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Ce maire alsacien inscrit 5 vaches à l’école pour sauver une classe

Publié par Gabrielle Nourry le 04 Avr 2026 à 18:02

À Moosch, petit village du Haut-Rhin, un maire a trouvé la parade la plus improbable pour empêcher la fermeture d’une classe dans son école : inscrire cinq vaches. Abondance, Amandine, Abeille, Arlette et Amsel ont officiellement rejoint les effectifs scolaires. Derrière l’humour, un cri de colère bien réel contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale.

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Quatre élèves manquants, cinq génisses en renfort

Maire de Moosch devant l'école avec cinq génisses

L’école de Moosch, commune de 1 620 habitants, compte actuellement 66 élèves en primaire et 30 en maternelle, répartis dans cinq classes. Problème : il manque quatre élèves pour que l’établissement conserve ce nombre de classes à la rentrée prochaine. Une situation qui menace directement l’organisation pédagogique du village.

Si une classe venait à fermer, les élèves de CP devraient potentiellement cohabiter avec ceux de maternelle. Un scénario que le maire, José Schruoffeneger, refuse d’accepter. Comme le rapporte France Bleu Alsace, l’élu a donc décidé de frapper fort — et avec humour — en inscrivant cinq génisses pour combler le déficit d’effectifs.

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« On rigole, mais en fait, on est très fâchés »

Cinq vaches installées à des bureaux d'école en plein air

José Schruoffeneger, ancien professeur d’histoire-géographie en collège, ne manque pas de second degré. « On va remplir un dossier d’inscription pour Abondance, Amandine, Abeille, Arlette et Amsel. Généralement les génisses préfèrent les pâturages aux salles de classe, donc on demandera aux institutrices de faire classe dehors, il paraît que c’est très tendance en ce moment », a-t-il déclaré.

Mais derrière la blague, le message est limpide. « On rigole, mais en fait, on est très fâchés », a-t-il tenu à préciser. L’élu reconnaît jouer « au quatrième degré de l’humour potache », tout en espérant que cette action fera réagir les décideurs de l’Éducation nationale. L’initiative a d’ailleurs provoqué un afflux d’appels de journalistes dès le matin.

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Les cinq génisses ont été gracieusement prêtées par un éleveur du village, également conseiller municipal. Une solidarité locale qui illustre bien la mobilisation de toute la commune autour de son école. Ce genre d’initiative insolite rappelle que les petites communes rivalisent d’imagination pour se faire entendre.

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Un mouvement de grève national en toile de fond

L’action du maire de Moosch ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un contexte de grève nationale dans l’Éducation nationale, ce mardi 1ᵉʳ avril. Entre 10 % et 30 % des enseignants ont cessé le travail pour protester contre les suppressions de postes, les fermetures de classes et réclamer une revalorisation de leurs salaires.

Partout en France, la carte scolaire cristallise les tensions. Les communes rurales sont en première ligne : chaque élève compte, et la perte d’une seule classe peut fragiliser tout un territoire. Le ministre de l’Éducation nationale se retrouve sous pression, entre contraintes budgétaires et détresse des territoires.

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Les mouvements sociaux dans l’éducation se multiplient ces derniers mois. Et quand les banderoles ne suffisent plus, certains élus sortent des sentiers battus. Inscrire des vaches à l’école, c’est absurde. Mais c’est justement cette absurdité qui fait le buzz et attire l’attention des médias nationaux.

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Des écoles rurales sous pression partout en France

École rurale alsacienne avec banderole de protestation

Le cas de Moosch n’est malheureusement pas isolé. Des dizaines de communes françaises font face chaque année à des menaces de fermeture de classes. Dans les villages de moins de 2 000 habitants, la démographie scolaire fluctue d’une année sur l’autre, et il suffit parfois de deux ou trois départs pour que la couperet tombe.

La fermeture d’une classe, c’est aussi un signal négatif pour l’attractivité d’un village. Des familles hésitent à s’installer, les services publics reculent, et un cercle vicieux s’enclenche. Certains maires alertent depuis des années sur ce phénomène, sans toujours trouver d’écoute auprès des rectorats. Des départements entiers souffrent d’isolement et voient leurs services fondre un à un.

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José Schruoffeneger espère que son coup d’éclat fera bouger les lignes. En attendant, Abondance, Amandine, Abeille, Arlette et Amsel restent les élèves les plus célèbres d’Alsace. Et leur inscription, aussi symbolique soit-elle, a le mérite de poser une vraie question : jusqu’où faut-il aller pour que l’État entende les petites communes ?

L’humour comme arme politique

Ce n’est pas la première fois qu’un élu français utilise la dérision pour porter un combat. On a déjà vu des maires organiser des mariages symboliques entre communes, rebaptiser des rues ou encore prendre des arrêtés municipaux décalés pour attirer l’attention. L’humour a cet avantage : il désamorce l’agressivité tout en rendant le message viral.

José Schruoffeneger le sait mieux que personne. Ancien prof, il maîtrise l’art de capter l’attention. Et visiblement, ça fonctionne. Son histoire a fait le tour des rédactions en quelques heures, bien plus efficacement qu’un énième communiqué de presse. Reste à savoir si l’académie de Strasbourg prendra la chose avec autant d’humour que les internautes.

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Une chose est sûre : à Moosch, les vaches ne font pas que brouter. Elles militent.

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