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Neige, verglas, vent : les 12 départements en vigilance jaune et pourquoi l’hiver se durcit encore

Publié par Killian Ravon le 13 Jan 2026 à 17:59

Ce lundi 12 janvier 2026, Météo-France a maintenu la pression sur une partie du pays avec une vigilance « neige-verglas » dans 12 départements du Nord-Est.

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Route de montagne hivernale avec panneau « chaussée glissante » et obligation d’équipements neige, sous brouillard et flocons.
Illustration d’un épisode de neige et de verglas : sur route froide et humide, la glissance peut devenir critique en quelques minutes.

Entre pluies verglaçantes au lever du jour, gel nocturne et vent persistant, l’épisode rappelle que, l’hiver, le danger vient souvent des transitions plus que des chutes de neige spectaculaires.

La vidéo du jour à ne pas manquer
Panneaux “chaussée glissante” et “verglas fréquent” sur une route à Aix-les-Bains (Savoie) en hiver
Un rappel concret du danger : le verglas est souvent invisible et survient sur des secteurs connus des gestionnaires de voirie. Auteur Mathis Brancquart
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Douze départements en vigilance jaune dès ce lundi

L’information est tombée tôt, avant que beaucoup ne prennent la route : Météo-France a placé en vigilance jaune « neige-verglas » les Ardennes, la Côte-d’Or, le Doubs, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, les Vosges et le Territoire de Belfort.

Ce que dit cette liste, au-delà de la carte, c’est la logique météorologique du moment : un axe allant des Ardennes au plateau lorrain puis aux marges jurassiennes et alsaciennes, là où l’air froid au sol et l’humidité peuvent se télescoper. Dans son bulletin relayé par la presse, Météo-France évoquait des précipitations verglaçantes « près des frontières belges et allemandes, des Ardennes au plateau lorrain, lundi au lever du jour », avec un risque de chaussées particulièrement glissantes.

Un chasse-neige croise un bus urbain à Chambéry lors d’un matin neigeux
Déneigement et transports : quand la neige s’installe, la continuité des services repose sur une logistique très locale. Auteur Floflo (Florian Pépellin)
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Pluie verglaçante et regel : le piège classique des matinées d’hiver

Le verglas qui inquiète les prévisionnistes n’est pas toujours celui que l’on voit. La pluie verglaçante peut se déposer en film fin, quasi invisible, avant même que les températures ne plongent franchement. Le danger s’accroît lorsque la chaussée, humidifiée la veille, regèle au petit matin, surtout sur les ponts, les zones ombragées, les routes secondaires et les portions dégagées exposées au vent.

Dans ce type de configuration, la vigilance jaune ne signifie pas « pas de risque », mais un risque localement dangereux, suffisamment probable pour justifier une adaptation immédiate des comportements, en particulier sur les horaires de départ. Météo-France rappelle d’ailleurs que sa vigilance est actualisée au minimum deux fois par jour, ce qui explique pourquoi la situation peut évoluer rapidement d’un matin à l’autre.

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En montagne, la neige fraîche est une bonne nouvelle… mais pas un manteau stable

L’autre face de l’épisode se joue en altitude. Après des chutes de neige marquées sur plusieurs massifs, Météo-France a haussé le ton sur le risque d’avalanche. Dans un point de situation daté du 10 janvier, l’organisme indiquait que l’indice de risque serait « fort » (4 sur 5) « sur la plupart des massifs des Alpes et des Pyrénées », avec une mise en garde très claire : à ce niveau, « un seul skieur peut facilement déclencher » une avalanche importante.

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Pourquoi maintenant, alors que les stations respirent enfin ? Parce que l’empilement rapide de neige fraîche sur des couches parfois anciennes, parfois durcies par le vent ou le redoux, fabrique une superposition instable. Météo-France évoquait des déclenchements déjà observés « depuis jeudi », et des cumuls de neige fraîche pouvant atteindre un mètre au-dessus de 2 000 mètres, surtout dans les Alpes du Nord.

C’est un point souvent mal compris : une montagne très blanche n’est pas forcément une montagne « sécurisée ». Le risque d’avalanche dépend moins de la beauté du décor que de la cohésion entre les couches, de la pente, de l’exposition au vent et des variations de température. Sur son site, Météo-France insiste sur l’importance des Bulletins d’estimation du risque d’avalanche (BERA), conçus précisément pour décrire les conditions du manteau et les scénarios de départs spontanés ou provoqués.

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Du vent après Goretti : quand une tempête laisse une traîne durable

Sur les plaines et les littoraux, l’impression d’un hiver « sans répit » vient aussi du vent. Quelques jours plus tôt, la tempête Goretti a traversé le pays, avec des chiffres marquants. Météo-France indique des rafales jusqu’à 161 km/h à Cherbourg, et des vagues jusqu’à 8,4 mètres près de la rade de Brest, à la bouée des Pierres Noires.

L’épisode a surtout frappé les esprits parce qu’il combine vents, mer forte et perturbation rapide, puis laisse derrière lui un flux agité, des averses, des sols gorgés d’eau et un refroidissement propice au regel dès que le ciel se dégage. Dans certaines régions, la difficulté du moment, ce n’est pas tant « la neige qui tombe » que « la météo qui bascule » : une route humide devient traîtresse en une heure, une vallée qui semblait calme se met à accélérer sous un effet de couloir, une averse se transforme en pluie surfondue à l’approche d’une masse d’air plus froide.

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Pour ce lundi 12 janvier, les prévisions générales évoquent encore des rafales sensibles sur une partie du territoire, dans un contexte de temps perturbé au nord, plus lumineux au sud, et d’accélérations possibles sur certains secteurs exposés.

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Ce que la « vigilance » mesure… et ce qu’elle ne mesure pas

La carte de vigilance est un outil d’alerte, pas une promesse au kilomètre. Elle attire l’attention sur des phénomènes potentiellement dangereux à l’échelle départementale, avec des seuils et une expertise collective qui tiennent compte de l’intensité attendue et des impacts possibles. Météo-France rappelle que le dispositif vise autant les citoyens que les pouvoirs publics et les médias, pour déclencher les bons réflexes au bon moment.

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Dans l’épisode actuel, deux idées doivent coexister. D’un côté, le niveau jaune indique un risque généralement « gérable » si l’on adapte sa conduite, ses horaires et ses activités, surtout quand il s’agit de verglas ou de vent modéré. De l’autre, Météo-France précise qu’une aggravation n’est jamais totalement exclue si l’intensité des précipitations ou le regel s’avèrent plus importants que prévu.

Ouvrage de protection anti-avalanche à Chamonix, sur un versant enneigé
Quand le risque grimpe, la montagne rappelle qu’elle est aussi un territoire d’ingénierie et de prévention, pas seulement de loisirs. Auteur Flickr “_”

Un hiver plus contrasté : la toile de fond climatique, sans raccourci

Ces séquences font réagir parce qu’elles semblent contredire une réalité bien documentée : le réchauffement climatique pèse sur la neige, surtout à moyenne altitude. En France, Météo-France rappelait récemment que 2025 se classait parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, un marqueur qui s’inscrit dans une tendance de fond.

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Mais un climat qui se réchauffe n’efface pas l’hiver ; il le rend plus contrasté. Le froid reste possible, parfois brutal, et l’atmosphère plus chaude peut transporter davantage d’humidité, ce qui alimente certains épisodes de précipitations intenses lorsque les conditions s’alignent. L’enjeu, pour les habitants comme pour les services de secours, est donc moins de « croire ou non à la neige » que de gérer des alternances plus fréquentes entre douceur humide, refroidissement rapide, vent et regel.

Sur le volet des tempêtes, Météo-France insiste d’ailleurs sur la prudence scientifique : en France, l’organisme indique qu’« aucun signal » clair n’apparaît sur l’évolution de l’intensité des vents forts comme ceux des tempêtes, même si le GIEC reste prudent sur les évolutions futures à l’échelle européenne.

Comment s’organiser sans céder à la panique

Dans l’immédiat, l’essentiel est de jouer sur ce qui réduit le risque. Le verglas punit surtout la précipitation : partir plus tard, privilégier les axes traités, augmenter les distances, éviter les freinages brusques et anticiper les zones à l’ombre fait souvent la différence. En montagne, le même principe s’applique : adapter son itinéraire, s’informer via les bulletins dédiés et accepter de renoncer quand le niveau de risque grimpe.

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Cette semaine de janvier montre surtout une chose : le danger n’est pas toujours spectaculaire, mais il est très concret. Un film de glace au lever du jour peut provoquer autant de désordre qu’une chute de neige annoncée. Et un manteau fraîchement reconstitué peut être l’allié des stations tout en restant l’ennemi des sorties hors-piste.

Route départementale en Auvergne avec panneaux « risque de verglas » et « chaînes/pneus neige obligatoires », chaussée humide en hiver.
Même sans neige au sol, le verglas peut surprendre : cet axe signale un risque récurrent et l’obligation d’équipements hivernaux. Auteur Tabl-trai

Que retenir ?

Ce lundi 12 janvier 2026, la vigilance « neige-verglas » dans 12 départements n’est pas un simple code couleur : c’est le signal d’un épisode de transition, typique des hivers où pluie froide, gel et vent se relaient.

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Sur les routes du Nord-Est comme en montagne, l’enjeu n’est pas de dramatiser, mais de prendre au sérieux ce que la météo fait de plus piégeux : l’instabilité. Car en hiver, ce sont souvent les bascules rapides qui créent les accidents, bien avant les records.