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Tempête hivernale : un monstre de près de 3 000 km menace les États-Unis

Publié par Killian Ravon le 23 Jan 2026 à 13:14

La tempête Fern s’apprête à balayer une immense partie des États-Unis à partir de ce jeudi 22 janvier.

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Tempête Fern : verglas, neige et interventions sur le réseau électrique aux États-Unis
Sous la tempête Fern, le verglas pèse sur les lignes et les équipes réparent, tandis que la circulation avance au ralenti sous la neige.

Selon les services météo américains, plus de 175 millions de personnes pourraient subir verglas, neige et coupures de courant, avec un ressenti parfois proche de -46°C.

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Un couloir de neige et de glace du Texas jusqu’au Nord-Est

Sur les cartes, la signature de Fern est spectaculaire. Les prévisions évoquent un système hivernal étiré sur plusieurs milliers de kilomètres, capable de relier le Texas et les Grandes Plaines aux États de la côte Est. Le National Weather Service (NWS) parle d’un épisode de froid arctique derrière un front froid, avec une dégradation progressive vers la vallée du Mississippi, la vallée de l’Ohio et le Nord-Est d’ici le week-end.

Ce type de tempête n’est pas seulement une “grosse chute de neige”. Le risque majeur, cette fois, tient au cocktail. D’un côté, de l’air très froid qui s’installe et ne lâche plus. De l’autre, des précipitations susceptibles de passer de la pluie au grésil, puis à la pluie verglaçante. Or, la glace est souvent plus destructrice que la neige. Elle alourdit les branches, arrache des câbles, et fragilise les pylônes.

À New York, la vague de froid est déjà là. Le relevé effectué à Central Park a atteint -9°C, avec un ressenti d’environ -17°C sous l’effet du vent, un niveau présenté comme le plus bas observé depuis le début de l’hiver dans la ville.

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Tempête Fern : pourquoi le ressenti peut chuter aussi bas

Les valeurs de “température ressentie” impressionnent. Dans les Grandes Plaines du Nord, des services météo évoquent un ressenti pouvant plonger sous -46°C. À ce stade, quelques minutes dehors peuvent suffire à provoquer des engelures sur une peau exposée.

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Il faut comprendre ce que mesure ce chiffre. Le “wind chill” n’est pas une température réelle. Il traduit la vitesse à laquelle le corps perd sa chaleur quand l’air est froid et que le vent accélère le refroidissement de la peau. Le NWS rappelle aussi un point souvent mal compris : le vent ne “refroidit” pas les objets inertes comme il refroidit un humain. En revanche, il augmente fortement le danger pour une personne mal protégée.

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Pourquoi une telle descente du froid ? Le mécanisme est classique, mais sa mise en place peut être brutale. Lorsqu’une portion d’air arctique s’enfonce vers le sud, elle peut être canalisée par une circulation atmosphérique plus ondulée. La NOAA explique que le vortex polaire, vaste zone de basses pressions et d’air froid autour du pôle, s’étend souvent en hiver et peut favoriser des “plongées” d’air glacial vers les États-Unis.

Cette situation n’implique pas, à elle seule, une “anomalie” durable. Elle décrit surtout une dynamique de saison froide. En parallèle, des travaux cherchent à améliorer la prévision de ces décrochages arctiques, précisément parce qu’ils concentrent un risque humain et économique majeur.

La pluie verglaçante peut endommager arbres et infrastructures électriques. Crédit : UpstateNYer / Matt H. Wade.
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Neige lourde, verglas, vols annulés : la chaîne des perturbations

Au sol, les effets se propagent vite. La neige ralentit, mais la glace paralyse. Quand les routes deviennent des patinoires, les services de déneigement se retrouvent sous pression, et les accidents se multiplient. Dans le Michigan, la question du sel devient même un sujet en soi. À Monroe County, les responsables locaux expliquent avoir consommé plus de sel que sur les quatre mois de décembre précédents réunis, signe d’un hiver déjà très exigeant.

Sur la côte Est, les projections restent évolutives, mais certains scénarios sont déjà lourds. Dans la région de Washington, D.C., des prévisions évoquent 5 à 10 inches de neige, avec un mélange possible de grésil et de pluie verglaçante selon les zones. Les autorités locales insistent sur la préparation, car la couche de glace, même fine, suffit à provoquer des chutes d’arbres et des coupures de courant.

Pour New York, plusieurs médias météo ont évoqué un potentiel proche de 30 centimètres dans les scénarios hauts. Là encore, tout dépendra du trajet exact de la dépression et de la limite pluie-neige.

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Dans un pays très dépendant des déplacements longue distance, l’aviation est un baromètre immédiat. Dès que le givre s’installe sur les pistes ou que la visibilité chute, les hubs ralentissent. Ensuite, l’effet domino commence. Des avions restent cloués au sol, des équipages ne rejoignent plus leur rotation, et les retards se propagent d’un État à l’autre.

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Le Texas, peu habitué à ces conditions, se prépare à l’arrivée d’un nouveau coup de froid. Crédit : Jno.skinner.

Des États en mode “urgence” et un souvenir qui hante le Texas

Dans le Sud, le mot “tempête hivernale” réveille un traumatisme récent. Au Texas, le gouverneur Greg Abbott a annoncé l’activation de ressources d’urgence avant l’arrivée du mauvais temps. Il a aussi communiqué sur une mobilisation de la division de gestion des urgences, avec un dispositif renforcé à l’approche du week-end.

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Le message politique est clair : éviter une répétition du drame de 2021. Cette année-là, la vague de froid et les pannes massives avaient provoqué une crise humanitaire. Le Texas Tribune rappelle que le bilan officiel de l’épisode a été fixé à 246 morts, après révision par les autorités sanitaires texanes.

Depuis, le réseau électrique et la préparation des opérateurs sont scrutés. La question n’est pas seulement “le courant va-t-il tenir ?”. Même si le réseau résiste, des coupures locales restent possibles si la glace casse des lignes ou si des arbres tombent. C’est précisément le scénario que redoutent les prévisionnistes quand la pluie verglaçante s’invite dans l’équation.

Plus au nord, d’autres comtés mettent en place des mesures très concrètes. Au Texas encore, des collectivités annoncent l’ouverture de centres chauffés et la préparation d’abris, afin de protéger les personnes isolées ou sans logement si les températures restent durablement négatives.

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Central Park sous la neige lors d’un épisode hivernal à New York. Crédit : Anthony Quintano.

Un risque humain sous-estimé : hypothermie, intoxications, isolement

Les images de neige attirent toujours l’attention. Pourtant, l’impact le plus silencieux vient souvent après. D’abord, l’hypothermie. Ensuite, les intoxications au monoxyde de carbone. Elles surviennent quand des générateurs ou des chauffages d’appoint sont utilisés dans de mauvaises conditions, notamment dans des espaces clos.

Il y a aussi la question de l’isolement. Dans certaines zones rurales, un cumul important peut rendre des routes impraticables plusieurs jours. Des expériences passées l’ont montré : quand les chasse-neige ne passent plus, l’accès aux soins se complique, et une urgence médicale devient plus difficile à gérer.

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Enfin, le froid extrême “fige” la situation. Quand le mercure reste bas, la neige ne fond pas. La glace non plus. Les interventions sont alors plus longues, et les réparations plus complexes, surtout si les équipes doivent travailler avec du vent et un ressenti très négatif.

Une dynamique de vortex polaire peut favoriser des descentes d’air arctique vers l’Amérique du Nord. Crédit : NASA Goddard Space Flight Center.

Le vrai enjeu : la résilience des réseaux face aux extrêmes

Fern met en lumière une réalité structurelle : aux États-Unis, les tempêtes hivernales sont aussi des crises d’infrastructure. Routes, électricité, eau, télécoms, logistique alimentaire : tout est lié. Une panne d’électricité peut entraîner une perte de chauffage, puis une rupture de canalisations, puis une fermeture d’école, puis une difficulté à se rendre au travail. Tout s’enchaîne.

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C’est aussi pour cela que l’événement est suivi de près au-delà des frontières américaines. D’un côté, il rappelle que le “risque hiver” ne concerne pas seulement le nord du continent. De l’autre, il montre qu’un pays très équipé peut rester vulnérableisé lorsque les phénomènes s’étendent sur des milliers de kilomètres.

Vue satellite d’une ville immobilisée par la neige, un risque qui revient avec Fern. Crédit : Copernicus Sentinel-2.

Un épisode rare et spectaculaire

Tempête Fern n’est pas qu’un épisode de neige spectaculaire. C’est un test grandeur nature de préparation et de solidarité, sur un territoire immense. Si le scénario de verglas se confirme, les coupures et les blocages pourraient se multiplier, parfois loin des zones “habituées” à l’hiver. Dans ce type de tempête, l’information officielle et les gestes simples font souvent la différence entre un contretemps et un drame.

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