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Cette astuce simple et presque gratuite permet de réduire la facture de chauffage

Publié par Killian Ravon le 09 Fév 2026 à 9:30

Sur les réseaux et dans plusieurs médias, une idée revient en boucle : poser un bol d’eau salée sur le rebord d’une fenêtre aiderait à faire baisser l’humidité, donc à améliorer le confort en hiver et, au passage, à moins chauffer.

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Bol d’eau salée posé sur un rebord de fenêtre en hiver, près d’une vitre couverte de condensation.
Un bol d’eau salée placé sur le rebord d’une fenêtre, une astuce souvent citée pour limiter la condensation et améliorer le confort intérieur en hiver.

La méthode paraît presque trop simple. Pourtant, entre chimie, condensation sur les vitres et bons réflexes de ventilation, la réalité est un peu plus nuancée.

La buée et les gouttelettes au réveil trahissent souvent un air intérieur trop humide. Crédit : Doggo19292.
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Pourquoi on parle autant d’humidité en hiver

Quand le froid s’installe, beaucoup de foyers adoptent le même réflexe : on ferme tout pour garder la chaleur. Le problème, c’est que l’air intérieur continue de se charger en vapeur d’eau. La cuisson, les douches, le linge qui sèche, et même la respiration suffisent à faire grimper l’humidité au fil des heures.

En face, les parois froides jouent les “révélateurs”. Une fenêtre mal isolée, un angle de mur, un pont thermique : la vapeur d’eau se condense et vous la voyez apparaître au petit matin sous forme de buée, puis de gouttelettes. Ce signe n’est pas seulement esthétique, il indique un déséquilibre qui peut favoriser les moisissures.

Sur la santé, les autorités sanitaires sont plutôt claires : les bâtiments humides et moisis augmentent le risque de symptômes respiratoires et d’asthme. L’OMS a synthétisé ce lien dans ses recommandations sur l’humidité et les moisissures, en insistant sur la prévention et la réduction de l’exposition.

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Le sel attire l’eau dans certaines conditions, mais son efficacité dépend du taux d’humidité ambiant. Crédit : Jon Sullivan.

Bol d’eau salée : d’où vient l’idée, et ce qu’elle promet

L’astuce a été popularisée ces dernières semaines par plusieurs sites, dont Presse-citron, et reprise ailleurs, notamment via des reprises d’articles. L’argument est simple : le sel “absorbe” l’humidité de l’air, ce qui limiterait la condensation et améliorerait le confort.

Sur le papier, l’explication s’appuie sur une vraie propriété : certains sels sont hygroscopiques, c’est-à-dire capables d’attirer l’eau. Dans l’industrie et dans les absorbeurs d’humidité du commerce, ce principe est utilisé… mais pas forcément avec le sel de table, et pas dans n’importe quelles conditions.

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Autrement dit, on part d’un phénomène réel. La question, c’est de savoir si un bol d’eau salée posé près d’une fenêtre peut réellement faire une différence mesurable dans une pièce.

Avant de tester une astuce, mesurer l’humidité permet de savoir si l’air est vraiment trop chargé. Crédit : CambridgeBayWeather.

Ce que dit la science : le sel de table n’agit pas comme on l’imagine

Le chlorure de sodium (le sel de table, NaCl) a un comportement très particulier face à l’humidité. Il commence à capter beaucoup d’eau et à se liquéfier à partir d’un certain seuil d’humidité relative : autour de 75% à température ambiante, un point appelé “déliquescence”.

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Or, dans un logement “sain”, on vise plutôt une humidité autour de 40 à 60%. C’est d’ailleurs ce que recommande un guide pratique du ministère de la Santé sur l’air intérieur : maintenir l’humidité dans cette plage aide à limiter acariens et indésirables, tout en évitant un air trop sec. Ce contrôle permet d’optimiser le chauffage sans excès.

C’est là que l’astuce se complique. Si votre logement est déjà autour de 45–60% d’humidité, le sel de table n’est pas dans sa zone “efficace” pour absorber massivement l’eau. Pire : une solution d’eau salée a tendance à établir un équilibre avec l’air ambiant. En dessous de certains seuils, elle peut même favoriser l’évaporation… donc ajouter un peu de vapeur d’eau, au lieu d’en retirer.

En clair, l’effet “déshumidificateur” du sel de table existe surtout quand l’air est très humide. Dans une pièce déjà proche des bons niveaux, le gain peut être faible, voire nul. Cela ne veut pas dire que l’astuce est toujours inutile, mais elle ne mérite pas le statut de solution universelle.

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Pourquoi on peut quand même avoir l’impression que “ça marche”

Même quand l’effet est limité, plusieurs phénomènes peuvent créer une impression positive. D’abord, déplacer son attention vers les fenêtres pousse souvent à nettoyer la condensation et à surveiller l’humidité, ce qui incite à mieux ventiler. Ensuite, le fait de placer un récipient près d’une zone froide peut modifier légèrement la micro-zone d’air tout autour du rebord, sans pour autant changer l’humidité globale de la pièce.

Il faut aussi compter avec un point très simple : si votre logement est vraiment humide (linge qui sèche à l’intérieur, ventilation faible, pièce froide), n’importe quel petit geste “visible” donne le sentiment de reprendre la main. Le ressenti est réel, mais il ne prouve pas à lui seul une baisse significative de l’humidité.

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Enfin, l’idée “air plus sec = on chauffe moins” n’est pas absurde… sur le confort. Plusieurs acteurs du secteur rappellent qu’une humidité élevée accentue la sensation de froid et peut pousser à monter le chauffage, même si la relation physique n’est pas aussi directe qu’on l’entend parfois.

La ventilation (naturelle ou mécanique) reste la base pour limiter humidité et condensation. Crédit : JamesKingdom.

Les gestes qui font vraiment baisser l’humidité (sans tout refroidir)

Pour agir efficacement, le point de départ reste la ventilation. Et sur ce sujet, l’ADEME donne une consigne très concrète : ouvrir grand les fenêtres 5 à 10 minutes par jour renouvelle l’air sans refroidir durablement les murs et les meubles.

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À la maison, le bon raisonnement consiste souvent à traiter la cause plutôt que le symptôme. Une condensation fréquente sur les vitres indique soit une production de vapeur importante, soit une mauvaise évacuation, soit des parois froides. Ventiler après une douche, pendant la cuisson, et éviter de laisser le linge sécher dans une pièce fermée change généralement plus la donne qu’un bol posé sur un rebord. Ce geste peut vous aider à économiser sur votre facture énergétique.

Alors, on tente le bol d’eau salée ou pas ?

Si votre logement dépasse régulièrement des niveaux élevés d’humidité, l’astuce peut être un petit indicateur, voire un appoint ponctuel. Dans ce cas, il vaut mieux la voir comme un signal : si le sel “se transforme” vite, c’est que la pièce est probablement trop humide et qu’il faut chercher à éliminer les causes réelles.

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En revanche, si vous cherchez une vraie méthode de déshumidification, le sel de table n’est pas l’outil le plus adapté. Les absorbeurs d’humidité du commerce utilisent souvent d’autres sels (comme le chlorure de calcium) justement parce qu’ils captent l’eau plus facilement à des humidités plus basses. Et dans les situations persistantes, un diagnostic ventilation/isolation reste plus pertinent qu’un remède “one shot”.

Le bon compromis, c’est donc d’éviter l’illusion. Un bol d’eau salée peut accompagner une démarche (surveiller, ventiler, comprendre), mais il ne remplace ni l’aération quotidienne, ni la gestion des sources de vapeur, ni la correction des ponts thermiques.

Quand l’humidité s’installe, les moisissures apparaissent souvent dans les zones froides et peu ventilées. Crédit : שי אבידן.
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Une astuce simple, mais pas une baguette magique

Le succès de cette histoire dit quelque chose de très concret : en hiver, l’humidité gêne autant que le froid. Sur les vitres, elle se voit tout de suite. Sur le confort, elle se ressent sans toujours s’expliquer.

Avant d’espérer une humidité en baisse et une facture allégée grâce à un bol sur une fenêtre, mieux vaut repartir des bases : mesurer l’humidité, ventiler correctement, et limiter ce qui charge l’air en vapeur d’eau. Ensuite seulement, les petites astuces peuvent devenir des compléments… au lieu de devenir des promesses trop belles pour être vraies.

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

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