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Des députés LFI ont reçu une balle de fusil et des menaces de mort à l’Assemblée nationale

Publié par Gabrielle Nourry le 09 Avr 2026 à 15:54
Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, à l'Assemblée nationale
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Le climat politique français vient de franchir un nouveau cap. Mathilde Panot, cheffe des députés La France insoumise, a révélé ce mardi avoir reçu de nouvelles menaces de mort à l’Assemblée nationale. Le détail qui glace : une vraie balle de fusil accompagnait la lettre. Plusieurs figures du parti sont nommément visées dans un courrier d’une violence rare.

Une lettre d’une brutalité inédite

C’est sur le réseau social X que Mathilde Panot a rendu publique cette nouvelle menace. Le courrier reçu au groupe parlementaire LFI ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Les noms de Rima Hassan, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Arnault, Louis Boyard, Manuel Bompard et Mathilde Panot elle-même y figurent, chacun accompagné d’insultes ciblées.

Le texte s’en prend à chaque député avec une violence nominative glaçante. Mélenchon est qualifié d’« islamiste », Panot de « grosse et grande gueule », Rima Hassan de « Palestinienne qui vomit la France », Raphaël Arnault de « milicien violent et fiché S », Louis Boyard d’« abruti » et Bompard de « grande gueule remplie de TOC ». Des mots choisis pour blesser, humilier et terroriser.

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Sept balles et une promesse macabre

Mais le plus inquiétant ne se trouve pas dans les mots. Une véritable balle de fusil était glissée avec le courrier. Et l’auteur de la lettre ne s’arrête pas là. « Nous en avons sept comme cela, et vous allez vous les prendre dans la gueule avant 2027 », peut-on lire dans le message.

La menace est directe, datée, précise. « Vous êtes la honte de la République, quittez le pays avant… », conclut la lettre, laissant planer une menace ouverte. Face à ce courrier, Mathilde Panot a immédiatement annoncé le dépôt d’une plainte. Elle impute ces menaces à l’extrême droite.

« Que l’extrême droite se le tienne pour dit, nous ne baisserons jamais la tête. Nous ne leur céderons rien », a-t-elle martelé sur X. Un message de fermeté, dans un contexte où les intimidations se multiplient.

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Une série d’intimidations qui ne s’arrête plus

Une balle de fusil posée sur une lettre de menaces, symbole de l'intimidation reçue par le groupe LFI à l'Assemblée nationale

Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Depuis plusieurs semaines, La France insoumise fait face à une escalade de menaces et d’actes d’intimidation. Le siège parisien du parti avait récemment été évacué après une alerte à la bombe. Cet épisode survenait quelques jours seulement après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, un événement qui avait provoqué de vives réactions.

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En pleine campagne des municipales, la candidate LFI à Strasbourg, Jamila Haddoum, a elle aussi été directement visée. Alors qu’elle collait des affiches en vue du scrutin, un homme de 61 ans l’a menacée de mort avec un couteau. Un acte d’une gravité extrême, survenu dans un contexte électoral déjà sous haute tension dans la ville alsacienne.

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En janvier déjà, une balle accompagnait un courrier

Le scénario de cette semaine rappelle étrangement celui de janvier dernier. À l’époque, le député Sébastien Delogu avait reçu une lettre menaçant directement sa vie, ainsi que celles de Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot. Comme aujourd’hui, une balle était jointe au courrier.

LFI avait alors publié un communiqué pour dénoncer ces faits, posant une question qui résonne toujours : « Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? » Force est de constater que la réponse n’est pas venue. Les menaces continuent, et leur intensité semble même s’amplifier.

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Un climat politique de plus en plus violent

Au-delà du cas LFI, ces événements s’inscrivent dans une dégradation généralisée du débat politique en France. Les élus de tous bords font de plus en plus souvent l’objet d’intimidations, voire d’agressions physiques. Des élues menacées de mort, des maires qui menacent leurs rivaux : la violence verbale et physique gagne du terrain dans la vie publique française.

La question qui se pose désormais est celle de la réponse des autorités. Comment protéger efficacement les parlementaires quand les menaces arrivent directement à l’Assemblée nationale ? Comment identifier et poursuivre les auteurs de ces courriers ? Pour l’heure, la plainte déposée par Mathilde Panot devra permettre d’ouvrir une enquête.

Une chose est sûre : quand des balles de fusil circulent par courrier au sein même du Parlement, c’est toute la démocratie qui est visée. Et pas seulement un groupe politique.

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