Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Food

3 marques de bière à ne plus acheter selon 60 Millions de consommateurs

Publié par Killian Ravon le 11 Mar 2026 à 19:00

Le sujet revient en boucle sur les réseaux et dans plusieurs médias. Selon 60 Millions de consommateurs, il existerait des bières à ne pas acheter en supermarché. Le fond de l’affaire est réel, mais il mérite d’être remis dans le bon contexte. L’enquête citée n’est pas un test inédit de mars 2026. Elle renvoie à une étude de 60 Millions publiée en 2018. Régulièrement remise en avant depuis fin 2025. Avec toujours le même constat central sur la présence de résidus de pesticides dans une partie des références analysées.

Trois bouteilles de bière aux marques floutées avec une grande croix rouge par-dessus
Trois bières aux étiquettes floutées, barrées d’une croix rouge.
Publicité

Au départ, le magazine a fait analyser 45 bières vendues en grande surface, dont 39 blondes et 6 blanches. Avec une recherche portant sur près de 250 molécules. Plusieurs reprises de presse concordent sur les chiffres principaux. 34 bières présentaient des résidus mesurables et 11 n’en montraient aucun dans ce panel précis. Ce point est important, car il évite deux contresens fréquents. Non, toutes les bières de supermarché ne sont pas concernées. Et non, l’étude ne parlait pas d’un danger immédiat pour le consommateur moyen.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pourquoi cette enquête refait surface en 2026

Si ce classement revient aujourd’hui, c’est parce qu’il coche toutes les cases d’un sujet viral. Un produit du quotidien, de grandes marques connues, et un mot très sensible, le glyphosate. Mais la réalité est plus nuancée. Les articles publiés ces derniers mois par Top Santé, Closer, Pleine Vie. Ou d’autres reprennent tous la même base, à savoir cette enquête de 2018. Sans qu’un nouveau test complet de 60 Millions ait été mis en avant dans les résultats consultés.

Publicité

Autrement dit, l’information n’est pas fausse. Mais sa présentation peut induire en erreur quand elle laisse penser à une alerte toute neuve. Pour un lecteur, la bonne lecture consiste donc à voir ce dossier comme un rappel de fond sur la qualité des matières premièree. Et sur la présence diffuse de certains pesticides dans l’alimentation, pas comme une crise sanitaire apparue soudainement cette semaine.

Gros plan sur une bière blonde servie, un visuel sobre pour illustrer la consommation courante. Crédit : Public Domain Images.

Ce que 60 Millions de consommateurs avait mesuré dans ces bières à ne pas acheter

Dans les bouteilles testées, les laboratoires n’ont pas trouvé une multitude de substances, mais quatre molécules seulement en quantités faibles : le glyphosate et trois fongicides, le boscalide, le folpet et le phthalimide. Le glyphosate apparaissait dans 25 bières, y compris dans deux références bio, avec des teneurs allant d’environ 0,41 à 9,23 microgrammes par litre. Affligem Blonde était citée comme la plus chargée du panel pour cette molécule.

Publicité

C’est ce résultat qui a le plus marqué les esprits. Déjà en 2018, CNEWS, Le Dauphiné Libéré, les DNA ou L’Info Durable rapportaient que la majorité des bières testées contenaient des résidus de pesticides, tout en précisant que les quantités restaient très faibles. On retrouve donc aujourd’hui, presque mot pour mot, la même tension entre deux idées : d’un côté, la contamination diffuse existe bel et bien ; de l’autre, les niveaux observés ne décrivaient pas un risque aigu à court terme dans une consommation ordinaire.

Des grains d’orge, matière première centrale dans la fabrication de nombreuses bières. Crédit : Miansari66.

Les trois marques les plus souvent citées

Les trois références qui reviennent dans toutes les reprises sont Affligem Blonde, Hoegaarden et la bière blonde Itinéraire des Saveurs, une marque de distributeur. Ces noms ne sont pas sortis de nulle part : ils sont systématiquement mentionnés comme les références les plus critiquées dans les reprises de l’enquête, car elles combinaient des résultats moins flatteurs que la moyenne sur le critère des résidus, avec une image de marque ou un positionnement commercial qui promettaient davantage.

Publicité

Il faut toutefois employer les bons mots. Parler de bières à éviter relève ici d’une recommandation de consommation et d’un jugement qualité, pas d’une interdiction réglementaire ni d’un retrait. Les articles qui reprennent l’étude précisent d’ailleurs qu’il ne s’agit pas d’un dépassement présenté comme dangereux en usage classique, mais plutôt d’un signal négatif sur la propreté du produit, la transparence des ingrédients et le rapport qualité-prix.

Plusieurs bouteilles de bière belge, pour illustrer la diversité des références vendues au public. Crédit : Drmies.

Le point le plus sensible : faut-il s’inquiéter pour la santé ?

Sur ce terrain, la prudence est indispensable. 60 Millions indiquait, selon les reprises consultées, qu’il faudrait boire près de 2 000 litres par jour de la bière la plus contaminée pour dépasser la dose journalière admissible du glyphosate. Cette estimation est cohérente avec la valeur toxicologique de référence rappelée par l’Anses, qui situe la DJA du glyphosate à 0,5 mg par kilo de poids corporel et par jour.

Publicité

Le message n’est pas “pas grave”, ni “très grave”. Il est plus inconfortable que cela. À l’échelle d’un verre ou de quelques bouteilles, les niveaux observés dans l’étude ne décrivent pas une exposition aiguë alarmante. En revanche, la présence de glyphosate dans une boisson transformée interroge sur l’addition de petites expositions répétées, au même titre que les salades en sachet ou les céréales du quotidien.

Publicité

Ce que l’enquête dit aussi des marques mieux classées

Un autre aspect a souvent été moins relayé. Parmi les 45 bières analysées, 11 ne présentaient aucun résidu détectable dans ce test, et plusieurs articles citent notamment Heineken Lager, Carlsberg et 33 Export. Cela ne signifie pas qu’elles sont “parfaites” sur tous les plans, mais cela montre au minimum qu’une production industrielle de grande diffusion peut obtenir de meilleurs résultats sur ce critère précis.

Cette partie de l’enquête est utile, car elle casse un réflexe très répandu : croire que le storytelling “abbaye”, “tradition”, “authentique” ou “premium” suffit à garantir une meilleure qualité. Dans le panel étudié, le prix, l’image et le discours marketing n’allaient pas toujours dans le même sens que les analyses. Pour le consommateur, c’est sans doute la leçon la plus concrète du dossier.

Des cuves de brassage en brasserie, rappel du rôle du procédé industriel derrière le produit fini. Crédit : BrunoHP.
Publicité

Comment choisir en rayon sans se laisser piéger

Face à ce type d’enquête, la première tentation est de chercher une liste définitive des bons et des mauvais produits. En pratique, il vaut mieux raisonner avec quelques repères simples et chercher des solutions pour limiter l’impact des polluants dans nos assiettes. Une marque qui précise mieux l’origine de ses céréales, qui reste lisible sur sa composition et qui ne vend pas seulement une image a déjà un avantage.

Le bio peut réduire l’exposition à certains pesticides, mais il n’apparaît pas non plus comme une garantie absolue du “zéro trace” dans cette affaire, puisque deux références bio figuraient parmi les bières contenant du glyphosate. Là encore, l’enquête invite moins à adopter une croyance automatique qu’à regarder les résultats et la transparence réelle des producteurs.

Il faut enfin rappeler un point qui dépasse complètement le débat sur les pesticides : la bière reste une boisson alcoolisée. En France, Santé publique France et les dispositifs publics d’information rappellent les repères de consommation à moindre risque : pas plus de deux verres par jour, pas tous les jours, et pas plus de dix verres par semaine. Une bière sans résidus détectables n’en devient pas pour autant un produit anodin.

Publicité

Que retenir

Au fond, ce dossier sur les bières à ne pas acheter dit deux choses à la fois. D’abord, l’alerte virale actuelle repose sur une vraie enquête, mais ancienne, qui continue d’être recyclée parce qu’elle touche à un angle très sensible de la consommation. Ensuite, les trois noms les plus souvent pointés, Affligem Blonde, Hoegaarden et Itinéraire des Saveurs, ne sont pas accusés d’un danger immédiat, mais d’offrir des résultats moins satisfaisants que d’autres références sur le critère des résidus de pesticides.

Publicité

Le vrai enseignement n’est donc pas de paniquer devant le rayon bière. Il est plutôt d’acheter avec un peu plus de recul, de ne pas confondre image et qualité, et de retenir qu’en matière d’alcool comme d’alimentation, la meilleure protection reste souvent une combinaison de modération, d’information fiable et de choix moins automatiques.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

N'oubliez pas de cliquer sur l'email de validation pour confirmer votre adresse email. Si vous ne l'avez pas recu vérifiez dans vos spams.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *