Quelle météo nous attend ce week-end ? Des perturbations à prévoir
Ce week-end des samedi 24 et dimanche 25 janvier s’annonce fran chement perturbé sur une bonne moitié du pays.
Les pluies devraient défiler de l’Atlantique vers la Méditerranée, tandis qu’un air plus froid installera une ambiance hivernale, avec un retour marqué de la neige en montagne.
Un week-end de janvier dans l’axe des dépressions
Depuis plusieurs jours, la France enchaîne les passages pluvieux. Ce n’est pas un hasard. En hiver, l’Atlantique Nord reste une fabrique à dépressions, et le rail perturbé peut se positionner sur nos latitudes. Quand cela arrive, les systèmes pluvieux se succèdent, souvent accompagnés de coups de vent et d’un ressenti humide qui accentue le froid.
Cette fois, la particularité attendue tient à la répartition très contrastée entre les régions. D’un côté, un large couloir ouest-sud devrait recevoir l’essentiel des pluies. De l’autre, l’extrême nord-est pourrait conserver un temps plus calme, parfois gris, mais plus sec. Ce scénario rappelle le week-end précédent, avec une France coupée en deux par l’organisation des masses d’air.
Dans ce contexte, le froid n’a rien d’extraordinaire. Météo-France rappelle que l’hiver météorologique correspond à la période la plus froide, avec des épisodes de neige, de givre, de brouillard ou de tempêtes, et que la température « normale » de la saison sur l’ensemble de l’Hexagone et la Corse se situe autour de 5,9 °C (référence 1991-2020).
Samedi 24 janvier : la pluie s’étend, la sensation de froid s’installe
Samedi, la dégradation devrait être nette. Les pluies concerneraient de nombreuses régions, d’abord par l’ouest, puis en gagnant un large quart sud. Les cumuls ne seront pas identiques partout, mais la dynamique annonce une journée souvent grise et humide sur l’arc atlantique, le sud-ouest, puis vers le pourtour méditerranéen.
À l’avant, quelques éclaircies pourraient résister davantage au nord de la Seine jusqu’au Jura. Cependant, même là, l’air attendu serait plus froid. L’impression au sol dépendra beaucoup du vent, de l’humidité et des périodes de pluie. C’est souvent ce trio qui transforme un simple « temps de saison » en journée franchement désagréable.
Côté thermomètre, La Chaîne Météo évoque des minimales allant de -1 à 10 °C et des maximales souvent comprises entre 3 et 10 °C. Ce n’est pas une vague de froid, mais c’est suffisant pour faire basculer la limite pluie-neige plus bas en montagne, avec un retour de la neige dès 800 mètres par endroits.
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Dimanche 25 janvier : un quart nord-est à l’écart, neige en montagne
Dimanche, la mécanique resterait proche. D’autres perturbations atlantiques suivraient le même chemin. Résultat : un temps instable sur l’arc atlantique et le sud, avec des pluies régulières et, sur les reliefs, des chutes de neige plus conséquentes.
Les Pyrénées pourraient se retrouver en première ligne, car les flux humides venant de l’Atlantique se bloquent facilement sur le relief. Dans ce type de configuration, la neige peut s’accumuler vite en altitude, tandis que la pluie domine en plaine. La Chaîne Météo mentionne d’ailleurs un risque de « beaucoup de neige » sur les Pyrénées, avec des flocons possibles dès 800 mètres selon l’intensité des précipitations et la température de l’air.
À l’inverse, un petit quart nord-est, jusqu’au Jura et aux Alpes du Nord, pourrait conserver un temps plus sec et plus calme. Ce n’est pas forcément synonyme de grand soleil. Souvent, quand l’air est froid et que les vents sont faibles, les nuages bas et les brouillards peuvent s’installer. Mais l’absence de pluies continues change tout pour les sols, déjà chargés d’eau ailleurs.
La Méditerranée sous surveillance : quand la pluie devient un risque
Le point sensible de ce week-end, ce n’est pas seulement « la pluie ». C’est la possibilité de fortes précipitations près de la Méditerranée. La Chaîne Météo invite à surveiller l’évolution sur le pourtour méditerranéen, où de nouvelles pluies marquées restent possibles.
Dans cette zone, les épisodes de pluies intenses obéissent à une logique bien connue : mer encore relativement douce, arrivée d’air plus froid en altitude, flux humide qui converge vers les reliefs. Météo-France définit l’épisode méditerranéen comme une période de très fortes précipitations sur une durée courte, pouvant provoquer localement de lourds dégâts, et précise qu’ils se produisent en moyenne plusieurs fois par an, le plus souvent à l’automne… mais pas exclusivement.
Même en hiver, la mécanique peut se mettre en place si la circulation atmosphérique aligne les bons ingrédients. Par ailleurs, la difficulté majeure reste la localisation exacte. À quelques dizaines de kilomètres près, on peut passer d’une pluie soutenue à des cumuls vraiment problématiques. Météo-France rappelle d’ailleurs que ces épisodes sont difficiles à prévoir finement, car ils dépendent de détails de trajectoire et de relief qui modulent fortement les intensités.
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Face à ce risque, un réflexe compte : suivre les bulletins officiels. Le dispositif de Vigilance de Météo-France est mis à jour au minimum deux fois par jour, à 6 h et à 16 h, et davantage si la situation l’exige. Autrement dit, une prévision de milieu de semaine ne remplace jamais l’information de la veille ou du matin même.
En altitude, le retour du manteau neigeux… et de l’instabilité
La neige en montagne est la grande certitude de ce week-end, même si l’altitude précise de la limite pluie-neige fluctuera. L’intérêt n’est pas qu’esthétique. Un épisode neigeux après plusieurs perturbations humides change la stabilité du manteau. Il peut aussi compliquer la circulation, notamment sur les axes de montagne et aux abords des stations, surtout si la neige tombe à des altitudes relativement basses.
Autre conséquence, souvent sous-estimée : le risque d’avalanche. Météo-France explique que ses prévisionnistes publient des Bulletins d’estimation du risque d’avalanche (BERA) pour les Alpes, les Pyrénées et la Corse. Ces bulletins décrivent l’état de la neige et les dangers d’avalanches spontanées ou provoquées jusqu’au lendemain soir, à l’échelle des massifs.
Concrètement, après une phase de neige fraîche, le danger peut augmenter si le vent forme des plaques, ou si une couche récente repose sur une sous-couche fragile. Là encore, tout se joue localement. Les vallées, l’orientation des pentes et l’altitude font varier la stabilité. Pour les skieurs, randonneurs et professionnels, suivre le BERA devient aussi important que regarder la météo généraliste.
Semaine suivante : hiver de saison ou coup de froid ?
La suite attire déjà l’attention, car la fin janvier peut parfois réserver des bascules rapides. La Chaîne Météo évoque une dernière semaine de janvier « assez hivernale », avec des températures basses et un risque de neige jusque dans les plaines.
Il faut toutefois garder une règle simple : plus l’échéance s’éloigne, plus l’incertitude augmente. Un décalage de la circulation de quelques centaines de kilomètres peut changer l’histoire, soit en laissant l’air froid à l’est, soit en l’amenant plus franchement sur la France. De plus, l’humidité disponible et la trajectoire des dépressions décideront du scénario « neigeux » ou simplement « froid et sec ».
D’ici là, le message principal reste très concret. Ce week-end, la météo pénalise surtout les déplacements, la conduite sous la pluie, et les secteurs exposés aux ruissellements. En montagne, il faudra anticiper l’équipement et la sécurité. Enfin, sur le littoral méditerranéen, la vigilance dépendra des intensités réelles et de la réactivité des cours d’eau, surtout si les sols restent saturés.
Un week-end à gérer, plus qu’à subir
Le week-end du 24-25 janvier coche beaucoup de cases du « vrai temps d’hiver » : pluie fréquente, air froid, neige en montagne et risques localisés d’intempéries près de la Méditerranée. Il ne s’agit pas d’un événement exceptionnel à l’échelle climatique. En revanche, sur le terrain, l’impact peut être très réel, surtout là où l’eau s’accumule et là où la neige retombe vite. La meilleure stratégie tient en deux mots : actualiser. À cette période, une carte de vigilance, un BERA et une prévision locale consultés au bon moment valent mieux qu’une tendance lue trop tôt.