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Citrons : des analyses pointent deux pays pour des niveaux élevés de pesticides

Publié par Killian Ravon le 11 Fév 2026 à 19:00

Dans la cuisine, le citron passe pour un réflexe “sain”. Un trait dans l’eau, un zeste sur un plat, une rondelle pour relever une sauce. Pourtant, quand on s’intéresse à sa provenance, le tableau devient plus nuancé : certains lots importés peuvent porter des résidus de pesticides et de fongicides, parfois en mélange.

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Citrons importés d’Espagne et du Brésil analysés en laboratoire pour détecter des résidus de pesticides.
Des citrons d’origine Espagne et Brésil font l’objet d’un test de résidus, rappelant que l’origine et les traitements post-récolte peuvent varier selon les filières.

Derrière ce fruit banal se cache surtout une question simple : quand on achète un citron, qu’est-ce qu’on achète vraiment ? Des analyses et rapports publiés ces dernières années invitent à regarder l’étiquette d’un peu plus près, et à ajuster quelques habitudes, pour limiter l’exposition inutile… sans tomber dans la parano.

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Un fruit “solide”… mais très traité après récolte

Le citron voyage. Il doit tenir plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, sans pourrir et sans s’abîmer. Pour y arriver, la filière s’appuie sur des traitements post-récolte : des substances destinées à limiter les moisissures, à protéger la peau, ou simplement à améliorer l’aspect.

C’est là que la confusion s’installe souvent. On pense “pesticides” au sens strict, appliqués dans les vergers. Or, une partie des molécules retrouvées sur les agrumes sont des fongicides ou des traitements de surface appliqués après la cueillette, notamment pour résister au transport.

Autre point important : la peau du citron est précisément la partie qu’on utilise beaucoup. Zestes, écorces confites, citron râpé, rondelles dans une carafe… À la différence d’une banane, on a vite fait de consommer (volontairement) ce qui se trouve sur l’enveloppe.

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Les citrons sont souvent produits loin des lieux de consommation, ce qui allonge la chaîne logistique. Crédit : Vin09.

Pourquoi l’origine compte autant en France

Un détail change tout : la France produit peu de citrons, et importe l’essentiel de ce qu’elle consomme. Selon le mémento du CTIFL, la France importe autour de 140 000 tonnes de citrons par an, principalement d’Espagne, tandis que la production nationale reste marginale (environ 4 500 tonnes), notamment autour de Menton et en Haute-Corse.

Ce déséquilibre explique pourquoi l’origine “Espagne” est si fréquente en rayon. Dans les faits, cela ne veut pas dire que tous les citrons espagnols posent problème. En revanche, dès qu’un mode de production est plus intensif et que le transport est long, la tentation de sécuriser la marchandise avec des traitements augmente.

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Le sujet devient encore plus sensible quand certaines molécules ne sont pas autorisées pour un usage agricole en France, tout en restant possibles dans d’autres cadres, notamment sur des fruits importés et traités après récolte.

Avant la cueillette, la protection contre maladies et ravageurs varie selon les pratiques agricoles. Crédit : Sengai Podhuvan.

Le cas de l’imazalil, souvent cité sur les agrumes

Parmi les substances régulièrement mentionnées figure l’imazalil, un fongicide associé aux traitements post-récolte sur certains agrumes. Sur le plan toxicologique, sa classification officielle au titre du règlement CLP (classification européenne) le fait notamment apparaître avec la mention H351 (“susceptible de provoquer le cancer”).

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L’idée n’est pas de résumer un risque sanitaire à une seule phrase. En pratique, tout dépend des niveaux de résidus, de la fréquence d’exposition et des usages (zeste, jus, cuisine). Mais ce type de classification rappelle pourquoi les débats sur les agrumes ne se limitent pas à un “simple rinçage”.

Brésil : ce que dit réellement l’enquête de Greenpeace sur les citrons verts

Côté Amérique du Sud, ce sont surtout les citrons verts qui ont fait l’objet d’alertes médiatiques. En avril 2023, Greenpeace a publié un rapport basé sur des analyses de laboratoire de 52 échantillons achetés dans huit pays européens. Selon l’ONG, 51 échantillons sur 52 contenaient des résidus de pesticides, et un même échantillon pouvait cumuler plusieurs substances, rappelant parfois les problématiques rencontrées sur certains melons.

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Greenpeace Belgique, qui a aussi relayé l’opération, évoque 27 substances actives détectées (biocide, herbicides, fongicides, insecticides) et indique qu’une partie n’est pas autorisée dans l’Union européenne.

Ce point est central : on ne parle pas seulement de “présence” ou “absence”, mais de cocktails de résidus. Or, dans la vie réelle, l’exposition se fait rarement à une molécule isolée.

Quand la peau est consommée (zestes), la question des résidus devient plus sensible. Crédit : BDaniel.
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Effets sanitaires : ce que l’on sait, et ce qui reste débattu

Les autorités sanitaires distinguent l’évaluation “molécule par molécule” et la question plus complexe des expositions multiples et répétées. Sur le volet des perturbateurs endocriniens, l’EFSA rappelle le cadre scientifique permettant d’identifier des substances capables d’interférer avec le système hormonal lorsqu’elles entraînent des effets néfastes.

Pour le grand public, la difficulté est ailleurs : comment traduire ces notions dans un panier de courses ? Un citron de temps en temps ne fait pas le même scénario qu’un usage quotidien, avec zestes et rondelles, dans une famille qui consomme beaucoup d’agrumes.

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Il faut aussi garder la tête froide : les limites maximales de résidus existent, et une partie des contrôles aboutit à des lots conformes. Cela n’empêche pas les alertes, ni les dépassements ponctuels, ni le débat sur la cohérence des règles quand certaines substances interdites dans un pays se retrouvent malgré tout sur des produits importés.

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Laver, brosser, tremper : utile, mais pas magique

On entend souvent : “Il suffit de laver.” C’est vrai… et insuffisant à la fois. UFC-Que Choisir rappelle que le rinçage à l’eau courante élimine les pesticides de manière très variable selon les molécules, et que le frottage ou certains bains peuvent améliorer l’élimination, comme c’est aussi conseillé pour les fraises.

Même son de cloche dans un article relayant les propos de la chercheuse Laurence Payrastre : le nettoyage peut réduire une partie des résidus de surface, mais ne règle pas le cas des pesticides dits “systémiques”, susceptibles d’être présents à l’intérieur du fruit.

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En clair, un bon lavage est un réflexe utile. La meilleure stratégie reste pourtant en amont : choisir une filière et une provenance qui minimisent le besoin de traitements.

Les traitements phytosanitaires, qu’ils soient de culture ou post-récolte, nourrissent le débat sur les résidus. Crédit : Galeri ega.

Citrons pesticides : les choix qui réduisent vraiment le risque

Tout commence par l’étiquette. Quand l’origine est lisible, elle donne déjà un indice sur la distance parcourue, la durée de transport et, souvent, le type de conservation nécessaire. Ensuite, il faut décider de l’usage : un citron pour son jus n’implique pas le même niveau d’attention qu’un citron pour ses zestes.

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Pour les zestes, l’arbitrage est simple : mieux vaut viser des citrons bio (ou, à défaut, explicitement “non traités après récolte” quand l’information est disponible). La logique est la même si le citron finit en rondelles dans une boisson : la peau reste au contact, parfois longtemps.

Quand le budget est serré, on peut aussi “réserver” le citron bio aux usages où la peau est consommée, et garder un citron conventionnel pour un jus filtré. Ce n’est pas parfait, mais c’est une manière réaliste de réduire l’exposition.

Enfin, la production française, même minoritaire, existe. Le CTIFL rappelle qu’elle reste faible, mais elle s’appuie sur des bassins identifiés. Là encore, l’objectif n’est pas de sacraliser une origine, plutôt de raccourcir la chaîne quand c’est possible.

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Ce que cette histoire raconte aussi : nos critères “beaux fruits” ont un coût

Un citron doit être jaune, brillant, sans tache : cette attente pèse sur la filière. Plus l’exigence esthétique est forte, plus la tentation de corriger l’apparence (et de sécuriser la conservation) augmente, surtout quand les volumes sont énormes et la concurrence rude. On peut d’ailleurs se demander : pourquoi recycler les peaux d’agrumes si elles sont si traitées ? La réponse réside souvent dans le choix du bio.

On peut inverser la logique à l’échelle individuelle. Accepter un citron un peu moins “parfait”, privilégier un fruit destiné au jus plutôt qu’au zeste, varier les agrumes selon les saisons : ce sont de petits gestes, mais ils envoient un signal économique clair.

Au fond, la question n’est pas “faut-il arrêter le citron ?”. Elle ressemble plutôt à : “quand je l’utilise, est-ce que je peux choisir celui qui me protège le mieux, sans me compliquer la vie ?”.

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Le problème de la peau du citron

Le citron reste un aliment utile et polyvalent, mais sa peau concentre une partie des enjeux liés aux traitements. Les analyses relayées par Greenpeace sur des citrons verts brésiliens, et les discussions autour de fongicides post-récolte comme l’imazalil, rappellent qu’un agrume n’est pas qu’un agrume : c’est aussi une chaîne logistique et des choix agricoles.

Pour réduire le risque, la méthode la plus efficace tient en trois mots : origine, usage, étiquette. Et si vous zestez souvent, le choix du bio (ou du non-traité après récolte) devient moins un “luxe” qu’un réflexe cohérent.

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