Gel généralisé, neige, verglas : pourquoi la semaine du 2 au 8 février 2026 inquiète déjà les prévisionnistes
Le froid a déjà montré les dents début janvier, et voilà que les modèles à moyen terme laissent entrevoir un nouveau décrochage hivernal au tournant du mois.
Plusieurs prévisionnistes surveillent une fenêtre précise, du 2 au 8 février 2026, avec un scénario de blocage scandinave capable d’installer des gelées étendues. Mais à cette échéance, tout se joue encore à quelques centaines de kilomètres près.
Un hiver « plutôt doux » sur le papier, mais plein de coups de théâtre
Sur le plan saisonnier, l’hiver 2025-2026 n’est pas présenté comme un hiver durablement glacial. Météo-France rappelle que ces tendances à trois mois décrivent surtout des écarts moyens, et qu’elles ne préjugent pas du temps qu’il fera un jour donné dans une région précise. Autrement dit, une moyenne un peu plus douce n’empêche pas des séquences très froides, parfois brèves, mais marquantes.
Ce contraste est d’autant plus visible que le contexte climatique de fond reste chaud. Météo-France souligne que 2025 figure parmi les années les plus chaudes mesurées en France depuis le début des relevés, avec une fréquence d’anomalies positives nettement supérieure aux anomalies négatives. Cela n’annule pas le risque hivernal, mais cela change la « normalité » des hivers et rend les épisodes froids plus discontinus, donc plus piégeux.
Début janvier 2026 : un rappel brutal que l’hiver peut encore frapper fort
La première semaine de janvier a servi de piqûre de rappel. Dans un bilan publié le 8 janvier, Météo-France décrit un épisode de froid et de neige remarquable par son intensité, avec un indicateur thermique national passé sous 0 °C trois jours de suite (les 4, 5 et 6 janvier). Les minimales ont été très basses à l’échelle du pays, et certaines stations ont enregistré des valeurs rares, sans que l’épisode ne coche pour autant tous les critères d’une « vague de froid » au sens climatologique.
À Paris, l’épisode a aussi laissé une trace concrète : 7 cm mesurés à Paris-Montsouris le 7 janvier, pour une couche atteignant 10 cm au sol, la plus forte chute depuis février 2018 selon Météo-France. Ce genre de repère parle au grand public, car il rappelle que la neige en ville n’est pas seulement un souvenir d’archives.
La date qui concentre l’attention : du 2 au 8 février 2026, une fenêtre sous surveillance
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Si une date circule aujourd’hui, c’est parce que les tendances à quatre semaines commencent à dessiner une charnière entre fin janvier et début février. Dans une analyse mise à jour le 8 janvier, La Chaîne Météo évoque une possible reprise d’un temps plus froid et plus sec, avec un scénario d’anticyclone scandinave favorisant un flux continental, donc des gelées plus fréquentes. Pour la période du 26 janvier au 1er février, le service parle même de températures pouvant passer de 1 à 3 °C sous les moyennes, tout en insistant sur une fiabilité en baisse nette à cette distance.
C’est dans ce prolongement que se place la semaine du 2 au 8 février : une période cohérente avec l’idée d’un refroidissement « continental », mais encore très sensible à l’évolution des centres d’action. Concrètement, un anticyclone un peu trop à l’ouest peut assécher l’air mais limiter la neige. Un anticyclone légèrement décalé peut, au contraire, ouvrir une porte à des retours neigeux sur certaines régions. À ce stade, la prudence n’est pas un slogan : c’est la règle.
Anticyclone scandinave : pourquoi ce schéma peut transformer la France en patinoire
Le mécanisme surveillé est bien connu des météorologues. Il repose sur un blocage de hautes pressions vers la Scandinavie, qui oriente un flux d’est à nord-est sur l’Europe de l’Ouest. Ce flux peut advecter de l’air continental froid, souvent sec, avec une « bise » qui accentue la sensation de froid, et surtout des gelées plus généralisées au lever du jour.
La Chaîne Météo rappelle, dans un autre article mis à jour le 13 janvier, que l’Europe du Nord a connu depuis début décembre 2025 une réserve d’air très froid, avec des valeurs extrêmes observées en Finlande, ce qui illustre le potentiel thermique disponible si la circulation bascule vers l’ouest. Le même papier explique que, pour que la France soit concernée, il faut précisément ce blocage scandinave ouvrant la voie à une advection continentale, parfois qualifiée de situation « Moscou–Paris ».
Météo-France insiste d’ailleurs sur un point souvent mal compris : le réchauffement climatique n’interdit pas les vagues de froid. Elles restent possibles, mais elles ont tendance à devenir plus rares, plus courtes et moins intenses qu’au XXe siècle. Cette raréfaction n’empêche pas des épisodes sévères, mais elle renforce la dimension « intermittente » des hivers, avec des bascules rapides entre douceur océanique et froid continental.
Neige en plaine et verglas : les deux dangers qui ne se ressemblent pas
Quand on parle d’un retour du froid, tout le monde pense à la neige. Pourtant, le risque le plus perturbant au quotidien est souvent le verglas, parce qu’il peut se former sans tomber un seul flocon.
Météo-France définit le verglas comme une fine couche de glace lisse, liée à une température du sol négative, et décrit plusieurs mécanismes : pluie verglaçante quand la pluie gèle instantanément au contact d’un sol froid, pluie sur sol gelé, verglas de regel après une baisse des températures, ou encore dépôts liés au brouillard givrant. L’établissement souligne aussi un point clé : quelques dixièmes de degré autour de 0 °C peuvent changer totalement la situation, ce qui rend la prévision délicate et justifie le suivi de la Vigilance.
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La neige en plaine obéit à d’autres règles. Météo-France rappelle qu’on parle de neige « en plaine » lorsque les chutes atteignent et tiennent au sol à très basse altitude, généralement sous 400 mètres. Ces épisodes se produisent fréquemment entre la seconde quinzaine de novembre et mars, parfois au-delà, et concernent souvent en premier les régions à climat plus continental, du Centre-Est au Nord-Est.
Dans un scénario de froid sec début février, la neige ne serait pas forcément généralisée. Elle pourrait rester plus fréquente en montagne, tandis que le risque de sols durs, de plaques de glace au petit matin et de brouillards givrants pourrait devenir le vrai sujet sur une large partie du pays.
Quelles régions pourraient être en première ligne si le scénario se confirme ?
Dans la lecture actuelle des tendances, deux France se dessinent souvent : une France de l’Est et du Nord plus exposée au froid continental, et une France de l’Ouest davantage influencée par l’océan, donc plus humide, parfois moins froide, mais pas à l’abri de gelées si l’air sec s’impose.
La Chaîne Météo évoque, pour la fin janvier, une France souvent sous influence anticyclonique, avec un temps brumeux et plus froid dans l’est, tout en gardant un risque d’intempéries près de la Méditerranée selon les pulsations dépressionnaires. C’est un détail important : un flux continental peut coexister avec des épisodes méditerranéens, et c’est parfois dans ces configurations mixtes que la neige lourde ou les pluies verglaçantes deviennent les plus problématiques.
Ce qu’on peut affirmer aujourd’hui, et ce qu’il faut éviter de surinterpréter
La date du 2 au 8 février 2026 est une fenêtre de surveillance, pas une certitude. À cette distance, les modèles sont capables d’esquisser des régimes de circulation, comme l’installation d’un blocage, mais ils restent fragiles sur la localisation exacte des hautes pressions, la profondeur du froid, et l’humidité disponible. C’est précisément ce qui fait la différence entre un simple épisode de gelées matinales et une séquence plus hivernale avec neige en plaine.
Un autre point mérite d’être rappelé, car il circule beaucoup sur les réseaux : toutes les séquences froides ne sont pas des « vagues de froid ». Météo-France utilise des critères nationaux précis basés sur l’indicateur thermique national, avec des seuils et une durée minimale. L’épisode de début janvier a été remarquable, mais il n’a pas rempli ces critères, ce qui montre la nuance entre ressenti local et définition climatologique.
La conclusion, finalement, tient en une idée simple : l’hiver 2025-2026 avance sur un fil. Il peut être relativement doux sur la moyenne, tout en restant capable de coups de froid brefs mais mordants. La semaine du 2 au 8 février est un repère utile pour se préparer mentalement, pas une date à graver dans le marbre. La météo, elle, tranchera au dernier moment, souvent là où on ne l’attend pas : sur l’épaisseur d’un brouillard, la température d’un bitume, ou un anticyclone décalé de quelques degrés de longitude.