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Loi Montagne : vérifiez vos pneus, certains ne comptent plus en 2026

Publié par Killian Ravon le 23 Jan 2026 à 8:30

Vous avez acheté des “pneus neige” il y a quelques années et vous pensez être tranquille pour monter en station ?

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Loi Montagne 2026 : pictogramme 3PMSF sur un pneu hiver et panneau « équipements spéciaux obligatoires »
Gros plan sur le marquage 3PMSF (montagne-flocon) d’un pneu hiver, avec un panneau rappelant l’obligation d’équipements en zone Loi Montagne.

Cet hiver 2025-2026, la Loi Montagne remet les compteurs à zéro sur un point précis : le marquage du pneu. Et ce détail peut transformer un départ au ski en galère coûteuse.

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Le panneau signale le début d’une zone où l’équipement hivernal est requis en période hivernale. Crédit : Sebleouf.
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Pourquoi des pneus “neige” peuvent être recalés cet hiver

Du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026, l’obligation d’équipements hivernaux s’applique dans des communes de montagne fixées par arrêtés préfectoraux. Elle concerne tous les véhicules à 4 roues et plus, de la voiture familiale au camping-car, en passant par les utilitaires et les autocars.

Le principe est simple. Dans ces zones, vous devez soit avoir à bord des dispositifs antidérapants amovibles prêts à être montés sur au moins deux roues motrices, soit rouler avec quatre pneumatiques “adaptés à la conduite hivernale”. Les pneus à clous restent, eux, hors champ de l’obligation.

Là où beaucoup se font piéger, c’est sur la définition de ce fameux “pneu hiver”. Depuis l’hiver dernier, seuls les pneus portant le marquage 3PMSF sont admis comme équivalent aux chaînes. Autrement dit, un pneu seulement marqué M+S peut toujours rouler légalement, mais il ne suffit plus, à lui seul, pour être “en règle” en zone Loi Montagne.

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Loi Montagne : le marquage 3PMSF, devenu incontournable en 2026

Sur le flanc du pneu, le 3PMSF se repère grâce à un pictogramme : une montagne à trois pics avec un flocon. Ce logo n’est pas décoratif. Il correspond à des essais normalisés de performance sur la neige, là où le marquage M+S reste, lui, déclaratif. En clair, M+S peut apparaître sur des pneus très différents, y compris des modèles “toutes saisons” pas toujours taillés pour un col verglacé.

Ce durcissement n’est pas tombé du ciel en 2025. Dès la mise en place de la mesure en 2021, l’État avait prévu une période transitoire. Jusqu’au 1er novembre 2024, les pneus uniquement marqués M+S étaient tolérés. Depuis, la tolérance a pris fin, et le 3PMSF est devenu la référence attendue si vous voulez éviter de sortir les chaînes au moindre panneau.

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Conséquence très concrète : certains pneus vendus “neige” ou “hiver” avant 2024 se retrouvent maintenant en zone grise. Ils peuvent être utiles, mais ils ne “cochent” plus la case réglementaire, sauf si vous avez aussi des chaînes ou des chaussettes dans le coffre.

Les zones concernées par l’équipement hivernal se situent dans les principaux massifs. Crédit : physicalmap.org.

Les zones concernées ne couvrent pas tout un département

Autre malentendu fréquent : la Loi Montagne ne signifie pas “tout le département”. Les préfets établissent une liste de communes concernées dans 34 départements situés dans les massifs (Alpes, Massif central, Jura, Pyrénées, Vosges). Ce sont donc des portions de territoire, pas une frontière administrative uniforme.

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Sur la route, l’entrée et la sortie de ces zones doivent être signalées par des panneaux dédiés, avec un panonceau rappelant la période du 1er novembre au 31 mars. Et ce détail compte : la signalisation est nécessaire pour que l’obligation soit opposable aux conducteurs. Sans panneau, la règle ne peut pas être “invoquée” de la même manière lors d’un contrôle.

C’est aussi pour cela que des automobilistes se font surprendre. On traverse une vallée, on passe un col, et on entre dans une zone équipée sans s’en rendre compte. La Délégation à la sécurité routière met d’ailleurs à disposition une liste des communes concernées, précisément pour éviter ce flou.

En l’absence de pneus 3PMSF, chaînes ou chaussettes doivent être disponibles et adaptées. Crédit : Wikimedia Commons.
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L’amende n’est pas le seul risque, et la situation reste floue

Sur le papier, le non-respect de l’obligation renvoie à une contravention de 4e classe, souvent citée à 135 euros, avec possibilité d’immobilisation si les conditions de circulation l’exigent. Plusieurs médias et collectivités reprennent ce cadre “théorique”.

Mais il existe un point que beaucoup ignorent : la question de la verbalisation a longtemps alimenté la confusion, faute de texte d’application clair selon certains acteurs. Une question écrite au Sénat, comme des associations d’automobilistes, ont pointé cette ambiguïté récurrente, qui revient chaque hiver dans le débat public.

Même sans se focaliser sur la seule amende, la “facture” peut grimper autrement. D’abord parce qu’un véhicule mal équipé peut être stoppé, refoulé ou contraint de se mettre en conformité avant de poursuivre. Et quand cela arrive au pied d’une station, acheter des chaînes en urgence coûte rarement le prix le plus doux.

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Ensuite, parce qu’un véhicule en difficulté n’est pas seulement un risque pour ses occupants. Il peut bloquer un axe entier, notamment sur les routes d’accès aux stations. C’est l’une des raisons historiques qui ont poussé l’État à encadrer l’équipement hivernal : éviter les “bouchons de neige” causés par quelques voitures en travers.

Gros plan sur un pneu hiver montrant en détail le profil et la profondeur des sculptures sur une voiture à l’arrêt.
« Un profil de pneu hiver bien sculpté, indispensable pour garder le contrôle sur route froide et humide. »
Crédit : Pixabay / manfredrichter

Assurance : ce qui peut compliquer les choses après un accident

Côté assurance, prudence sur les certitudes. Les contrats et les circonstances comptent. En revanche, un point ressort régulièrement. Après un accident en zone concernée, l’assureur peut examiner si l’équipement était conforme. Et si un défaut d’équipement a joué un rôle dans le sinistre. Ce n’est pas automatique, mais c’est un facteur qui peut compliquer un dossier, surtout s’il y a litige sur la responsabilité.

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Il y a aussi un effet indirect, plus simple à comprendre : même sans parler d’assurance, des pneus inadaptés augmentent les distances de freinage et la perte d’adhérence par temps froid. Et quand la route alterne entre neige tassée, pluie froide et verglas, la marge d’erreur disparaît vite.

Ce contexte est d’autant plus actuel que les hivers évoluent. Météo-France rappelle que la France s’est réchauffée d’environ 1,9 °C depuis 1900, et que la neige au sol diminue globalement sur les massifs. Moins de “neige durable” ne signifie pas moins de danger : cela peut aussi vouloir dire davantage d’épisodes instables, de neige humide et de regel, donc des routes piégeuses.

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Les pièges les plus fréquents avant de partir au ski

Le premier piège, c’est de confondre “4 saisons” et “conforme”. Un pneu 4 saisons peut parfaitement être accepté, à condition d’avoir le 3PMSF. À l’inverse, un “pneu neige” uniquement M+S ne vous dispense plus d’avoir des chaînes ou des chaussettes.

Le deuxième piège, c’est de n’équiper que deux roues. Les textes visent quatre pneus adaptés sur les véhicules légers, utilitaires et camping-cars, et la logique de sécurité est la même : un train arrière “été” peut transformer une descente en patinage incontrôlable.

Le troisième piège, c’est l’usure. Oui, la limite légale est à 1,6 mm. Mais pour un pneu hiver, l’efficacité sur neige baisse bien avant ce seuil. UFC-Que Choisir conseille même de remplacer un pneu hiver autour de 4 mm de sculpture, pour conserver une vraie motricité.

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Les marquages sur le flanc permettent d’identifier le type de pneu et sa conformité. Crédit : Wikimedia Commons.

La vérification qui évite les mauvaises surprises

Avant de prendre la route, trois gestes suffisent souvent à éviter l’erreur. Vous regardez le flanc du pneu pour repérer le logo 3PMSF. Si vous ne le voyez pas, vous considérez que vos pneus ne “remplacent” pas les chaînes. Vous mettez donc dans le coffre des chaînes ou des chaussettes adaptées à votre dimension de roue et à l’espace entre la roue et la carrosserie, point explicitement rappelé par Service-public.

Dernier conseil très concret : faites un essai de montage à plat, au sec, avant le départ. Le jour où la neige tombe, apprendre sur le bas-côté, les mains gelées, n’est pas une bonne idée.

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Que retenir ?

En 2026, la Loi Montagne ne se joue plus sur l’intention, mais sur un pictogramme. Le 3PMSF est devenu la clé pour considérer un pneu comme “hiver” sans devoir sortir les chaînes.

Et même si la question des sanctions continue d’alimenter le débat, le risque le plus immédiat reste ailleurs : immobilisation, demi-tour forcé, achat en urgence, et complications en cas d’accident. Un coup d’œil sur vos pneus aujourd’hui peut vous éviter une addition bien plus lourde demain.

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