« Il venait me chercher à la sortie de ma chambre » : Camille Cerf raconte le comportement de Trump à Miss Univers
En 2015, Camille Cerf représentait la France au concours Miss Univers. À l’époque, le concours appartenait à un certain Donald Trump — un milliardaire un peu bling-bling dont personne n’imaginait qu’il finirait un jour à la Maison-Blanche. Invitée de Télématin ce lundi 27 avril 2026, l’ancienne Miss France a levé le voile sur des souvenirs troublants. Entre escorte personnelle en voiturette de golf et favoritisme assumé en coulisses, son témoignage éclaire d’une lumière crue les dessous d’un concours international de beauté.

Le milliardaire « un peu bébête » dont tout le monde se moquait
Quand Camille Cerf débarque à Miss Univers en janvier 2015, elle découvre un univers à des années-lumière du concours Miss France. Le propriétaire du show, c’est Donald Trump. Les candidates logent dans son hôtel, répètent sous son regard, le croisent chaque jour. À l’époque, le futur président américain n’est qu’un personnage de télé-réalité fortuné.
« C’était le mec un peu marrant. Pour nous les Français, c’était le mec dont on se moquait, le milliardaire un petit peu pataud, un peu bling-bling, un peu bébête », a raconté Camille Cerf sur le plateau de France 2. Toutes les candidates voulaient une photo avec lui. Personne ne prenait ce personnage au sérieux. « On était toutes contentes de le voir. C’était drôle, quoi. On avait toutes pris des photos avec lui, sans s’imaginer un jour qu’il deviendrait président des États-Unis. »
Le ton léger de ces souvenirs contraste brutalement avec ce que l’ancienne reine de beauté s’apprête à décrire. Car Trump ne se contentait pas de poser pour des selfies.
« Il m’escortait » : une garde rapprochée très personnelle

Camille Cerf a révélé que Donald Trump lui accordait une attention toute particulière. Pas un coup de fil de courtoisie ou un simple bonjour au petit-déjeuner. Non, un véritable service de conciergerie personnelle — assuré par le milliardaire lui-même.

« Il s’assurait de ma garde rapprochée, mais lui-même. Il venait me chercher lui-même à la sortie de ma chambre avec une voiturette de golf, et il m’amenait au petit-déjeuner. Il m’escortait », a-t-elle détaillé. Le propriétaire du concours qui vient chercher une candidate devant sa chambre d’hôtel chaque matin : l’image est pour le moins inhabituelle.
Ce témoignage fait écho à d’autres accusations formulées par d’anciennes Miss au fil des années. Plusieurs participantes de concours appartenant à Trump ont décrit des comportements similaires — une proximité non sollicitée, un intérêt marqué pour certaines candidates plutôt que d’autres. Camille Cerf n’emploie pas le mot « agression », mais son récit dresse le portrait d’un homme qui usait de sa position de propriétaire pour s’imposer dans l’intimité des participantes.
Et le favoritisme ne s’arrêtait pas aux couloirs de l’hôtel.
Favorites et recalées : les coulisses impitoyables du concours
Au-delà du comportement de Trump, Camille Cerf a aussi décrit un système de favoritisme qui imprégnait toute l’organisation. Dès les premières heures du concours, la hiérarchie entre les candidates était clairement établie — et ce n’était pas une question de talent.
Comme elle l’avait confié au Scan Télé du Figaro, la salle de maquillage était un champ de bataille silencieux. « Déjà le matin, lorsque j’arrive au maquillage ou à la coiffure, on comprend qu’il y a des favorites. Je me dirige vers la chaise vide d’un coiffeur, il ne veut pas que je m’assoie car il attend Miss Costa Rica. Pareil avec une maquilleuse disponible qui me dit qu’elle ne prend personne avant d’avoir maquillé Miss Espagne. »
La conclusion de la jeune Française, livrée avec un pragmatisme désarmant : « Bon, et bien je vais me maquiller et coiffer toute seule alors. » Un souvenir qui, dix ans plus tard, fait sourire. Mais qui traduit une réalité brutale : à Miss Univers, toutes les candidates n’étaient pas traitées à la même enseigne. Cette année-là, c’est Miss Colombie, Paulina Vega, qui a remporté la couronne.
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Le système de favoritisme décrit par d’anciennes Miss dépasse largement le cas de Camille Cerf. Plusieurs témoignages convergent pour décrire un univers où les coiffeurs, maquilleurs et coachs recevaient des consignes claires sur les candidates à privilégier.
La chirurgie esthétique, l’autre scandale dénoncé par Camille Cerf
Miss Univers 2015 a aussi été l’occasion pour Camille Cerf de dénoncer un autre travers du concours. Auprès de La Voix du Nord, elle avait pointé du doigt l’omniprésence de la chirurgie esthétique parmi les participantes.
« Pendant les répétitions, la coach ne cessait de nous répéter qu’il ne s’agissait pas d’élire seulement une plastique. Mais, on se rend compte qu’en fait, il s’agit bien de ça. » Son verdict était sans appel : « Un concours de beauté où la chirurgie esthétique est autorisée, ça n’est pas tout à fait normal. Dans ce cas, cela revient à élire celle qui a le meilleur chirurgien. »
En France, le concours Miss France interdit toujours la chirurgie esthétique. Une règle qui distingue fondamentalement la compétition nationale des grands concours internationaux. Pour Camille Cerf, qui faisait partie des favorites au début du concours, cette différence culturelle a pesé lourd. Elle n’a finalement pas intégré le top 15 des finalistes.
Dix ans après, une ancienne Miss qui a tourné la page
Aujourd’hui, Camille Cerf a laissé ses couronnes derrière elle. Devenue animatrice et jeune maman, elle se concentre sur sa vie personnelle et son bien-être. Mais son passage à Miss Univers reste une expérience qui l’a marquée — et qu’elle ne raconte pas sans une pointe d’amertume.
Son témoignage prend une résonance particulière à l’heure où Donald Trump est redevenu président des États-Unis. Le « mec un peu bébête » de 2015 dirige aujourd’hui la première puissance mondiale. Et les souvenirs de celles qui l’ont côtoyé dans les couloirs de Miss Univers résonnent différemment.
D’autres anciennes reines de beauté ont partagé des expériences difficiles liées aux concours. Marine Lorphelin avait dénoncé des attouchements pendant son année Miss France. Élodie Gossuin s’est confiée sur son mal-être après sa couronne. Marine Lorphelin a fondu en larmes en évoquant les années post-Miss France. À chaque fois, le même constat : derrière les paillettes, la réalité des concours de beauté est souvent bien moins glamour.
Camille Cerf, elle, semble avoir trouvé la paix. Mais en livrant ce récit dix ans après les faits, elle rappelle une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : quand un homme puissant possède un concours de beauté international, les candidates ne sont pas toujours en position de dire non. Même quand il s’agit « juste » d’une balade en voiturette de golf jusqu’au petit-déjeuner.
Pour découvrir ce que sont devenues les anciennes Miss France, c’est un tout autre chapitre — mais celui de Camille Cerf méritait d’être raconté en entier.