La tempête Harry va déferler sur la France : neige et pluie dans ces départements jusqu’au 20 janvier
La dépression méditerranéenne baptisée « Harry » s’est installée sur le sud de la France et prolonge un épisode très perturbé jusqu’à mardi 20 janvier.
Entre cumuls de pluie exceptionnels, neige en montagne et houle dangereuse sur le littoral, plusieurs zones doivent composer avec un risque de crues et de perturbations durables.
Une dépression méditerranéenne qui s’accroche au Sud
Harry n’est pas une tempête « classique » qui traverse vite le pays. Le système dépressionnaire reste calé sur le bassin méditerranéen et alimente, heure après heure, des remontées d’air humide vers le Languedoc, les Pyrénées-Orientales et la Corse. Résultat : la durée devient le facteur clé.
Selon La Chaîne Météo, la dépression entretient des pluies soutenues au sud-est jusqu’à mardi matin, avec un transfert progressif des pluies les plus actives vers l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la Corse, tandis que les sols déjà gorgés d’eau réagissent très vite au moindre regain d’intensité.
Ce scénario, typique des épisodes méditerranéens, complique la gestion du risque. D’abord parce que les cumuls s’additionnent sans répit. Ensuite parce que les réactions hydrologiques peuvent être rapides, en particulier dans les bassins versants courts, les vallées encaissées et les plaines littorales.
Jusqu’au 20 janvier, une vigilance évolutive et des zones très exposées
Le point sensible, ce sont les départements où pluie et crues se combinent. Lundi 19 janvier, Météo-France place notamment l’Aude, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales en vigilance orange pour pluie-inondation et/ou crues (selon les secteurs). Mardi 20, la vigilance se resserre encore autour de l’Aude, de l’Hérault et de la Corse, avec un maintien d’un niveau élevé de surveillance.
Cette carte ne dit pas tout. D’autres départements restent concernés par des vigilances jaunes liées aux crues, aux orages, à la neige-verglas, aux avalanches ou à la mer dangereuse. Autrement dit, même en dehors des zones « orange », des impacts locaux sont possibles, surtout si des cellules pluvieuses stationnent ou si des cours d’eau réagissent plus vite que prévu.
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La chronologie compte aussi. D’après La Dépêche, le mauvais temps doit persister tout le week-end et se prolonger jusqu’à mardi 20 janvier, avec un risque de perturbations sur les routes et une dégradation notable en montagne.
Pluies intenses et crues : quand la durée change tout
Dans ce type d’épisode, la première menace est souvent la crue « classique » : les rivières montent car les sols n’absorbent plus. Ensuite vient le risque de crue rapide, parfois brutale, sur des affluents et des ruisseaux. Enfin, il y a le piège des zones urbaines : réseaux d’assainissement saturés, ruissellement, points bas qui se transforment en cuvettes.
Sur l’Hérault, les ordres de grandeur évoqués ces derniers jours illustrent bien cette logique d’accumulation. Le Monde rapportait l’alerte de Météo-France sur des cumuls pouvant atteindre 100 à 120 mm, voire davantage localement, avec un risque pluie-inondation significatif.
Face à ce risque, la consigne la plus difficile à faire passer reste souvent la même : ne pas « tester » l’eau. Un passage à gué, une route submergée, un pont dans un vallon peuvent se transformer en piège en quelques minutes. De plus, une montée d’eau n’est pas toujours visible de loin, surtout de nuit ou sous de fortes précipitations.
Pour suivre l’évolution, les autorités renvoient vers Vigicrues, qui publie des observations et, selon les secteurs, des tendances. Le site rappelle aussi que les représentations cartographiques restent indicatives et qu’il faut se référer aux consignes de sécurité locales en situation de crise.
Neige abondante, avalanches : l’autre face de Harry
Pendant que la pluie tombe en plaine, la montagne peut basculer dans un tout autre régime. Quand l’air doux remonte par la mer, la limite pluie-neige varie vite. Elle peut monter, puis redescendre, ce qui alourdit le manteau neigeux, le rend instable et augmente le risque d’avalanches.
Dans les Pyrénées et sur certains massifs exposés, l’enjeu n’est pas seulement « combien il neige », mais « comment ». Une neige lourde, ventée, reposant sur une sous-couche fragile, crée des plaques. Ensuite, une nouvelle dégradation peut déclencher des départs spontanés, surtout dans les pentes chargées.
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Pour les stations, le paradoxe est connu. La neige est une ressource. Cependant, quand elle tombe trop vite et avec du vent, elle devient un problème opérationnel : routes difficiles, déclenchements préventifs, fermetures de secteurs, risques sur les itinéraires hors-piste. Ainsi, la prudence s’impose même quand le décor semble « parfait ».
Mer très forte et submersion : le littoral en première ligne
Harry ne se limite pas à la pluie. Le vent d’est à sud-est lève une mer forte sur le golfe du Lion et une houle puissante peut frapper les côtes exposées. Dans ces configurations, l’impact se joue sur trois paramètres : hauteur des vagues, orientation de la houle et niveau marin au moment des pleines mers.
Le risque, ici, n’est pas seulement la vague spectaculaire. Il tient aussi aux franchissements et aux paquets de mer sur les digues, aux projections d’objets, et aux submersions dans les zones basses. De plus, quand la mer pousse vers la côte, l’écoulement des fleuves et des étangs littoraux peut être ralenti. En conséquence, les débordements peuvent durer plus longtemps en aval, même quand la pluie faiblit en amont.
Les consignes officielles insistent sur des réflexes simples : limiter les déplacements, s’éloigner des cours d’eau et des points bas, et éviter le littoral en mer forte. Météo-France rappelle aussi que le risque de débordement des réseaux et d’inondations significatives augmente avec des cumuls importants sur de courtes durées.
Ce que Harry révèle de notre vulnérabilité hivernale
Chaque épisode majeur est un test grandeur nature. D’abord pour les infrastructures. Routes secondaires, ponts, réseaux électriques en zones boisées, lignes exposées au vent, tout peut être fragilisé. Ensuite pour la chaîne d’alerte : une vigilance n’est pas un « score », c’est un outil pour décider. Enfin pour les comportements : les drames surviennent souvent lors d’un déplacement « de routine » ou d’une tentative de franchissement.
Harry rappelle aussi que l’hiver ne se résume plus à un seul risque à la fois. Dans la même séquence, on peut avoir pluie-crues en plaine, neige lourde en altitude, avalanches, et mer dangereuse. Ce cumul d’aléas complique les secours, car il multiplie les zones de tension.
Une tempête à prendre au sérieux, sans céder à la panique
Harry s’inscrit dans ces épisodes méditerranéens où la durée fait basculer une situation déjà humide vers un risque de crues et de perturbations durables. D’ici au 20 janvier, l’enjeu est clair : suivre l’évolution, respecter les consignes locales et éviter les comportements à risque, en particulier sur la route et près de l’eau.
Car dans ce type d’événement, ce n’est pas seulement l’intensité qui compte, c’est la fatigue des sols… et celle des réseaux.