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« Il m’a sautée dessus comme une bête sauvage » : une ancienne Miss accuse Donald Trump d’agression sexuelle en 1993

Publié par Elsa Fanjul le 17 Avr 2026 à 10:32

Alors que Donald Trump siège de nouveau à la Maison-Blanche, une ancienne reine de beauté suisse sort du silence. Béatrice Keul, finaliste de Miss Suisse et de Miss Europe dans les années 1990, affirme avoir été agressée sexuellement par le milliardaire dans une suite d’hôtel new-yorkaise en 1993. Trente-trois ans plus tard, elle veut le traîner devant un juge. Et le nom de Jeffrey Epstein apparaît dans son récit.

Une invitation en or qui vire au cauchemar

En 1993, Béatrice Keul a 22 ans. Finaliste de concours prestigieux, elle évolue dans l’univers du mannequinat international. Quand Donald Trump — alors magnat de l’immobilier et propriétaire de concours de Miss — l’invite à New York, elle y voit une opportunité professionnelle exceptionnelle. Derrière les paillettes, la jeune femme décrit aujourd’hui un tout autre décor.

Suite d'hôtel luxueuse à New York dans les années 1990

C’est dans les colonnes d’Ouest-France, ce jeudi 16 avril 2026, que l’ex-Miss a choisi de livrer son témoignage. Selon elle, l’agression se serait produite dans une suite d’hôtel. Trump aurait utilisé sa force physique avant de lui intimer le silence par une promesse de « protection ». Une scène d’une violence rare, racontée avec des mots crus : « Il m’a sautée dessus comme une bête sauvage. »

Le récit de Béatrice Keul ne s’arrête pas à Trump. Elle décrit un univers de « prédateurs » et cite aux côtés du futur président le nom désormais tristement célèbre de Jeffrey Epstein. Un rapprochement qui ajoute une dimension supplémentaire à ce témoignage, alors que les révélations autour du réseau Epstein continuent de secouer le monde entier.

L’omerta des années 1990

Pourquoi avoir attendu plus de trois décennies pour parler ? C’est la question que beaucoup poseront. Et Béatrice Keul y répond elle-même avec une lucidité tranchante. Elle évoque la peur, celle des « femmes des années 90 que personne n’aurait cru ». À l’époque, Trump est intouchable à New York. L’ère #MeToo est encore à des décennies de distance.

Cette omerta, d’autres victimes liées à Epstein l’ont également décrite. Un mécanisme de silence où la puissance financière et sociale des agresseurs présumés rend toute plainte impensable. Pour une jeune mannequin suisse de 22 ans face à un milliardaire américain, les rapports de force étaient écrasants.

Femme déterminée brisant le silence sur les réseaux sociaux

La quinquagénaire relaie désormais son combat avec insistance sur ses réseaux sociaux. Fini le silence. Elle documente sa démarche publiquement, comme pour s’assurer que cette fois, sa parole ne pourra pas être étouffée. Mais déposer un témoignage dans la presse est une chose — obtenir que le président des États-Unis réponde devant un tribunal en est une tout autre.

Un président déjà condamné au civil pour agression sexuelle

Ce témoignage ne tombe pas dans un vide juridique. En 2023, un jury civil américain a reconnu Donald Trump responsable de l’agression sexuelle de la chroniqueuse E. Jean Carroll. Le tribunal l’a condamné à verser 5 millions de dollars de dommages et intérêts. Trump a toujours nié les faits et fait appel. Mais le précédent existe.

Béatrice Keul s’inscrit donc dans une liste qui s’allonge. Des dizaines de femmes ont, au fil des années, accusé Trump de comportements allant du harcèlement à l’agression sexuelle. Parmi les plus médiatisées, outre E. Jean Carroll, figurent des participantes à ses concours de beauté, des employées et des personnalités publiques. Les liens entre Trump et l’affaire Epstein ont aussi alimenté des doutes persistants.

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L’objectif affiché de l’ancienne Miss est clair : contraindre le 47e président à témoigner devant un juge. Une ambition qui se heurte à la question de l’immunité présidentielle, un bouclier juridique dont Trump a déjà su se servir par le passé. Des documents manquants dans le dossier Epstein ont par ailleurs semé le doute sur l’étendue de ce que la justice américaine est prête à investiguer.

Un contexte politique qui rend l’affaire explosive

Cette accusation surgit à un moment où la présidence Trump est déjà sous haute tension. Entre ses critiques croissantes de la part d’élus démocrates qui questionnent ses facultés mentales, ses menaces envers l’Iran et ses sorties polémiques — notamment envers le Pape et les catholiques —, le locataire de la Maison-Blanche multiplie les fronts.

Façade d'un tribunal américain au coucher du soleil

Ses partisans crieront probablement une fois de plus à la « chasse aux sorcières », l’expression devenue réflexe dès qu’une accusation touche Trump. Mais le timing pose question. Certains observateurs ont déjà soupçonné le président de provoquer des crises internationales pour détourner l’attention de ses affaires judiciaires personnelles.

Du côté de l’opinion américaine, la fatigue face aux scandales est réelle. Après des années de procédures, d’accusations et de rebondissements, une partie de l’électorat a intégré ces affaires comme du « bruit de fond » politique. Reste que le témoignage de Béatrice Keul présente une particularité : il est le premier à venir d’Europe, d’une femme qui n’a aucun enjeu partisan dans la politique américaine. Ni démocrate, ni républicaine — juste une ancienne mannequin suisse qui dit avoir été broyée par un système.

La question que personne ne veut poser

Peut-on réellement poursuivre un président en exercice pour des faits datant de 1993 ? La réponse dépend du système juridique américain, qui distingue les poursuites fédérales (bloquées tant que le président est en fonction) des poursuites civiles (théoriquement possibles, comme l’a montré l’affaire Clinton-Jones dans les années 1990).

Béatrice Keul devra aussi affronter la question de la prescription. En droit new-yorkais, une loi adoptée en 2022 — le « Adult Survivors Act » — a temporairement rouvert la fenêtre pour les victimes d’agressions sexuelles anciennes. C’est d’ailleurs cette loi qui a permis à E. Jean Carroll de déposer sa plainte. Reste à savoir si le cadre juridique permettra à l’ancienne Miss de suivre le même chemin.

Ce qui est certain, c’est que cette affaire remet en lumière un pattern troublant. Les témoignages de survivantes du réseau Epstein se multiplient depuis la publication des dossiers déclassifiés. Ghislaine Maxwell elle-même a promis de « révéler la vérité » sous certaines conditions. Et chaque nouvelle voix qui s’élève rend le silence des autres un peu plus assourdissant.

Trump, lui, n’a pour l’instant pas réagi publiquement au témoignage de Béatrice Keul. Son rapport aux femmes qui le confrontent est pourtant bien documenté. La suite se jouera devant les tribunaux — si Béatrice Keul parvient à y traîner l’homme le plus puissant du monde.

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