Mode : les ballerines passent au second plan, cette tendance chaussures s’impose pour l’été 2026
On croyait la vague balletcore sur le point de retomber, et pourtant. Sur les podiums printemps-été 2026 puis dans les collections automne-hiver 2026-2027, le vestiaire du mouvement revient avec une insistance nouvelle. Sauf qu’un détail change la donne : la ballerine n’est plus la seule à mener la danse.
À la place, une chaussure que beaucoup associent aux cours d’EPS refait surface avec une ambition inattendue. Les chaussons de gymnastique s’installent dans la mode comme une pièce à part entière, entre minimalisme, performance et clin d’œil rétro. Selon Vogue France, Prada et Jacquemus font partie des maisons qui ont clairement poussé cette silhouette sur le devant de la scène.
Quand le “balletcore” se déplace… vers le gymnase
Depuis deux saisons, le balletcore s’est diffusé bien au-delà des pointes et des rubans. Le justaucorps et les collants ont déjà trouvé leur place dans le prêt-à-porter, et l’idée d’une silhouette “en mouvement” s’est imposée sur Instagram comme sur les défilés. Dans ce contexte, la bascule vers un soulier encore plus “sport” n’a rien d’un hasard.
Ce qui surprend, c’est plutôt la vitesse à laquelle le chausson de gym est devenu désirable. Fin, flexible, souvent maintenu par un élastique sur le cou-de-pied, il évoque quelque chose de pratique et d’enfantin. Justement : la mode adore ces objets ordinaires qu’elle peut détourner, rehausser et faire basculer dans le luxe.
D’ailleurs, l’époque pousse à ces mélanges. Les silhouettes hybrides dominent, et le vestiaire technique continue d’influencer la rue. Entre le retour du minimalisme “propre” et l’envie de pièces qui suivent le corps pour cet automne, le terrain est parfait pour une chaussure qui ressemble à une seconde peau.
Prada et Jacquemus : deux manières d’installer les chaussons de gymnastique
Chez Prada, l’idée n’est pas de “copier” le chausson d’école. La maison le transforme et le dramatise, en jouant sur des lignes plus habillées et une attitude de soirée. Vogue France raconte notamment une version sur talon, comme un escarpin à bout plus pointu, qui conserve l’esprit du chausson tout en le projetant dans un registre plus couture.
Ce virage est cohérent avec la grammaire Prada : prendre un objet fonctionnel, l’emmener ailleurs, puis le rendre crédible par le styling. Quand une chaussure “sage” devient plus tranchante, on obtient ce contraste qui fait souvent mouche sur les réseaux. Et la vidéo du défilé printemps-été 2026, diffusée par la marque, alimente encore cette lecture : on regarde le mouvement, les volumes, les détails au plus près.
Jacquemus, lui, emprunte un chemin différent. Dans son défilé automne-hiver 2026-2027, le chausson apparaît dans un esprit plus “pur luxe”, avec des versions en cuir, parfois brillantes ou à effets, et une palette volontairement resserrée. Numéro souligne que le show “Le Palmier”, organisé au musée Picasso, multiplie les références et les clins d’œil à l’ADN de la maison devant un parterre de stars.
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Un timing parfait, à l’ombre des Jeux de Milan-Cortina
Un autre élément rend cette tendance encore plus lisible : l’Italie est au centre de l’attention en ce début 2026 avec les Jeux olympiques d’hiver. La cérémonie d’ouverture se déroule à San Siro, à Milan, et l’événement se raconte aussi comme un grand moment d’images, de scénographie et de symboles.
Même sans faire un lien direct “JO = chaussures”, l’air du temps est à l’esthétique sportive. Reuters racontait, par exemple, comment l’ouverture a mis en scène des éléments emblématiques de Milan, preuve que la narration visuelle de la ville est au cœur du spectacle.
Ce contexte compte pour la mode, surtout quand les maisons italiennes dominent l’imaginaire du moment. Milan n’est pas seulement une capitale du style : c’est aussi une capitale d’images. Quand tout le monde regarde la même scène, les signaux visuels se propagent plus vite, et les tendances “mouvement” gagnent en force.
Comment porter la tendance sans avoir l’air de sortir du cours d’EPS
Le point délicat, c’est l’équilibre. Le chausson de gym peut vite basculer du côté “nostalgie scolaire” si l’on empile les codes sportifs. Pour l’emmener vers la mode, la clé reste le contraste, mais un contraste simple, sans surcharge. Certains experts conseillent même d’éviter ces chaussures pour des raisons de santé.
Un pantalon droit légèrement long, une chemise impeccable et un chausson minimal, par exemple, créent une silhouette propre. L’œil comprend immédiatement l’intention : une chaussure ultra fine, assumée, posée sous une tenue structurée. À l’inverse, un total look “athleisure” risque de faire disparaître l’effet mode.
Les chaussettes comptent énormément, et les podiums l’ont bien montré. Une paire fine, presque transparente, peut rendre l’ensemble plus sophistiqué, quand une chaussette épaisse ramène l’objet vers le vestiaire purement sportif. C’est un détail, mais c’est souvent ce détail qui fait basculer la perception.
Pourquoi ça marche : la revanche des chaussures “seconde peau”
Si cette chaussure accroche autant, c’est aussi parce qu’elle répond à une fatigue générale des volumes. Après des années de semelles épaisses et de baskets massives, beaucoup reviennent vers des lignes plus fines. Le chausson, lui, ne triche pas : il suit le pied, souligne la cheville, allège la jambe.
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On retrouve ici un mécanisme classique. La mode alterne souvent entre l’exagération et l’épure, entre la structure et le flux. Les chaussons de gymnastique tombent pile dans ce retour à l’épure, tout en gardant un petit “twist” culturel, celui du sport et du souvenir.
Reste une question très concrète : le confort au quotidien. Un chausson très fin isole peu du sol, et certains modèles demandent un temps d’adaptation. En ville, la durabilité et l’adhérence deviennent aussi des critères, surtout si la tendance se décline en matières plus précieuses.
Un autre récit
Le plus intéressant, avec les chaussons de gymnastique, c’est qu’ils ne cherchent pas à remplacer brutalement les ballerines : ils déplacent le récit. On passe du romantisme du ballet à une idée plus directe du corps en mouvement, plus sportive, plus graphique. Prada et Jacquemus n’en font pas un gadget : ils en font un signal clair de la nouvelle tendance de l’été 2026.
Et comme souvent, la suite dépendra du styling. Portés de façon minimaliste, ces chaussons peuvent devenir la petite pointe d’étrangeté chic qui modernise une silhouette. Mal dosés, ils redeviennent… des chaussons de gym.
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