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Vortex polaire : les dates où janvier 2026 pourrait virer au grand froid, la France en « mode Sibérie » ?

Publié par Killian Ravon le 22 Jan 2026 à 18:03

Après un début d’hiver très agité puis un redoux sensible, l’idée d’un “retour brutal du froid” s’invite à nouveau dans les discussions météo.

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Photo réaliste d’une avenue parisienne sous la neige, avec la tour Eiffel en arrière-plan dans une brume hivernale.
Paris sous un temps froid et neigeux : une illustration sobre pour évoquer un possible coup de froid en fin de mois.

Fin janvier 2026, plusieurs scénarios surveillent une bascule possible vers un flux continental, mais la fiabilité reste limitée à cette échéance.

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Diagramme de circulation atmosphérique (cellules, vents dominants et zones de convergence). Crédit : Burschik.
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Un “vortex polaire”, ce n’est pas une boule de glace qui fonce sur la France

Le vortex polaire, c’est d’abord une mécanique atmosphérique à grande échelle : une vaste zone de basses pressions en altitude autour du pôle, associée à des vents rapides qui confinent l’air très froid aux hautes latitudes. Quand ce système se décale, s’étire ou se fragilise, il peut favoriser des “décrochages” d’air polaire vers l’Europe, parfois via une réorganisation du courant-jet. Météo-France rappelle que ses variations (position, réchauffement en altitude) peuvent influer sur notre météo, jusqu’à provoquer un coup de froid — et, plus rarement, une vague de froid.

Côté scientifique, NOAA Climate.gov insiste aussi sur le fait qu’on parle d’un vortex stratosphérique saisonnier, qui se forme et se renforce en hiver, et dont les perturbations peuvent avoir des conséquences en chaîne sur la circulation atmosphérique.

Dit autrement : le mot “vortex” ne suffit pas à prédire la neige à Paris. Tout dépend de la manière dont les centres d’action (anticyclones, dépressions) se placent au-dessus de l’Atlantique et de l’Europe.

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Pendant que la France se radoucit, le froid durcit déjà plus au nord

Ces derniers jours, l’Europe du Nord a de nouveau connu des températures très basses, avec des impacts concrets (vols perturbés, opérations aéroportuaires compliquées) : en Laponie finlandaise, l’Associated Press évoque une chute autour de −37 °C et des prévisions “approchant −40 °C” selon l’Institut météorologique finlandais.

Plus à l’est, la “réserve” de froid continentale reste impressionnante. En Yakoutie (Sibérie orientale), des minima sous −50 °C sont régulièrement observés au cœur de l’hiver : MeteoMédia rapportait par exemple un passage à −50,7 °C fin novembre 2025 dans le village de Delyankir, typique de ces régions où l’air sec, l’enneigement et l’absence de soleil amplifient le refroidissement nocturne.

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Et quand certains habitants de Yakoutsk parlent d’un froid “plutôt doux” à −45 °C, c’est justement parce que la région peut ponctuellement descendre beaucoup plus bas : RTL mentionnait aussi un relevé à −52 °C le même jour dans un district de la zone.

Cette masse d’air froid existe donc bel et bien. La vraie question, pour la France, est : une porte peut-elle s’ouvrir vers l’ouest en fin de mois ?

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Neige à Paris (place d’Italie) lors de l’épisode du 26 novembre 2005. Crédit : David Monniaux.
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Le scénario “blocage” : l’anticyclone qui change tout

Le mécanisme le plus scruté est celui d’un blocage anticyclonique, capable de dévier les perturbations atlantiques et d’installer un flux de nord-est. La Chaîne Météo décrit un “bras de fer” entre air froid continental et influences atlantiques, et souligne que tout se joue souvent à quelques centaines de kilomètres dans le positionnement du blocage et les ondulations du jet : c’est précisément ce qui rend l’issue incertaine à l’échelle de 8 à 12 jours.

Pour l’instant, le contexte immédiat en France est plutôt à l’opposé d’une “Sibérie” : Météo-France décrit une période très perturbée, avec pluies et coups de vent, notamment sur l’Ouest et le Sud, et des températures encore au-dessus des normales dans plusieurs villes (Paris cité parmi les secteurs nettement doux).

Ce contraste — douceur humide chez nous, froid sec plus à l’est — est justement l’un des ingrédients qui peut, parfois, basculer… mais pas automatiquement.

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Les jours les plus “sensibles” : la fenêtre qui revient le plus souvent fin janvier 2026

À ce stade, la fenêtre la plus souvent évoquée par les prévisions à moyen terme se situe autour du week-end des 25–26 janvier et des jours qui suivent, avec une vigilance particulière jusqu’aux tout derniers jours de janvier (et un possible prolongement vers le tout début février). La Chaîne Météo résume bien l’équilibre du moment : un refroidissement “de saison” paraît crédible, mais parler de “vague de froid certaine” avec des dates figées est prématuré.

Les prévisions à sept jours, elles, ne montrent pas (encore) de décrochage extrême généralisé : à Paris, on reste sur des maximales proches de 7–12 °C et des minimales souvent au-dessus de 0 °C sur la période couverte, même si un rafraîchissement se dessine par moments.

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À Lille, les minimales flirtent davantage avec le gel, mais restent globalement proches de 0 °C à l’horizon de la semaine.

Et Strasbourg illustre le contraste Est : brouillard givrant et températures déjà négatives au moment où l’on parle, mais sans signal, à très court terme, d’un effondrement “sibérien” durable.

Ce décalage entre “tendance” (fin de mois) et “court terme” (7 jours) est classique : plus l’échéance s’éloigne, plus les scénarios divergent.

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Coup de froid ou “vague de froid” : la frontière officielle de Météo-France

C’est ici que beaucoup de titres deviennent trompeurs. Météo-France rappelle qu’une vague de froid a une définition nationale fondée sur l’indicateur thermique national (moyenne de températures sur 30 points représentatifs), avec des critères précis : l’indicateur doit passer au moins une fois sous −2 °C, ne pas remonter durablement au-dessus de 0,9 °C, et l’épisode se termine quand il repasse au-dessus de 2,2 °C.

Autrement dit : des gelées matinales, même généralisées, ne suffisent pas. Et c’est pour cela que Météo-France peut parler d’“épisode hivernal marqué” sans le qualifier de “vague de froid”.

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À l’échelle du climat, Météo-France rappelle aussi un point clé : malgré le réchauffement, des vagues de froid restent possibles, mais elles sont devenues plus rares, plus courtes et moins intenses sur les dernières décennies. L’établissement compte 46 vagues de froid depuis 1947, dont 10 seulement depuis le début du XXIe siècle, la dernière datant de février 2018 (épisode bref).

Route d’accès au col Agnel (D205) en conditions hivernales, fin de saison. Crédit : TouN.

Neige, verglas, transports, énergie : ce qui peut se jouer en quelques heures

Même sans “vague de froid” au sens strict, un simple flux continental suffit à compliquer le quotidien. Le risque numéro un en plaine, ce n’est pas forcément 20 cm de neige : c’est le verglas, parfois invisible, quand une humidité résiduelle gèle au lever du jour. Dans un contexte où les perturbations sont fréquentes et les sols souvent saturés, un refroidissement derrière un front pluvieux peut rapidement transformer une chaussée humide en piège glissant.

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Et l’hiver 2025-2026 a déjà montré à quelle vitesse on peut passer du calme relatif à l’épisode agité : début janvier, la tempête Goretti a donné lieu à un suivi officiel local, avec des rafales très violentes (jusqu’à 156 km/h au pic, selon la préfecture de Seine-Maritime).

Ce type d’événement n’a pas le même mécanisme qu’un flux Moscou–Paris, mais il rappelle une réalité : en hiver, les infrastructures (routes, réseau électrique, transports) encaissent mieux quand on anticipe.

Kiosque du jardin du Grand-Rond à Toulouse sous la neige, 7 janvier 1985, bancs et allées figés.
Un calme d’hiver rare, quand la ville retient son souffle. Crédit : Archives municipales de Toulouse / André Cros (CC BY-SA 4.0).
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Pourquoi annoncer “la France transformée en Sibérie” reste un pari risqué à 10 jours

La Chaîne Météo le dit sans détour : à l’échéance de fin de mois, le scénario peut basculer sur de petites variations du jet-stream, et les signaux stratosphériques (comme un éventuel réchauffement soudain en altitude) ne sont pas un interrupteur magique.

Météo-France rappelle également, sur le plan historique, que certaines grandes vagues de froid ont été liées à des configurations particulières, parfois associées à un réchauffement stratosphérique soudain, comme lors de février 2012.

Mais “parfois” ne veut pas dire “cette fois”. Entre un refroidissement modéré, un conflit pluie-neige sur une bande du pays, ou un retour rapide des perturbations atlantiques, les trajectoires restent ouvertes.

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Anticiper sans paniquer : la bonne stratégie pour la fin janvier

La meilleure approche est simple : suivre l’évolution des prévisions officielles (vigilance, bulletins locaux) au fil des mises à jour, surtout à partir de J−5, quand la fiabilité grimpe nettement. Si vous devez beaucoup rouler, le vrai réflexe, c’est d’anticiper le risque de verglas (pneus, lave-glace hiver, chaînes si vous montez en altitude) et de vérifier chauffage et isolation, surtout dans les logements exposés. Et pour les personnes fragiles, l’enjeu n’est pas la “météo spectaculaire” mais la durée d’exposition au froid, même modéré.

Que retenir ?

Fin janvier 2026, un coup de froid est une hypothèse crédible… mais la “Sibérie sur la France” reste, pour l’instant, davantage un scénario maximaliste qu’une certitude météo. Les ingrédients existent à l’échelle européenne, et la fenêtre autour du 25–31 janvier mérite une surveillance sérieuse.

La clé, c’est de laisser les cartes se rapprocher avant de figer des “jours les plus froids” : en météo, la différence entre un hiver banal et un épisode pénible se joue souvent à un blocage anticyclonique… et à quelques centaines de kilomètres.

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