Laeticia Casta salement critiquée sur son poids à Cannes : la vague de commentaires qui révulse les réseaux
Laeticia Casta a foulé le tapis rouge du Festival de Cannes 2026. Et au lieu de parler de cinéma, une partie d’Internet a préféré parler de son poids, de ses dents et de ses rides.

Une montée des marches, et des milliers de claviers qui s’emballent
La vidéo de son apparition, relayée notamment par Le Figaro Madame, a rapidement circulé sur Instagram. En quelques heures, les commentaires ont afflué. Pas sur sa robe. Pas sur le film. Sur son corps.
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« Elle a pris du poids », « ses dents », « elle a vieilli »… Le festival le plus glamour du monde s’est transformé, une fois de plus, en tribunal du physique. Et Laeticia Casta n’est pas la première à en faire les frais. Margot Robbie enceinte avait reçu le même traitement. Même Beyoncé a été prise à partie pour un décolleté jugé « inapproprié ».
Le problème n’est pas nouveau. Mais à force de se répéter, il finit par dessiner un schéma bien précis — et assez glaçant quand on le regarde en face.
Le « permis à points » des réseaux sociaux
Le diététicien Charles Brumauld a publié une vidéo en réponse. Sa légende commence par un aveu lucide : « Bon, ce serait impossible. » Puis il déroule une idée qui, même fictive, touche un nerf.
Le concept : un permis à points pour les réseaux sociaux. Vingt points au départ. Chaque commentaire grossophobe, haineux ou discriminant en fait perdre. Exactement comme quand on grille un feu rouge. Tes mots ont un impact, au même titre qu’une infraction au volant.
Et quand le compteur tombe à zéro ? Meta met le compte sur pause. Pour le récupérer, il faudrait suivre un stage de sensibilisation — un peu comme le stage de citoyenneté numérique qu’on évoque parfois dans les tribunaux. Sinon, le compte reste bloqué.
Brumauld le dit lui-même : l’exercice est imaginatif. Qui décide des seuils ? Combien vaut une remarque ? Trop de dilemmes. « Mieux vaut enlever 20 points direct », ironise-t-il. Mais derrière l’utopie, la question de fond reste entière.
Les règles invisibles qu’on impose aux femmes
Ce que révèlent ces commentaires sous la vidéo de Laeticia Casta, c’est un système de doubles injonctions tellement intégrées qu’on ne les voit même plus. Être belle, mais pas trop. Vieillir, mais sans que ça se voie. Être mince, mais « naturelle ». Être parfaite, sans jamais avoir l’air d’y travailler.
Des femmes publiques comme Léna Situations ou Meghan Markle ont dénoncé ce même mécanisme. Le harcèlement en ligne ne concerne pas que les anonymes. Il touche aussi celles qui, en théorie, cochent toutes les cases de la « beauté acceptable ».
Résultat : anxiété corporelle, troubles alimentaires, obsession esthétique. Certaines mannequins ont choisi de répondre frontalement. D’autres encaissent en silence. Mais le problème, lui, ne change pas de camp.
« Est-ce que tu lui dirais ça en face ? »
Charles Brumauld termine sa vidéo par une question simple. Peut-être la seule qui compte vraiment : « Est-ce que je parlerais ainsi du visage de quelqu’une ou de son corps si elle était assise en face de moi ? »
Spoiler, comme il dit : probablement pas. Derrière un écran, la distance crée l’illusion que les mots ne portent pas. Que commenter le physique d’une inconnue, c’est juste « donner son avis ». Que la liberté d’expression couvre tout, y compris la cruauté gratuite.
Sauf qu’un corps n’est pas un projet collectif à corriger. Et le corps des femmes n’est pas un bien public. Ce rappel, en 2026, ne devrait même plus être nécessaire. Le fait qu’il le soit encore en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir.
Et pendant ce temps, d’autres femmes subissent des centaines de milliers de commentaires sur leur physique — sans que les plateformes ne lèvent le petit doigt. Le Figaro Madame, qui a publié la vidéo originale, ne modère d’ailleurs pas ses commentaires. Ce qui revient, quelque part, à tendre le micro à ceux qui crient le plus fort.