Stellantis rappelle 700 000 véhicules pour risque d’incendie : êtes-vous concerné ?
212 000 véhicules concernés en France. 36 incidents recensés dans le monde, dont 12 débuts d’incendie. Et pourtant, Stellantis a attendu pour communiquer ouvertement sur ce problème. Le constructeur lance aujourd’hui un rappel massif sur ses moteurs PureTech 1,2 litre — et votre voiture est peut-être dans la liste.
Un rappel massif qui concerne des millions de conducteurs

C’est l’association automobile allemande ADAC qui a levé le voile sur cette affaire ce mercredi. Stellantis procède au rappel de 700 000 véhicules dans le monde entier, en raison d’un défaut de conception sur le moteur essence PureTech 1,2 litre.
Les modèles concernés couvrent un large spectre de marques : Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel/Vauxhall, Alfa Romeo, Fiat et Jeep. En clair, si vous avez acheté un véhicule de l’une de ces marques entre 2023 et 2026 avec ce moteur, lisez la suite attentivement.
En France, ce sont 212 000 véhicules qui sont visés. Plus de la moitié portent le badge Peugeot. En Allemagne, plus de 50 000 autos sont également rappelées. Ce rappel massif chez Stellantis fait suite à une longue série de déboires autour des moteurs PureTech.
Quel est exactement le problème technique ?
Le défaut identifié est précis. Un porte-parole de Stellantis a expliqué à l’agence de presse allemande DPA qu’un écart entre certains composants pouvait, en présence d’humidité, générer un arc électrique.
Cet arc électrique est susceptible de provoquer une défaillance thermique, c’est-à-dire une surchauffe pouvant mener à un incendie. Ce n’est pas une hypothèse théorique : 36 incidents liés à ce problème ont déjà été recensés dans le monde, dont 12 débuts d’incendie.
Le groupe n’a pas précisé dans quelles conditions ces incidents se sont produits. Mais le risque est suffisamment sérieux pour déclencher un rappel global. Ce type de défaut moteur provoquant un rappel massif est rare, mais il rappelle que même des véhicules récents ne sont pas à l’abri.
Seuls les modèles 2023-2026 sont concernés
Il est important de le préciser : seuls les moteurs PureTech 1,2 litre à hybridation légère fabriqués entre 2023 et 2026 sont visés. Les versions antérieures du PureTech ne sont pas concernées par ce rappel spécifique.
Si vous avez un doute sur votre véhicule, la démarche est simple. Stellantis communique pays par pays, et les concessionnaires des marques concernées doivent prendre en charge les réparations. Aucun frais ne devrait être facturé au propriétaire dans le cadre d’un rappel constructeur.
D’autres campagnes de rappel chez Peugeot, Opel, Citroën et Fiat avaient déjà été lancées ces derniers mois, mais sur des problèmes différents. Celui-ci est d’une nature plus préoccupante en raison du risque d’incendie.
Une intervention rapide et accessible

Bonne nouvelle dans ce contexte inquiétant : la réparation ne devrait pas immobiliser votre voiture longtemps. L’ADAC précise qu’un atelier d’environ 30 minutes devrait suffire à régler le problème.
Il s’agit donc d’une intervention simple, sans dépose majeure du moteur. Stellantis a pris l’initiative de ce rappel de son propre chef : aucune procédure officielle n’a été engagée par les régulateurs pour l’y contraindre, selon le communiqué de l’ADAC.
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Cette démarche proactive est à souligner, même si certains propriétaires auraient sans doute préféré en être informés plus tôt. Pour rappel, les campagnes de rappel automobiles en 2025 avaient déjà atteint des volumes records tous constructeurs confondus.
Le PureTech, un moteur déjà sous les projecteurs
Ce n’est pas la première fois que le moteur PureTech se retrouve au cœur d’une polémique. Des générations précédentes de ce moteur — notamment les versions sans hybridation légère — avaient déjà été critiquées pour des problèmes de lubrification et d’usure prématurée.
Les voitures équipées de ce moteur ont même perdu jusqu’à 65 % de leur valeur sur le marché de l’occasion, les propriétaires ayant du mal à les revendre à un prix correct. La réputation du PureTech en a pris un coup, et ce nouveau rappel ne va pas arranger les choses.
Pour ceux qui envisagent d’acheter un véhicule d’occasion, il peut être utile de consulter les conseils d’experts sur les moteurs à éviter sur le marché de l’occasion avant de se lancer.
Que faire si votre voiture est concernée ?
La première étape est de contacter votre concessionnaire de la marque concernée. Munissez-vous de votre numéro de châssis (VIN), qui figure sur votre carte grise et dans l’habitacle côté conducteur. Le concessionnaire pourra vérifier en quelques secondes si votre véhicule est bien dans le périmètre du rappel.
En attendant la réparation, il n’est pas nécessaire de paniquer ni d’immobiliser votre véhicule. Le risque existe mais reste décrit comme rare. L’essentiel est de ne pas tarder à prendre rendez-vous.
Stellantis n’est pas le seul constructeur à avoir lancé des rappels ces derniers mois. BMW avait rappelé près de 180 000 véhicules pour un défaut pouvant également provoquer un incendie, et Ford avait rappelé 227 000 véhicules pour des raisons similaires. Les grandes campagnes de rappel sont devenues une réalité de l’industrie automobile moderne.
Un signal d’alarme pour tout le secteur
Ce rappel illustre une tendance de fond dans l’industrie automobile. Les motorisations hybrides légères, en plein essor, embarquent une électronique de plus en plus complexe. Et cette complexité génère de nouveaux risques que les constructeurs n’avaient pas toujours anticipés.
Les précédents rappels de Stellantis pour défaut mécanique avaient déjà alerté les observateurs du secteur. Cette fois, l’ampleur — 700 000 véhicules dans le monde — place l’événement dans une autre catégorie.
Si vous roulez en Peugeot, Citroën, DS, Opel, Alfa Romeo, Fiat ou Jeep avec un moteur récent, le message est simple : vérifiez votre véhicule sans attendre. Trente minutes chez le concessionnaire, c’est peu comparé à ce que peut coûter un départ de feu sous le capot.