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« Ses soirées Chemsex, sa calvitie » : la députée LFI Alma Dufour s’en prend violemment à Sébastien Chenu

Publié par Elsa Fanjul le 19 Avr 2026 à 18:52
« Ses soirées Chemsex, sa calvitie » : la députée LFI Alma Dufour s'en prend violemment à Sébastien Chenu

Le niveau de la politique française vient de descendre d’un cran supplémentaire. Alma Dufour, députée La France Insoumise, a publié un message incendiaire sur X visant directement Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National. Au menu : allusions à des « soirées Chemsex », moqueries sur sa calvitie et sous-entendus salaces. Un dérapage d’autant plus remarqué qu’il répond à un autre dérapage — celui de Chenu lui-même, qui avait ouvert les hostilités avec une attaque au physique tout aussi violente.

Tout est parti d’une phrase de Chenu sur le couple Bardella

Pour comprendre ce clash, il faut rembobiner un peu. Sébastien Chenu, interrogé sur le couple que forme Jordan Bardella avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, a lâché une punchline qui ne visait personne en particulier — mais qui visait tout le monde à gauche.

Sa formule exacte : « Tout le monde ne peut pas être prof de sociologie à Nanterre et cumuler un certain nombre d’inconvénients, comme être moche, mal coiffée, aigrie et supporter de LFI ! » Une phrase construite comme une blague de comptoir, mais prononcée par un élu de la République. Le genre de sortie qui, en temps normal, aurait suffi à alimenter une journée de polémique.

Sauf qu’Alma Dufour a décidé de ne pas en rester là. Et sa réponse a fait monter le curseur d’un bon cran.

La réplique d’Alma Dufour dépasse le cadre politique

Intérieur de l'hémicycle de l'Assemblée nationale française

Sur X, la députée LFI a publié un message directement adressé à Sébastien Chenu. Des mots choisis avec soin pour toucher là où ça fait mal : « Tout le monde n’a pas non plus l’ambition de faire des lapsus sur ses soirées Chemsex en réunion publique, des jeux de mots sexuels au perchoir et de voir sa calvitie grandir de façon préoccupante d’année en année. »

Trois attaques en une seule phrase. D’abord, l’allusion aux « soirées Chemsex » — un terme qui désigne des pratiques sexuelles sous l’emprise de drogues, généralement associées au milieu gay. Ensuite, la référence à des « jeux de mots sexuels au perchoir », sous-entendant un comportement déplacé au sein même de l’Assemblée nationale. Enfin, la moquerie sur la calvitie — un body-shaming assumé.

Alma Dufour pensait sans doute faire mouche avec une réplique cinglante. Mais beaucoup y ont vu un dérapage qui va bien au-delà du simple clash politique. Attaquer un adversaire sur sa vie intime supposée et son apparence physique, c’est exactement ce que les députés LFI reprochent habituellement à leurs adversaires.

Un match nul dans la médiocrité

Difficile de départager les deux camps sur ce coup-là. D’un côté, Sébastien Chenu a ouvert le bal avec une attaque gratuite sur le physique, ciblant implicitement des femmes de gauche. De l’autre, Alma Dufour a répondu avec des insinuations sur la vie privée et l’orientation sexuelle supposée de son adversaire — un terrain glissant, surtout pour une élue qui se revendique du camp progressiste.

Ce qui frappe, c’est la symétrie parfaite. Chenu tape sur le physique. Dufour tape sur le physique. Chenu fait du sarcasme. Dufour fait du sarcasme. Personne ne parle de politique, de programme ou d’idées. On est dans la cour de récré, sauf que ces gens votent les lois.

Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Et elles sont révélatrices d’une lassitude généralisée face au niveau du débat public français. Mais le détail qui a le plus retenu l’attention se trouve peut-être ailleurs.

Quand le « body-shaming » devient une arme politique banalisée

Smartphone affichant un message polémique sur les réseaux sociaux

Ce qui interpelle dans cette séquence, c’est la normalisation totale des attaques physiques dans le débat parlementaire. On ne parle pas ici de deux inconnus qui s’insultent sur un forum. On parle de deux élus de l’Assemblée nationale qui s’envoient des piques sur leur calvitie et leur coiffure devant des millions de personnes.

Sébastien Chenu, en parlant de femmes « moches et mal coiffées », reprenait un vieux réflexe sexiste qu’on pensait en voie de disparition dans l’arène politique. Alma Dufour, en répondant sur la calvitie et les allusions sexuelles, a prouvé que ce réflexe ne connaît pas de camp. Les deux bords s’en servent avec la même décomplexion.

Le plus ironique ? Alma Dufour est une habituée des sorties remarquées. Ce n’est pas la première fois que la députée LFI fait parler d’elle pour des propos qui dépassent le cadre du débat d’idées. Un schéma récurrent qui pose une question simple : quand on est élu de la République, la liberté de ton a-t-elle des limites ?

La question que personne ne pose

Un détail a amusé — ou agacé — pas mal d’internautes. Pourquoi Alma Dufour a-t-elle réagi aussi violemment et aussi personnellement aux propos de Chenu ? Ce dernier ne la visait pas nommément. Sa tirade sur les « profs de socio à Nanterre » était générique, visant un archétype plus qu’une personne précise.

Certains commentateurs se sont demandé si la députée ne s’était pas sentie directement visée par le portrait-robot dessiné par l’élu RN. Une hypothèse impossible à confirmer, mais qui a alimenté les discussions en ligne. Ce qui est certain, c’est que la réponse personnalisée de Dufour, ciblant Chenu par son nom avec des allusions à sa vie intime, tranche avec le caractère généraliste de l’attaque initiale.

Dans les commentaires, les avis sont tranchés. Certains estiment que Chenu « n’avait qu’à pas commencer ». D’autres jugent que la réponse de Dufour est disproportionnée et franchit une ligne rouge en touchant à l’orientation sexuelle. Un internaute résume : « Quand on n’est pas canon, on évite de faire des remarques sur le physique des autres — et ça vaut pour les deux. » Difficile de lui donner tort.

Un symptôme plus qu’un cas isolé

Ce clash Dufour-Chenu n’est malheureusement pas un accident de parcours. Il s’inscrit dans une série de dérapages verbaux qui gangrènent la vie politique française depuis plusieurs années. Entre les insultes au perchoir, les prises de bec filmées et les tweets incendiaires, l’Assemblée nationale ressemble de plus en plus à un ring de MMA verbal.

Le problème, c’est que chaque camp justifie ses excès par ceux de l’adversaire. Chenu attaque ? Dufour réplique plus fort. Et inversement. Un engrenage sans fin où tout le monde perd — surtout les citoyens qui aimeraient entendre parler de pouvoir d’achat, de santé ou d’éducation plutôt que de calvitie et de soirées Chemsex.

Comme l’a écrit un commentateur désabusé : « Comment peut-on voter pour ces gens ? » Une question rhétorique, certes. Mais qui résonne de plus en plus fort à chaque nouveau dérapage. Le niveau du débat politique continue de dégringoler, et ni la gauche ni la droite ne semblent pressées de relever la barre.

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