Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Automobile

Valentin Vacherot, 23e mondial, roule toujours en Peugeot 307 à Monaco

Publié par Elsa Lepic le 09 Avr 2026 à 8:30
Une Peugeot 307 rouge garée dans une rue ensoleillée, symbole du choix modeste de Valentin Vacherot à Monaco
Publicité

Il vient de remporter le Masters 1000 de Shanghai, il pointe au 23e rang mondial et il habite Monaco. Pourtant, Valentin Vacherot continue de sillonner la Principauté au volant d’une Peugeot 307. Un choix qui détonne dans un décor tapissé de Ferrari et de Lamborghini — et que le joueur assume avec un sourire désarmant.

De l’ombre au top 30 en quelques semaines

Il y a encore quelques mois, Valentin Vacherot évoluait dans l’anonymat du circuit professionnel. À 27 ans, le Monégasque a connu une ascension fulgurante qui l’a propulsé directement dans le top 30 du classement ATP. Sa victoire au Masters 1000 de Shanghai, l’un des tournois les plus prestigieux en dehors des Grands Chelems, a tout changé.

Cette progression éclair s’accompagne logiquement de revenus conséquents. Avec plus de deux millions d’euros de gains cumulés en carrière, Vacherot a désormais les moyens de s’offrir à peu près n’importe quel bolide. Surtout quand on vit à Monaco, véritable vitrine mondiale de l’automobile de luxe, où même les auto-écoles proposent des Porsche.

Publicité

Mais le tennisman n’a visiblement aucune intention de suivre le mouvement. Et c’est précisément ce décalage qui rend l’histoire savoureuse.

« Mon petit kart » : quand la 307 devient un blason

Interrogé par Eurosport sur son choix automobile, Valentin Vacherot a livré une explication d’une simplicité déconcertante. Il a acheté sa Peugeot 307 seulement trois semaines avant son triomphe à Shanghai. Pour lui, la revendre immédiatement n’aurait aucun sens : « Ce serait un peu bête de déjà la laisser partir. »

Le joueur va même plus loin en revendiquant un véritable attachement à sa voiture, qu’il a affectueusement baptisée « mon petit kart ». Un surnom qui résume bien l’état d’esprit du bonhomme : léger, pragmatique, zéro prise de tête. Là où d’autres sportifs de haut niveau se précipitent chez le concessionnaire dès le premier gros chèque — on pense à Karim Benzema et ses achats spectaculaires —, Vacherot prend le contrepied total.

Publicité
Clé de voiture posée sur une surface en marbre à Monaco, avec des voitures de luxe floues en arrière-plan

Et il ne manque pas d’arguments pour défendre sa monture. « Tu peux faire des bons créneaux entre deux belles voitures. Si on me touche, ce n’est pas très grave », lâche-t-il en souriant. Dans les rues étroites de Monaco, où la moindre rayure sur une supercar peut coûter une petite fortune, l’argument est loin d’être absurde. Au contraire, il relève d’un pragmatisme redoutable.

Un discours rare dans le sport de haut niveau

Le monde du sport professionnel entretient depuis longtemps une relation fusionnelle avec le luxe automobile. Des supercars accidentées aux garages démesurés exposés sur les réseaux sociaux, la voiture est devenue un marqueur de réussite quasi obligatoire. Refuser d’y céder, c’est envoyer un message fort.

À lire aussi

Publicité

Valentin Vacherot ne critique personne. Il ne fait pas la morale. Il dit simplement qu’il n’a pas besoin de plus pour l’instant. Et c’est justement cette absence de posture qui rend son attitude rafraîchissante. À une époque où certains footballeurs investissent des millions dans l’immobilier dès leurs premières années au sommet, le tennisman monégasque trace sa route à son rythme.

« À un moment, sûrement je changerais, mais même si je fais cela, je n’aurai pas besoin de lâcher ma 307. Elle est trop bien », confie-t-il. Le message est clair : même quand une voiture plus confortable arrivera, la Peugeot gardera sa place au garage. Comme un talisman.

Voir cette publication sur Instagram

Publicité

Monaco, terre de contrastes

Pour mesurer le décalage, il faut visualiser le quotidien à Monaco. Sur le Rocher, le moindre parking souterrain ressemble à un salon automobile de prestige. Maserati, Rolls-Royce, McLaren : les plaques monégasques ornent des carrosseries qui dépassent souvent le prix d’un appartement en province. C’est un monde où conduire une Porsche est presque banal.

Publicité
Vue aérienne du port de Monaco au coucher du soleil avec yachts et immeubles de luxe

Dans ce décor, une Peugeot 307 ne passe pas inaperçue. Mais pas pour les raisons habituelles. Elle détonne justement parce qu’elle est ordinaire. Et c’est précisément ce qui fait le charme de l’anecdote : un joueur de tennis au sommet de sa forme, vivant dans l’un des endroits les plus chers du monde, qui roule dans une berline compacte française sans le moindre complexe.

Le parallèle avec d’autres sportifs est inévitable. Certains athlètes font parler d’eux pour leurs dépenses extravagantes, d’autres pour leurs déboires financiers. Vacherot, lui, fait parler de lui pour une voiture à quelques milliers d’euros. C’est peut-être le meilleur coup de communication involontaire de l’année.

À lire aussi

Publicité

Un parcours encore en construction

Il ne faudrait pas réduire Valentin Vacherot à une anecdote automobile. Derrière le sourire et la Peugeot, il y a un compétiteur qui vient de bousculer la hiérarchie du tennis mondial. Son titre à Shanghai n’est pas un accident. À 27 ans, il entre dans la pleine maturité d’un joueur de tennis, l’âge où beaucoup atteignent leur meilleur niveau.

Sa progression dans le classement ATP — de joueur méconnu à 23e mondial — rappelle que le tennis réserve encore des surprises. Dans un sport dominé par des noms comme Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, l’émergence d’un profil aussi atypique apporte un souffle nouveau.

Le fait qu’il représente Monaco ajoute une couche d’ironie supplémentaire. Voilà un joueur qui porte les couleurs de la Principauté la plus riche du monde, tout en incarnant une forme de sobriété devenue rarissime dans le sport professionnel. La joueuse française Caroline Garcia, autre figure du tennis francophone, avait elle aussi su rester accessible malgré le succès.

Publicité

Quand la simplicité devient virale

Sans le vouloir, Vacherot a trouvé la formule parfaite pour conquérir les réseaux sociaux. Son interview avec Eurosport a immédiatement été partagée des milliers de fois. Les internautes adorent ce genre de contraste : un sportif millionnaire dans une voiture que n’importe qui pourrait s’offrir sur Le Bon Coin.

Dans un monde où les stars posent dans des Ferrari à Tokyo et où l’étalage de richesse est devenu un sport en soi, la Peugeot 307 de Vacherot agit comme un antidote. Elle rappelle que la réussite ne se mesure pas au nombre de chevaux sous le capot. Et que parfois, garder les pieds sur terre — et les mains sur un volant ordinaire — vaut tous les bolides italiens du monde.

Reste à savoir combien de temps durera cette histoire d’amour entre le tennisman et « son petit kart ». Mais une chose est sûre : même quand il changera de voiture, Valentin Vacherot aura réussi quelque chose que peu de sportifs accomplissent — devenir viral non pas pour ce qu’il dépense, mais pour ce qu’il refuse de dépenser.

Publicité

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *