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Tempête Nils : vigilance rouge, écoles fermées, jusqu’à 160 km/h… le sud de la France retient son souffle

Publié par Elsa Fanjul le 12 Fév 2026 à 9:12

La tempête Nils s’abat sur le sud de la France avec une violence que les prévisionnistes n’avaient pas observée depuis des mois dans cette zone. Vigilance rouge dans l’Aude, écoles fermées dans deux départements, trains à l’arrêt et rafales mesurées jusqu’à 160 km/h : voici ce qu’il faut savoir sur cet épisode hors norme.

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Une dépression nommée Nils qui frappe de plein fouet l’Occitanie

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Depuis la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février 2026, une dépression baptisée Nils traverse le pays du littoral atlantique vers la Méditerranée. Son cœur, centré autour de 975 hPa, se creuse au large des côtes françaises avant de remonter en Manche, puis de glisser vers le nord de l’Italie. Mais c’est dans son flanc sud, entre le golfe de Gascogne et le golfe du Lion, que les conditions sont les plus redoutables.

Météo-France ne laisse aucune place au doute : l’Occitanie fait partie des zones les plus exposées. Les rafales atteignent 120 à 140 km/h dans les plaines de l’Aude et sur les hauteurs de l’Hérault, avec des pointes localement supérieures. Dans la vallée de l’Aude et sur le sud du Massif central, certaines mesures pourraient dépasser les 150 km/h, un seuil qui place cet épisode parmi les plus remarquables observés dans la région en février.

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Nils est la troisième forte tempête hivernale de la saison en France, après Benjamin en octobre 2025 et Goretti en janvier 2026, qui avait déjà provoqué des rafales à 161 km/h à Cherbourg. Mais cette fois, c’est le sud qui trinque.

Vigilance rouge dans l’Aude : un signal d’alerte maximale

Le département de l’Aude a basculé en vigilance rouge « vent violent » à partir de 6 heures jeudi matin et jusqu’à 14 heures. C’est le niveau d’alerte le plus élevé de Météo-France, celui qui impose une vigilance absolue et un respect strict des consignes des autorités. Des rafales de 150 km/h sont attendues en plaine, un chiffre qui s’approche des records historiques du secteur.

La tempête de référence dans cette zone reste Klaus, en janvier 2009, avec 159 km/h mesurés à Narbonne et 189 km/h à Perpignan. Les prévisionnistes suivent de très près la trajectoire de Nils pour évaluer si les valeurs observées s’en rapprocheront.

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Mer d’Iroise déchaînée, vagues puissantes et oiseaux en vol près du phare, ciel sombre et humide.

Toutes les écoles fermées dans deux départements entiers

La décision est tombée dès mercredi : le préfet de l’Aude a ordonné la fermeture de tous les établissements scolaires du département pour la journée de jeudi. La mesure concerne les crèches, les accueils périscolaires, les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur. La préfecture a également activé son centre opérationnel départemental et ouvert une cellule d’information au public, joignable au 09 70 80 90 40.

Dans les Pyrénées-Orientales, même scénario : écoles fermées et ramassages scolaires suspendus, à l’exception des secteurs de Cerdagne et Capcir, relativement épargnés. Les familles ont été prévenues directement par les établissements et les transporteurs scolaires.

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Dans l’Hérault, la préfète Chantal Mauchet a choisi une approche ciblée. Les transports scolaires sont suspendus dans neuf secteurs du département, couvrant notamment Béziers, Agde, Lodève et les communes du Haut-Languedoc. En revanche, les secteurs de Montpellier et du Lunellois sont maintenus.

Des arbres arrachés, des pins couchés sur l’A9 : les premiers dégâts

Avant même l’arrivée du plus fort de la tempête, les dégâts avaient commencé à s’accumuler. Dès mercredi après-midi, des pins se sont couchés sur l’autoroute A9 à la sortie de Montpellier. Sur le parking d’une clinique, d’autres arbres de plusieurs dizaines de mètres se sont abattus sur des véhicules. Par chance, aucun passager ne se trouvait à bord.

Les pompiers de l’Hérault, anticipant la suite, ont lancé un message d’alerte clair. Dans l’ouest du département, les rafales peuvent atteindre 100 à 130 km/h, et jusqu’à 150 km/h sur les reliefs. À l’est, les prévisions tablent sur 90 à 100 km/h. Le risque de chute d’arbres est jugé particulièrement élevé, les sols étant fortement détrempés par les pluies incessantes des dernières semaines.

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tempete @DR

Un contexte aggravant : des sols saturés depuis des semaines

Ce qui rend cet épisode particulièrement dangereux, ce n’est pas seulement la puissance du vent. C’est le contexte dans lequel il intervient. La France, et notamment sa moitié sud, subit depuis plusieurs semaines un enchaînement de perturbations. Les sols sont gorgés d’eau, les cours d’eau déjà en crue dans plusieurs départements.

Résultat : les racines des arbres sont fragilisées. Un vent qui, en temps normal, ne ferait que secouer les branches peut, sur un sol meuble, déraciner des spécimens entiers. C’est exactement le scénario redouté par Météo-France, qui parle de « dommages accrus aux arbres et infrastructures déjà fragilisés ».

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La Gironde et le Lot-et-Garonne ont même été placés en vigilance rouge pour risque de crue. La Garonne a dépassé les trois mètres à Toulouse, submergeant les berges du centre-ville. Une situation qui rappelle les alertes de début février, lorsqu’un blocage atmosphérique menaçait déjà d’aggraver les conditions.

Les trains à l’arrêt, la SNCF sur le pied de guerre

Le réseau ferroviaire est durement touché. Sur la ligne Béziers-Neussargues, les circulations sont interrompues au-delà de Bédarieux pour toute la journée de jeudi. Sur la ligne Nîmes-Langogne, même interruption au-delà d’Alès. Le long du littoral, entre Montpellier et Cerbère, une limitation de vitesse est en place à partir de 9 heures.

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Plus étonnant encore : dès vendredi matin, la SNCF prévoit d’envoyer des trains sans voyageurs avec des bûcherons à bord. Leur mission : dégager les voies de tous les obstacles — arbres, branches, débris — qui auront pu tomber pendant la nuit. Une mesure inhabituelle qui en dit long sur l’ampleur des dégâts attendus.

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Parcs, zoos, marchés : tout ferme dans les grandes villes du sud

La mairie de Montpellier n’a pas tardé à réagir. Parcs, jardins, marchés et zoo du Lunaret : tout est fermé jusqu’à nouvel ordre. Le bois de Montmaur, la réserve du Lez et les cimetières sont également inaccessibles. À Perpignan, les parcs publics restent portes closes tant que la situation ne s’améliore pas.

Dans l’Aude, le préfet est allé encore plus loin. L’ensemble des massifs forestiers du département est interdit d’accès. Tout événement en extérieur — sportif, culturel ou festif — est annulé. Les parcs et jardins publics sont fermés dans toutes les communes du département. Des mesures radicales, mais proportionnées au danger.

Les conséquences attendues sont multiples : coupures d’électricité et de téléphone sur des durées potentiellement longues, toitures et cheminées endommagées, branches d’arbres rompues, véhicules déportés sur les routes. La circulation est perturbée sur l’ensemble du réseau secondaire, et les autorités martèlent un message simple : restez chez vous.

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tempete vagues @creative commons
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Sur les routes : poids lourds immobilisés, autoroutes sous surveillance

Les mesures routières sont sans précédent dans la région. Dans sept départements, la vitesse des camions de plus de 7,5 tonnes est réduite à 70 km/h, avec interdiction de dépasser. Dans l’Aude, elle descend même à 60 km/h. Entre 4 heures et midi, les poids lourds ne peuvent plus circuler sur plusieurs axes majeurs, dont l’A75, l’A61, l’A54 et de larges portions de l’A9 jusqu’à la frontière espagnole.

Des zones de stationnement obligatoires ont été activées à Nîmes-Garons et Remoulins dans le Gard, à Villefranche-de-Lauragais en Haute-Garonne, et même en Espagne, où les camions sont retenus sur l’AP7 avant la frontière. Une coordination transfrontalière qui illustre l’ampleur de l’épisode.

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De son côté, Enedis a activé sa veille renforcée sur l’ensemble des départements d’Occitanie, rappelant une consigne de sécurité vitale : ne jamais toucher un fil tombé à terre. En cas d’incident, le numéro à composer est le 09 726 750, suivi du numéro du département.

Un hiver 2025-2026 décidément hors norme

Avec Nils, la saison hivernale 2025-2026 confirme une tendance qui inquiète les spécialistes. Depuis octobre, les tempêtes se succèdent sur la France : Benjamin, Goretti, puis Nils. Chacune dans un registre différent, mais toutes sur fond de sols saturés, de cours d’eau en tension et de conditions atmosphériques instables.

Les prévisionnistes rappellent qu’une telle tempête sur le sud-ouest est observée en moyenne une fois par an. Mais c’est la combinaison des facteurs — vent extrême, sols détrempés, crues simultanées, avalanches en montagne — qui rend cet épisode particulièrement redoutable. Dans les Alpes, le risque d’avalanches est d’ailleurs au plus haut, avec des niveaux atteignant 4 sur 5, voire le maximum dans certains massifs du nord des Alpes.

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tempete @canva

Les consignes de sécurité à respecter impérativement

Les autorités sont unanimes : la priorité est de limiter les déplacements. Ne vous engagez pas à pied ou en voiture sur une voie immergée, même partiellement. Sécurisez les objets exposés au vent (mobilier de jardin, poubelles, panneaux). Restez informés via les canaux officiels, et surtout, ne relayez pas de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Si vous constatez des dégâts ou un danger immédiat, composez le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen). Pour le suivi en temps réel, consultez les mises à jour de Météo-France et les communiqués préfectoraux.

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Ce qui attend la France dans les prochaines heures

La tempête Nils devrait évacuer le sud-ouest en fin de matinée jeudi, mais les vents violents se décaleront alors vers la Méditerranée, touchant le littoral de PACA puis la Corse dans l’après-midi et la soirée. Sur l’île de Beauté, les rafales pourraient atteindre 130 à 150 km/h sur le relief et les extrémités. Les ferries reliant le continent et la Corse resteront à quai toute la journée de jeudi.

Après le passage de Nils, les regards se tournent déjà vers le week-end. Plusieurs prévisionnistes évoquent un net refroidissement dès vendredi, avec un risque de chutes de neige jusqu’en plaine samedi, notamment en Île-de-France et dans le nord-est. Un hiver qui refuse décidément de relâcher son emprise.

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