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“Mieux vaut être seul que mal accompagné” : la science souligne l’importance de l’amour de soi

Publié par Killian Ravon le 15 Fév 2026 à 9:30

On a tous déjà entendu la phrase “il faut s’aimer soi-même avant d’aimer quelqu’un”. Derrière ce qui ressemble à un conseil un peu facile, la recherche raconte une histoire beaucoup plus concrète : l’amour de soi influence la façon dont on entre en couple, dont on s’y sent, et même la manière dont on s’en relève quand ça s’arrête.

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Amour de soi : une femme assise face à la mer au coucher du soleil, main sur le cœur
Prendre le temps de se retrouver avec soi-même, avant de laisser une relation définir sa valeur.

Le proverbe “mieux vaut être seul que mal accompagné” revient souvent après une déception. Il sonne comme une défense, parfois comme un renoncement. Pourtant, ce qu’il dit en filigrane est moins triste qu’il n’y paraît : la solitude n’est pas un échec quand elle protège de relations qui abîment, et elle peut même devenir un terrain d’entraînement pour des liens plus sains.

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Dans un article publié par Psychologies début février 2026, plusieurs travaux scientifiques sont mobilisés pour appuyer cette idée : une estime de soi solide rendrait les relations plus stables, tandis qu’une estime de soi fragile fragilise le couple.

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Ce n’est pas qu’une question de “positivité”. Il est plutôt question de mécanismes très simples : ce qu’on tolère, ce qu’on demande, ce qu’on croit mériter. Et, surtout, de la façon dont on interprète l’autre quand on a peur de perdre.

Parfois, la rencontre arrive quand on cesse de se juger en permanence. Crédit : Alejandra Quiroz.

L’amour de soi, un filtre invisible au moment de rencontrer quelqu’un

Avant même la relation, l’estime de soi joue un rôle au moment d’oser. Oser envoyer un message, proposer un rendez-vous, se montrer tel qu’on est. Quand l’image de soi est instable, on hésite plus, on se compare davantage, et on peut finir par confondre “attirance” et “validation”.

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Une grande étude longitudinale menée sur plusieurs milliers de jeunes adultes en Allemagne a justement regardé ces “transitions” : débuter une relation, se séparer, se marier. Les résultats indiquent que le niveau d’estime de soi prédit certains tournants : une estime de soi plus élevée est associée à l’entrée dans une relation, alors qu’une estime de soi plus faible est associée à un risque plus fort de rupture.

Fait intéressant, l’effet va dans les deux sens. Commencer une relation peut aussi faire monter l’estime de soi, surtout si la relation dure, et une rupture peut la faire baisser… mais cette baisse tend à s’atténuer avec le temps. Autrement dit, l’amour ne “répare” pas magiquement, mais certaines expériences relationnelles peuvent soutenir ou fragiliser ce que l’on pense de soi.

Derrière ces statistiques, il y a une réalité très quotidienne. Quelqu’un qui se sent “assez” a moins besoin que l’autre prouve, rassure, confirme en continu. Il ou elle s’autorise davantage à choisir, plutôt qu’à être choisi.

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Un couple se construit aussi dans la sécurité émotionnelle. Crédit : Sebastien Gabriel.

Quand l’estime de soi vacille, le couple devient un test permanent

La faible estime de soi ne provoque pas une rupture à elle seule. Elle crée plutôt un climat : peur d’être remplacé, hypervigilance, difficulté à poser des limites, ou au contraire besoin de contrôler. À la longue, le lien s’épuise, parce que tout devient une preuve à fournir.

De nombreux chercheurs décrivent un cercle classique : si je me sens peu digne d’être aimé, je lis plus facilement les signes comme des menaces. Un silence devient un rejet. Une soirée entre amis devient un risque. À force, on demande à l’autre de compenser ce qui manque à l’intérieur… et c’est une mission impossible.

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Une revue scientifique portée par des chercheurs de l’Université de Berne (et plus largement par les travaux d’Ulrich Orth et R. Yasemin Erol) résume bien l’état de la littérature : une estime de soi élevée est globalement bénéfique pour la qualité des relations amoureuses, et certaines données en couple suggèrent même un effet positif sur le bien-être du partenaire.

Ce point est essentiel, parce qu’il casse une idée reçue : s’aimer n’est pas “être centré sur soi”. Au contraire, quand on se sent stable, on devient souvent plus clair, plus fiable, plus capable d’empathie. La relation gagne en sécurité.

À l’inverse, quand on ne s’aime pas, on peut rester trop longtemps dans des histoires bancales, simplement parce qu’on confond intensité et valeur. Le Tribunal du Net a déjà raconté comment certaines pratiques toxiques comme le roaching peuvent faire mal à l’estime de soi, et pourquoi il est difficile d’en sortir quand on doute de soi.

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“Mieux vaut être seul” : pas une punition, un repère

Être seul peut faire peur. Le silence, les week-ends vides, l’impression de manquer quelque chose. Pourtant, la solitude choisie peut devenir une sorte de sas : un endroit où l’on réapprend à écouter ses besoins sans les négocier.

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Cela ne veut pas dire “arrêter de chercher l’amour” au sens fataliste. Cela veut dire arrêter de chercher contre soi. Sur TDN, un article expliquait déjà pourquoi, après une rupture, remettre l’énergie sur soi (plutôt que sur la chasse aux rencontres) peut paradoxalement rendre plus attirant, plus stable, plus disponible.

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Ce qui change, c’est le point de départ. On ne rencontre plus pour combler un manque, mais pour partager une vie déjà habitable. Et cette nuance-là se voit très vite : dans la façon de choisir, dans la patience, et même dans le type de personnes qui restent.

Dans la vraie vie, cela se traduit aussi par des micro-décisions. On répond moins aux messages tièdes. On n’accepte plus les rendez-vous “entre deux”. Et on ne s’excuse plus d’exister. Sans devenir dur, on devient cohérent.

L’amour de soi peut changer la façon dont on se laisse aimer. Crédit : Leon Brocard.
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Comment renforcer l’amour de soi sans tomber dans les slogans

On associe souvent l’“amour de soi” à des mantras ou à des routines parfaites. En réalité, il s’agit surtout d’un entraînement : apprendre à se parler comme on parlerait à quelqu’un qu’on aime. Et construire une confiance qui ne dépend pas uniquement du regard extérieur.

Des psychologues distinguent d’ailleurs l’estime de soi (“ce que je vaux”) de la compassion envers soi (“comment je me traite quand je souffre”). Sur ce point, la chercheuse Kristin Neff a popularisé l’idée que la compassion envers soi aide à traverser l’échec sans s’écraser ni se durcir. Son intervention TEDx sur le sujet est devenue l’une des ressources les plus citées dans la vulgarisation autour du “self-compassion”.

Concrètement, cela peut commencer par une pratique très simple : repérer la petite phrase automatique qui tombe quand on se sent menacé (“je suis nul”, “je ne mérite pas”, “je vais être quitté”) et la remplacer par une phrase exacte, moins violente, plus utile. Pas besoin d’y croire à 100% au début : l’idée est d’arrêter de se tirer dessus au moment où l’on a besoin de soutien.

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Tenir un journal de ce qui a été fait, même modestement, fonctionne aussi pour beaucoup de personnes. L’intérêt n’est pas de “prouver” qu’on est génial, mais de rendre visibles des efforts que le cerveau oublie vite, surtout en période de stress ou quand la relation s’essouffle. Psychologies évoque cette logique d’auto-observation, justement pour sortir du réflexe de dénigrement.

Il y a enfin un levier sous-estimé : les limites. Dire non, clarifier ce qu’on accepte, ne pas négocier sur l’essentiel. Ce n’est pas un exercice de pouvoir, c’est un exercice de respect. Et, souvent, une relation “saine” commence par une phrase qui évite un grand gâchis.

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Le signe que ça progresse vraiment

On sait que l’amour de soi se renforce quand la paix intérieure devient plus fréquente que l’angoisse. On ne cherche plus à vérifier. Ainsi, on demande, on écoute, on répond. La relation n’est plus une audition permanente.

À ce stade, rencontrer quelqu’un ne ressemble plus à une bouée. Cela ressemble à une rencontre.

Se parler autrement : un détail qui finit par peser dans tout le reste. Crédit : Bill Branson.
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L’estime de soi influence notre vie amoureuse

La science ne dit pas “aime-toi et tout ira bien”. Elle montre plutôt que l’estime de soi influence les étapes clés de la vie amoureuse : entrer en relation, y rester, traverser les crises. Quand l’amour de soi est travaillé, le couple cesse d’être un endroit où l’on se prouve quelque chose, et redevient un espace où l’on construit.

“Être seul” n’est donc pas le contraire de l’amour. C’est parfois la condition pour ne plus accepter ce qui nous rétrécit… et pour laisser une vraie place à quelqu’un qui nous respecte.

Revenir à soi n’est pas se fermer : c’est se stabiliser. Crédit : Salma Haoudi.
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