Plus de 2 mètres de neige et des milliers de foyers sans électricité : cette tempête restera historique
Depuis novembre, les Pyrénées-Orientales encaissent un hiver hors norme. La neige tombe, retombe, s’empile, et transforme des villages entiers en couloirs blancs où chaque déplacement devient une épreuve. En ce début 2026, la tempête de neige Pyrénées-Orientales ne se raconte pas seulement en centimètres. Mais en routes coupées, en toitures fragilisées et en lignes électriques mises à genoux dès les premiers flocons.
Dans le département, la scène a parfois quelque chose d’irréel : des décharges à neige qui montent comme des murs. Des engins qui tournent jour et nuit. Et des habitants qui redécouvrent ce que signifie « être isolé » au sens littéral. TF1 évoque des cumuls allant jusqu’à cinq mètres par endroits depuis le début de la saison. Avec des épisodes quotidiens pouvant encore rajouter de grosses couches.
Et puis, au fil des récits, une comparaison revient. Un nom, une date, presque une légende locale : janvier 1986. Parce qu’avant d’être un hiver record, ce que vivent les Pyrénées-Orientales aujourd’hui ressemble aussi à un rappel de mémoire collective.
Quand la neige devient un problème de société
La neige fait toujours rêver sur une carte postale. Sur le terrain, l’abondance change vite de statut. Ce qui réjouit les skieurs devient un casse-tête pour les communes : il faut dégager, stocker, sécuriser, parfois évacuer… Et recommencer le lendemain. Dans plusieurs reportages, des agents expliquent être « à saturation ». Face à des volumes qu’ils n’avaient pas eu à gérer depuis des décennies.
Certaines stations et secteurs de montagne affichent des hauteurs impressionnantes. Aux Angles, TF1 parle d’un cumul proche de cinq mètres depuis novembre, établissant des records avec environ 2,50 m au sommet. Et 1,50 m en bas des pistes à l’instant du reportage. De quoi bouleverser l’organisation, y compris pour les professionnels habitués à l’hiver.
Au-delà du tourisme, ce sont surtout les infrastructures qui prennent. Les routes secondaires se ferment vite, les accès aux hameaux deviennent aléatoires. Et le poids de la neige humide pose des risques concrets sur les bâtiments. Dans l’article de Marie France, il est aussi question de milliers d’habitants privés d’électricité lors de l’épisode marquant, alors que la vigilance reste de mise. Cette réalité, les Pyrénées-Orientales l’ont déjà connue. Pas à cette échelle récente, mais avec une violence gravée dans les souvenirs : l’épisode des 30 et 31 janvier 1986.
Tempête de neige Pyrénées-Orientales : le spectre de janvier 1986
L’hiver 1986 reste une référence dès qu’on parle de neige exceptionnelle dans le département. Météo-France rappelle que les 30 et 31 janvier 1986 ont constitué un épisode « de référence » pour les quantités de neige à basse altitude dans les Pyrénées-Orientales. Les chiffres donnent le ton. Météo-France indique jusqu’à 2 mètres de neige dans le Haut Conflent, avec 2 m relevés à Mantet (1 550 m) et 1,80 m à Py (1 023 m).
Le même article mentionne aussi 1,50 m entre 500 et 800 m d’altitude, avec par exemple 1,60 m à Baillestavy (585 m). On comprend mieux, alors, pourquoi la comparaison ressurgit aujourd’hui. Quand l’accumulation devient « anormale » et que les services publics peinent à suivre, le souvenir de 1986 fonctionne comme une boussole : celle du pire déjà vécu.
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Un basculement météo redoutable
Dans les récits de l’époque, un élément revient : la neige n’était pas seulement abondante, elle était lourde, collante, et elle s’est installée. Marie France évoque un phénomène d’« isothermie » rapporté par des sources météo locales, alors que la tempête Harry approche, avec une chute des températures en cours d’épisode qui fait basculer la pluie en neige jusque dans des zones moins habituées.
Météo-France souligne aussi qu’en 1986, l’épisode s’accompagne de grosses avalanches. Quand la neige tombe vite, que le manteau se charge et que le vent travaille les pentes, le danger se déplace : il ne concerne plus seulement les routes, mais aussi les versants.
Ce que l’hiver 2026 a changé sur le terrain
La situation actuelle n’est pas une simple redite, et personne ne raconte 2026 comme un copier-coller. Pourtant, des marqueurs se ressemblent. TF1 insiste sur une donnée qui frappe : « jusqu’à cinq mètres » de neige cumulée dans certaines zones des Pyrénées depuis le début de la saison, avec des cumuls prévus pour ce week-end sur des massifs comme le Canigou.
L’autre différence, c’est la logistique moderne… et ses limites. Dans un extrait TF1, la décharge à neige est décrite comme un mur atteignant dix mètres, au point d’obliger les autorités à chercher d’autres sites de stockage. Même avec des moyens mécaniques, on bute sur une question simple : où mettre tout ce blanc quand il ne fond pas assez vite ?
Côté habitants, l’épreuve est aussi psychologique. Quand les épisodes se succèdent, la fatigue s’installe. On adapte les horaires, on anticipe les courses, on vit avec la crainte d’un arbre qui tombe ou d’une panne qui dure. Marie France rappelle d’ailleurs que, lors d’un épisode comparable, des foyers ont été privés d’électricité et des infrastructures ont été endommagées, un point qui aide à comprendre l’angoisse quand le compteur s’éteint en plein hiver.
Des images qui restent, même quand tout redémarre
Ce qui « reste gravé », ce n’est pas seulement l’instant de la tempête. Ce sont les traces après coup : routes abîmées, toits à surveiller, câbles à réparer, et un quotidien réorganisé pendant des jours. Dans l’article de Marie France, il est question de dégâts durables et de souvenirs difficiles, associés à ces épisodes de neige exceptionnelle.
À l’échelle d’un territoire, ce genre d’événement agit comme un révélateur. Il rappelle la dépendance aux réseaux (électricité, communications, axes routiers), et la fragilité d’une montagne quand l’exceptionnel s’installe dans la durée. Même les stations, pourtant « gagnantes » sur le papier, se retrouvent à composer avec un trop-plein qui complique la sécurisation et l’exploitation.
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Pourquoi ces épisodes parlent autant aux Pyrénées-Orientales
Dans les Pyrénées-Orientales, la neige n’est pas rare en altitude. Ce qui bouscule, ce sont les niveaux inhabituels, la répétition, et la sensation de bascule, comme on a pu le voir lors du week-end du 24–25 janvier 2026 : celle d’un département qui passe d’un hiver gérable à une mécanique qui saller.
Météo-France, en revenant sur la tempête Gloria de 2020 et ses précédents, montre justement que la région a déjà connu des épisodes méditerranéens puissants capables d’apporter, selon les configurations, des pluies diluviennes en plaine et de fortes chutes de neige sur les reliefs. Les « précédents remarquables » cités (dont janvier 1986) rappellent qu’ici, quand les ingrédients se combinent, la météo peut changer de dimension. En 2026, l’impression dominante est celle d’un hiver qui dure et qui sature les capacités. Les images de pentes chargées, les routes nettoyées puis recouvertes à nouveau, et les témoignages d’anciens qui disent n’avoir « jamais vu autant » donnent à l’épisode une portée presque historique.
Que retenir ?
La tempête de neige Pyrénées-Orientales de cet hiver 2026 s’inscrit déjà dans une mémoire locale très particulière : celle d’un territoire capable de passer, en quelques heures, de la routine hivernale à l’isolement. Ce qui la rend marquante, c’est l’addition : l’épaisseur, la durée, l’impact sur les réseaux, et cette sensation de lutte permanente contre une neige qui ne « laisse pas respirer ».
Et si janvier 1986 revient autant dans les discussions, ce n’est pas par nostalgie. C’est parce que ces dates servent de repères quand la météo dépasse le cadre. Cette année, les Pyrénées-Orientales ne regardent plus seulement tomber la neige : elles mesurent tout ce qu’elle peut emporter avec elle.
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