitement reconnu et utilisé dans de nombreux contextes professionnels.
Quatre pneus crevés d’un coup : le témoignage d’un garagiste
Depuis la mise en service du dispositif, plusieurs automobilistes se sont fait piéger. Et les dégâts sont souvent bien plus importants qu’un simple pneu à plat. Un garagiste de Puget-sur-Argens, situé non loin de la zone commerciale, a confié à TF1 l’ampleur des réparations qu’il a dû effectuer.
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« Malheureusement, pour certaines voitures, c’était quatre pneus, pour d’autres ce n’était que deux. On a même changé les pneumatiques parce que c’était bien profond pour certains. Donc ce n’est pas une simple réparation », a-t-il expliqué. Le coût d’un remplacement de quatre pneus peut facilement dépasser les 400 à 600 euros selon le véhicule, sans compter une éventuelle dépanneuse.

Un rappel coûteux pour ceux qui ne respectent pas les règles de circulation, même sur un parking privé. Car oui, le Code de la route s’applique aussi dans ces espaces, et les automobilistes doivent rester attentifs à la signalétique.
Un dispositif légal, bien signalé et sans recours facile
Sur le plan juridique, la herse anti-recul est parfaitement légale. L’installation sur un terrain privé est autorisée à condition qu’elle soit clairement signalée. Ici, un panneau indique sans ambiguïté : « Système anti-recul – Attention ! N’avancez pas ». Difficile de plaider l’ignorance.
Pour les conducteurs victimes de pneus crevés, les options sont limitées. Ceux qui disposent d’une assurance tous risques peuvent tenter de faire jouer leur couverture, mais ce n’est pas garanti. Les autres pourraient en théorie essayer d’engager la responsabilité du propriétaire du terrain pour manquement au devoir d’information. Mais la présence du panneau rend cette démarche très difficile à faire aboutir.
En clair, les automobilistes imprudents doivent payer de leur poche. Un rappel que le coût de la conduite ne se limite pas au carburant et au stationnement.
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La mairie se désolidarise, mais ne peut rien faire
Alertée par la polémique, la mairie de Roquebrune-sur-Argens a tenu à prendre ses distances. Elle a rappelé qu’elle n’était en rien à l’origine de l’installation du dispositif et qu’elle ne pouvait pas intervenir contre une initiative sur un terrain privé.

La commune s’est contentée d’un message prudent : « Nous invitons chacun à faire preuve de vigilance dans ce secteur. » Une façon diplomatique de dire que les automobilistes feraient bien de lire les panneaux avant de foncer tête baissée. À l’heure où de nouveaux dispositifs de contrôle comme les radars antibruit se multiplient en France, cette herse illustre une tendance : quand les autorités tardent, les propriétaires privés prennent les choses en main.
Une solution radicale qui divise
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Certains internautes applaudissent l’initiative, estimant qu’elle est la seule façon efficace de mettre fin aux comportements dangereux. D’autres trouvent le procédé excessif, arguant qu’un moment d’inattention ne devrait pas coûter quatre pneus.
Le débat rappelle d’autres polémiques autour de l’aménagement des espaces de stationnement. Comme ces places de parking réservées qui avaient fait couler beaucoup d’encre. Ou encore les histoires de routes d’un autre temps qui surprennent les automobilistes modernes.
Quoi qu’on pense du procédé, le résultat est là : depuis l’installation de la herse, les passages à contresens ont nettement diminué sur le parking des Blés d’Argens. La méthode forte fonctionne. Reste à savoir si d’autres commerçants excédés pourraient être tentés de faire la même chose dans d’autres zones commerciales de France.
